"À mort": le média d’extrême droite Frontières jugé pour avoir "jeté en pâture" des avocats
Posté : 17 avril 2026 18:12
Début 2025, le média identitaire Frontières diffusait une liste nominative d’avocats spécialisés en droit des étrangers qu’il désignait comme "coupables" de "l’invasion migratoire". S’en est suivi un harcèlement pour certains d’eux: insultes, menaces de mort, actes de vandalisme. Son directeur, Erik Tegnér, était jugé à Bobigny ce jeudi.
Le média d’extrême droite Frontières a-t-il sciemment cherché à exposer des avocats à des actes de représailles? C’est la délicate question que devait examiner le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ce jeudi 16 avril.
Le 30 janvier 2025, Frontières, fondé deux ans plus tôt sur Internet, publiait un hors-série magazine dans lequel il dressait une liste nominative de 60 avocats, désignés comme "coupables" de "l’invasion migratoire".
Diffusé en kiosques à 20.000 exemplaires, le magazine établissait "le podium" des "avocats les plus empressés à défendre les étrangers en situation irrégulière", "de véritables militants idéologiques" s’adonnant à "un business juteux", tonnait encore Frontières. Qui précisait, pour tous ces spécialistes en droit des étrangers, leur nom, prénom et lieux d’exercice professionnel – Toulouse, Marseille, Lyon, Paris…
"Salve de menaces de mort"
"Pendant des semaines, nous avons reçu une salve de menaces de mort", retrace à la barre Me Samy Djemaoun. Les jours suivants, Sophie (le prénom a été modifié), avocate à Toulouse, a retrouvé des croix gammées taguées à proximité de son cabinet. La plaque supportant son nom a été arrachée. Me Myriam Si Hassen, qui exerce à Dijon, n’osait plus se rendre à son cabinet sans son conjoint, "apeurée que quelqu’un puisse s’en prendre à moi", raconte-t-elle à la barre. Dix avocats ciblés se sont constitués partie civile à l’audience. La plupart usent des mêmes mots pour dire comment cette parution les a affectés: "détresse psychologique", "hypervigilance", "dégoût", "peur"…
https://www.bfmtv.com/police-justice/a- ... 60897.html
Le média d’extrême droite Frontières a-t-il sciemment cherché à exposer des avocats à des actes de représailles? C’est la délicate question que devait examiner le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ce jeudi 16 avril.
Le 30 janvier 2025, Frontières, fondé deux ans plus tôt sur Internet, publiait un hors-série magazine dans lequel il dressait une liste nominative de 60 avocats, désignés comme "coupables" de "l’invasion migratoire".
Diffusé en kiosques à 20.000 exemplaires, le magazine établissait "le podium" des "avocats les plus empressés à défendre les étrangers en situation irrégulière", "de véritables militants idéologiques" s’adonnant à "un business juteux", tonnait encore Frontières. Qui précisait, pour tous ces spécialistes en droit des étrangers, leur nom, prénom et lieux d’exercice professionnel – Toulouse, Marseille, Lyon, Paris…
"Salve de menaces de mort"
"Pendant des semaines, nous avons reçu une salve de menaces de mort", retrace à la barre Me Samy Djemaoun. Les jours suivants, Sophie (le prénom a été modifié), avocate à Toulouse, a retrouvé des croix gammées taguées à proximité de son cabinet. La plaque supportant son nom a été arrachée. Me Myriam Si Hassen, qui exerce à Dijon, n’osait plus se rendre à son cabinet sans son conjoint, "apeurée que quelqu’un puisse s’en prendre à moi", raconte-t-elle à la barre. Dix avocats ciblés se sont constitués partie civile à l’audience. La plupart usent des mêmes mots pour dire comment cette parution les a affectés: "détresse psychologique", "hypervigilance", "dégoût", "peur"…
https://www.bfmtv.com/police-justice/a- ... 60897.html