Le gouvernement veut sélectionner davantage les étudiants étrangers
Posté : 22 avril 2026 14:10
"La plupart des étudiants extracommunautaires vont voir leurs droits d'inscription grimper en flèche dès la rentrée 2026. Le gouvernement veut aussi donner la priorité aux formations en sciences et en ingénierie, pour la réindustrialisation.
Si le gouvernement voulait imposer le sujet dans le débat pour l'élection présidentielle, il ne s'y serait pas pris autrement. Sur le dossier sensible des étudiants étrangers, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, vient d'annoncer un plan baptisé « Choose France for Higher Education ». Une sorte d'acte 2 du plan « Bienvenue en France », porté en 2018 par l'ex-Premier ministre Edouard Philippe et que Philippe Baptiste avait lui-même supervisé au cabinet de l'ex-ministre Frédérique Vidal.
Les annonces de l'époque devaient aboutir à une forte augmentation des droits d'inscription pour les étudiants étrangers. Elles n'ont pas vraiment été suivies d'effet, la plupart des universités ayant développé des stratégies d'exonération. Seule une dizaine (sur 78) les applique, parmi lesquelles La Rochelle, Le Havre, Grenoble Alpes ou Paris Panthéon-Assas.
Très forte hausse des droits d'inscription
« Les universités ne pourront plus édicter d'exonérations massives, a annoncé Philippe Baptiste au « Parisien », lundi soir. Elles seront réservées à des cas très précis. » Le ministre entend « revenir aux principes fondamentaux » de 2018. « La règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération », insiste-t-il.
Pour la plupart des étudiants étrangers hors Union européenne, cela aura une conséquence concrète dès la rentrée 2026 : les droits d'inscription en licence passeront à 2.895 euros et ceux de master à 3.941 euros, au lieu de 178 et 254 euros. La réforme s'appliquera par décret à partir de la rentrée, précise le ministère. Elle concernera les étudiants qui changent de cycle et les nouveaux arrivants, et ne vise que les non-boursiers.
De cette politique, il ressortira trois catégories d'étudiants extracommunautaires : la plupart paieront les nouveaux tarifs ; 10 % de ces étudiants pourront, dans chaque université, en être exonérés ; les meilleurs étudiants sont susceptibles de recevoir une bourse du gouvernement français.
D'ici deux à trois ans, le dispositif devrait rapporter environ 250 millions d'euros par an aux universités. De quoi « améliorer l'accueil », plaide Philippe Baptiste en cette période de restriction budgétaire. Si l'objectif d'attirer 500.000 étudiants étrangers en 2027 est, selon lui, « en passe d'être atteint », « on peut faire encore mieux », souligne-t-il en évoquant les « stratégies d'attractivité plus agressives ou plus efficaces » de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne ou de la Turquie. « La France pointe à la 8e place comme destination d'études », rappelle-t-il."
Suite de l'article dans le lien ci-dessous :
https://www.lesechos.fr/politique-socie ... rs-2227647
Si le gouvernement voulait imposer le sujet dans le débat pour l'élection présidentielle, il ne s'y serait pas pris autrement. Sur le dossier sensible des étudiants étrangers, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, vient d'annoncer un plan baptisé « Choose France for Higher Education ». Une sorte d'acte 2 du plan « Bienvenue en France », porté en 2018 par l'ex-Premier ministre Edouard Philippe et que Philippe Baptiste avait lui-même supervisé au cabinet de l'ex-ministre Frédérique Vidal.
Les annonces de l'époque devaient aboutir à une forte augmentation des droits d'inscription pour les étudiants étrangers. Elles n'ont pas vraiment été suivies d'effet, la plupart des universités ayant développé des stratégies d'exonération. Seule une dizaine (sur 78) les applique, parmi lesquelles La Rochelle, Le Havre, Grenoble Alpes ou Paris Panthéon-Assas.
Très forte hausse des droits d'inscription
« Les universités ne pourront plus édicter d'exonérations massives, a annoncé Philippe Baptiste au « Parisien », lundi soir. Elles seront réservées à des cas très précis. » Le ministre entend « revenir aux principes fondamentaux » de 2018. « La règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération », insiste-t-il.
Pour la plupart des étudiants étrangers hors Union européenne, cela aura une conséquence concrète dès la rentrée 2026 : les droits d'inscription en licence passeront à 2.895 euros et ceux de master à 3.941 euros, au lieu de 178 et 254 euros. La réforme s'appliquera par décret à partir de la rentrée, précise le ministère. Elle concernera les étudiants qui changent de cycle et les nouveaux arrivants, et ne vise que les non-boursiers.
De cette politique, il ressortira trois catégories d'étudiants extracommunautaires : la plupart paieront les nouveaux tarifs ; 10 % de ces étudiants pourront, dans chaque université, en être exonérés ; les meilleurs étudiants sont susceptibles de recevoir une bourse du gouvernement français.
D'ici deux à trois ans, le dispositif devrait rapporter environ 250 millions d'euros par an aux universités. De quoi « améliorer l'accueil », plaide Philippe Baptiste en cette période de restriction budgétaire. Si l'objectif d'attirer 500.000 étudiants étrangers en 2027 est, selon lui, « en passe d'être atteint », « on peut faire encore mieux », souligne-t-il en évoquant les « stratégies d'attractivité plus agressives ou plus efficaces » de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne ou de la Turquie. « La France pointe à la 8e place comme destination d'études », rappelle-t-il."
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