Taxe sur les superprofits : friture sur la ligne entre Bardella et Le Pen, le PS pousse toujours
Posté : 30 avril 2026 18:16
Faudrait pt'être que le RN accorde son (ses ?) violon.
La question d’une imposition supplémentaire refait surface depuis l’annonce des bénéfices de TotalEnergies pour son premier trimestre. Si les socialistes se sont empressés de réagir en proposant une loi, les avis divergent à la tête du Rassemblement national.
Taxer ou ne pas taxer les superprofits ? La question s’est posée dans les rangs du Rassemblement national, mercredi 29 avril, après l’annonce par TotalEnergies d’un bénéfice net de 4,96 milliards d’euros pour son premier trimestre – + 51 % sur un an – lié à la guerre au Moyen-Orient. Et si les deux têtes de la formation d’extrême droite, Jordan Bardella et Marine Le Pen, diront qu’on a mal compris, on a pu constater qu’ils ne sont pas, tout à fait, sur la même position…
A quelques minutes d’intervalle mercredi soir, le président du parti et la cheffe des députés ont ainsi tenu des discours divergents. Au micro de BFMTV, le premier ne s’est pas fermement opposé à la taxe sur les superprofits. Mais celui qui aime bien ces temps-ci côtoyer les grands patrons s’est empressé de déclarer : «Je ne crois pas que la priorité, non plus, dans un pays qui est à 46% de prélèvements obligatoires soit encore une fois d’inventer des taxes ou d’inventer des impôts.» Quelques instants avant le passage télé de son poulain, Marine Le Pen avait rappelé sur son compte X qu’elle était favorable à une «taxation exceptionnelle sur les surprofits». «Lorsqu’une entreprise comme TotalEnergies fait des bénéfices supplémentaires liés à une crise internationale ou à une conjoncture extraordinaire, comme c’est le cas actuellement avec la guerre en Iran, il est normal qu’elle puisse contribuer à l’effort national par une taxation exceptionnelle sur les surprofits qu’elle a réalisés, avait-elle expliqué, vidéo d’elle sur France 2 datant de 2024 à l’appui. Cette mesure de justice sociale, que nous défendons depuis des années, et que les macronistes ont toujours refusée, permettra entre autres de financer la baisse des taxes sur le carburant que nous proposons.» Alors, c’est qui la patronne ?
Des socialistes unis sur le fond
De leur côté, les socialistes ont profité de la séquence pour s’afficher unis sur un sujet de fond alors qu’ils se déchirent sur les questions stratégiques en vue de la présidentielle. Olivier Faure et Boris Vallaud, respectivement invités sur RTL et France Info, ont défendu et précisé les modalités de leur proposition de loi, déposée mercredi à l’Assemblée nationale. Cette dernière vise à taxer les superprofits des entreprises qui font plus de 750 millions de chiffres d’affaires a souligné Olivier Faure, qui a appelé à mettre en place rapidement cette «loi d’intérêt général».
Les superprofits seraient alors taxés entre 20 % et 40 % en fonction des bénéfices des entreprises, a rappelé le patron des députés PS. La mesure devrait rapporter, selon ses calculs, 2 milliards d’euros à l’Etat, qui seraient «immédiatement réinjectés dans le soutien à celles et ceux pour qui la vie est difficile». Un chiffre qui peut sembler ambitieux alors qu’en 2022, la contribution de 33 % sur les bénéfices jugés excessifs des entreprises mise en place par le gouvernement d’Elisabeth Borne avait rapporté à peine 69 millions d’euros, trois fois moins que ce que Bercy en attendait au départ.
Mercredi, sous pression après les annonces de TotalEnergies et alors que les prix à la pompe restent très élevés, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a affirmé que le gouvernement ne «s’interdi[sait] rien». Tout en refusant de rentrer dans le «Total bashing», elle a cependant reconnu que «personne ne doit profiter de cette crise et aucun superprofit ne doit être réalisé». Au Sénat, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a appelé TotalEnergies à «redistribuer d’une manière ou d’une autre» ses éventuels profits «exceptionnels». «S’il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d’une redistribution, a-t-il répondu à une question du patron du groupe socialiste, Patrick Kanner. Il faut bien que TotalEnergies se positionne d’une manière ou d’une autre.» Le groupe français, qui plafonne son prix à 1,99 euro par litre d’essence, s’est empressé de répondre : «C’est comme cela que nous redistribuons nos profits.»
https://www.liberation.fr/politique/tax ... 3HG54WQRI/
La question d’une imposition supplémentaire refait surface depuis l’annonce des bénéfices de TotalEnergies pour son premier trimestre. Si les socialistes se sont empressés de réagir en proposant une loi, les avis divergent à la tête du Rassemblement national.
Taxer ou ne pas taxer les superprofits ? La question s’est posée dans les rangs du Rassemblement national, mercredi 29 avril, après l’annonce par TotalEnergies d’un bénéfice net de 4,96 milliards d’euros pour son premier trimestre – + 51 % sur un an – lié à la guerre au Moyen-Orient. Et si les deux têtes de la formation d’extrême droite, Jordan Bardella et Marine Le Pen, diront qu’on a mal compris, on a pu constater qu’ils ne sont pas, tout à fait, sur la même position…
A quelques minutes d’intervalle mercredi soir, le président du parti et la cheffe des députés ont ainsi tenu des discours divergents. Au micro de BFMTV, le premier ne s’est pas fermement opposé à la taxe sur les superprofits. Mais celui qui aime bien ces temps-ci côtoyer les grands patrons s’est empressé de déclarer : «Je ne crois pas que la priorité, non plus, dans un pays qui est à 46% de prélèvements obligatoires soit encore une fois d’inventer des taxes ou d’inventer des impôts.» Quelques instants avant le passage télé de son poulain, Marine Le Pen avait rappelé sur son compte X qu’elle était favorable à une «taxation exceptionnelle sur les surprofits». «Lorsqu’une entreprise comme TotalEnergies fait des bénéfices supplémentaires liés à une crise internationale ou à une conjoncture extraordinaire, comme c’est le cas actuellement avec la guerre en Iran, il est normal qu’elle puisse contribuer à l’effort national par une taxation exceptionnelle sur les surprofits qu’elle a réalisés, avait-elle expliqué, vidéo d’elle sur France 2 datant de 2024 à l’appui. Cette mesure de justice sociale, que nous défendons depuis des années, et que les macronistes ont toujours refusée, permettra entre autres de financer la baisse des taxes sur le carburant que nous proposons.» Alors, c’est qui la patronne ?
Des socialistes unis sur le fond
De leur côté, les socialistes ont profité de la séquence pour s’afficher unis sur un sujet de fond alors qu’ils se déchirent sur les questions stratégiques en vue de la présidentielle. Olivier Faure et Boris Vallaud, respectivement invités sur RTL et France Info, ont défendu et précisé les modalités de leur proposition de loi, déposée mercredi à l’Assemblée nationale. Cette dernière vise à taxer les superprofits des entreprises qui font plus de 750 millions de chiffres d’affaires a souligné Olivier Faure, qui a appelé à mettre en place rapidement cette «loi d’intérêt général».
Les superprofits seraient alors taxés entre 20 % et 40 % en fonction des bénéfices des entreprises, a rappelé le patron des députés PS. La mesure devrait rapporter, selon ses calculs, 2 milliards d’euros à l’Etat, qui seraient «immédiatement réinjectés dans le soutien à celles et ceux pour qui la vie est difficile». Un chiffre qui peut sembler ambitieux alors qu’en 2022, la contribution de 33 % sur les bénéfices jugés excessifs des entreprises mise en place par le gouvernement d’Elisabeth Borne avait rapporté à peine 69 millions d’euros, trois fois moins que ce que Bercy en attendait au départ.
Mercredi, sous pression après les annonces de TotalEnergies et alors que les prix à la pompe restent très élevés, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a affirmé que le gouvernement ne «s’interdi[sait] rien». Tout en refusant de rentrer dans le «Total bashing», elle a cependant reconnu que «personne ne doit profiter de cette crise et aucun superprofit ne doit être réalisé». Au Sénat, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a appelé TotalEnergies à «redistribuer d’une manière ou d’une autre» ses éventuels profits «exceptionnels». «S’il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d’une redistribution, a-t-il répondu à une question du patron du groupe socialiste, Patrick Kanner. Il faut bien que TotalEnergies se positionne d’une manière ou d’une autre.» Le groupe français, qui plafonne son prix à 1,99 euro par litre d’essence, s’est empressé de répondre : «C’est comme cela que nous redistribuons nos profits.»
https://www.liberation.fr/politique/tax ... 3HG54WQRI/