Présidentielle 2027 : la Fédération bancaire française propose une garantie publique pour les emprunts de candidats
Posté : 04 mai 2026 17:26
La Baal est dans le camp des politiques.
Le président de Crédit mutuel Alliance fédérale considère que l’Etat pourrait intervenir pour garantir les prêts aux concurrents au scrutin, estimant qu’ils sont d’une «tout autre nature» que ceux accordés aux particuliers.
Les banques privées vont-elles jouer le rôle de «Banque de la démocratie» ? Le président de la Fédération bancaire française (FBF), Daniel Baal, a suggéré lundi que l’Etat garantisse les prêts accordés par les banques aux candidats à l’élection présidentielle afin de faciliter le financement de leur campagne, alors que le RN peine à obtenir un prêt.
Pour débloquer la situation, Daniel Baal a estimé pertinente «une intervention publique dès le départ», sur BFM Business. Cela pourrait prendre la forme d’une «garantie à première demande», qui permet à la banque d’être facilement remboursée en cas de défaut, donnée par l’Etat aux banques prêteuses. Autre possibilité : une avance directe aux candidats, envisage le président de Crédit mutuel Alliance fédérale.
Risque d’invalidation
Pour le président de la fédération qui représente la profession bancaire en France, prêter de l’argent à un candidat à l’élection présidentielle constitue un risque d’une «tout autre nature» que les crédits habituellement accordés aux ménages et aux entreprises. Certes, l’Etat finit par accorder des remboursements d’une grande partie des frais engagés par la campagne lorsqu’un candidat dépasse 5 % des suffrages exprimés au premier tour, un seuil largement dépassé par le Rassemblement national aux précédentes élections. Mais ces remboursements sont également conditionnés à la validation officielle du compte de campagne, rappelle Daniel Baal, ce qui représente à ses yeux un risque supplémentaire pour les banques.
«Qui aurait pu penser que le président sortant Nicolas Sarkozy [en 2012] se fasse invalider ses comptes de campagne ?» s’est-il interrogé. A près d’un an du scrutin, le RN est à la recherche d’une banque susceptible de lui avancer les 10,7 millions d’euros correspondant au montant maximal remboursable par l’Etat pour les candidats qualifiés au second tour, avait indiqué mi-avril le trésorier du parti à l’AFP.
«J’interdirai les prêts étrangers»
Le sujet est crucial pour un RN sans capacité d’autofinancement, car engagé dans un remboursement «soutenu» de sa dette, quasi intégralement composée de prêts de particuliers. «Il y a des démarches qui sont en cours, mais pour l’instant, les banques françaises refusent d’accorder un prêt qui n’a honnêtement qu’un risque minime», avait regretté mercredi dernier le président du parti, Jordan Bardella.
Depuis des années, le parti d’extrême droite plaide pour la création d’une «banque de la démocratie», censée permettre le financement des campagnes des candidats français sans avoir à passer par des banques étrangères. «Quand je serai élue, j’interdirai les prêts étrangers. Mais je créerai cette banque de la démocratie», promettait Marine Le Pen, en mai 2023, lors de la commission d’enquête sur les ingérences étrangères à l’Assemblée.
François Bayrou a tenté, en vain, de porter cette mesure, en 2017 lorsqu’il était ministre de la Justice, puis en 2025. Lors de son discours de politique générale après son accession à Matignon, il plaidait en faveur d’une telle institution «pour que le financement des partis politiques et des campagnes ne dépendent plus de choix de banques privées, mais puissent être le fait d’organismes publics placés sous le contrôle du Parlement». Fin avril, Sébastien Chenu, vice-président RN de l’Assemblée nationale, disait trouver «totalement indécent» le fait que le RN ne parvienne pas à se financer auprès d’une banque française, appelant Edouard Philippe et Gabriel Attal à demander aux banques de financer la campagne du candidat du Rassemblement national.

Jordan Bardella lors d'un rassemblement politique à Mâcon (Saône-et-Loire), le 1er mai. (Manon Cruz/Reuters)
ParEliott Lerat• AFP
https://www.liberation.fr/politique/pre ... 5HJWCOL6Y/
Le président de Crédit mutuel Alliance fédérale considère que l’Etat pourrait intervenir pour garantir les prêts aux concurrents au scrutin, estimant qu’ils sont d’une «tout autre nature» que ceux accordés aux particuliers.
Les banques privées vont-elles jouer le rôle de «Banque de la démocratie» ? Le président de la Fédération bancaire française (FBF), Daniel Baal, a suggéré lundi que l’Etat garantisse les prêts accordés par les banques aux candidats à l’élection présidentielle afin de faciliter le financement de leur campagne, alors que le RN peine à obtenir un prêt.
Pour débloquer la situation, Daniel Baal a estimé pertinente «une intervention publique dès le départ», sur BFM Business. Cela pourrait prendre la forme d’une «garantie à première demande», qui permet à la banque d’être facilement remboursée en cas de défaut, donnée par l’Etat aux banques prêteuses. Autre possibilité : une avance directe aux candidats, envisage le président de Crédit mutuel Alliance fédérale.
Risque d’invalidation
Pour le président de la fédération qui représente la profession bancaire en France, prêter de l’argent à un candidat à l’élection présidentielle constitue un risque d’une «tout autre nature» que les crédits habituellement accordés aux ménages et aux entreprises. Certes, l’Etat finit par accorder des remboursements d’une grande partie des frais engagés par la campagne lorsqu’un candidat dépasse 5 % des suffrages exprimés au premier tour, un seuil largement dépassé par le Rassemblement national aux précédentes élections. Mais ces remboursements sont également conditionnés à la validation officielle du compte de campagne, rappelle Daniel Baal, ce qui représente à ses yeux un risque supplémentaire pour les banques.
«Qui aurait pu penser que le président sortant Nicolas Sarkozy [en 2012] se fasse invalider ses comptes de campagne ?» s’est-il interrogé. A près d’un an du scrutin, le RN est à la recherche d’une banque susceptible de lui avancer les 10,7 millions d’euros correspondant au montant maximal remboursable par l’Etat pour les candidats qualifiés au second tour, avait indiqué mi-avril le trésorier du parti à l’AFP.
«J’interdirai les prêts étrangers»
Le sujet est crucial pour un RN sans capacité d’autofinancement, car engagé dans un remboursement «soutenu» de sa dette, quasi intégralement composée de prêts de particuliers. «Il y a des démarches qui sont en cours, mais pour l’instant, les banques françaises refusent d’accorder un prêt qui n’a honnêtement qu’un risque minime», avait regretté mercredi dernier le président du parti, Jordan Bardella.
Depuis des années, le parti d’extrême droite plaide pour la création d’une «banque de la démocratie», censée permettre le financement des campagnes des candidats français sans avoir à passer par des banques étrangères. «Quand je serai élue, j’interdirai les prêts étrangers. Mais je créerai cette banque de la démocratie», promettait Marine Le Pen, en mai 2023, lors de la commission d’enquête sur les ingérences étrangères à l’Assemblée.
François Bayrou a tenté, en vain, de porter cette mesure, en 2017 lorsqu’il était ministre de la Justice, puis en 2025. Lors de son discours de politique générale après son accession à Matignon, il plaidait en faveur d’une telle institution «pour que le financement des partis politiques et des campagnes ne dépendent plus de choix de banques privées, mais puissent être le fait d’organismes publics placés sous le contrôle du Parlement». Fin avril, Sébastien Chenu, vice-président RN de l’Assemblée nationale, disait trouver «totalement indécent» le fait que le RN ne parvienne pas à se financer auprès d’une banque française, appelant Edouard Philippe et Gabriel Attal à demander aux banques de financer la campagne du candidat du Rassemblement national.

Jordan Bardella lors d'un rassemblement politique à Mâcon (Saône-et-Loire), le 1er mai. (Manon Cruz/Reuters)
ParEliott Lerat• AFP
https://www.liberation.fr/politique/pre ... 5HJWCOL6Y/