«Ça va être une base pour des regroupements de l’ultradroite» : on a fait l’ouverture de la brasserie d’Erik Tegnér...
Posté : 15 mai 2026 17:56
... le patron de Frontières
Rebaptisée «Kerfaf» par ses contempteurs, la brasserie Kerfave a ouvert ses portes, jeudi 14 mai dans un village des Côtes-d’Armor. Malgré la discrétion voulue par le journaliste, figure des médias d’extrême droite, des centaines d’opposants s’étaient regroupés pour alerter sur le risque que fait encourir pareille implantation sur le territoire.
Antoine n’en revient pas : «C’est fou !» se réjouit-il en voyant la petite foule rassemblée ce jeudi soir sur un parking de la zone artisanale de Pléguien (Côtes-d’Armor). Le homme de 25 ans ne savait «pas trop à quoi s’attendre» en essayant de sonner, avec d’autres, la mobilisation. Au final, ils sont environ 400, habitants du coin «indignés» comme lui, mais aussi militants politiques, syndicalistes ou antifas du département, à être venus dénoncer l’ouverture de la brasserie Kerfave, créée par Erik Tegnér, patron du média d’extrême droite Frontières et chroniqueur sur CNews.
«Sa personnalité est mobilisatrice, les gens saisissent le danger qu’il peut représenter. Ça pourrait être une tête de pont, qui permette à des radicaux de se réunir. On veut rendre visible cette implantation, il faut faire du bruit dès le départ, pour que les gens sachent à qui ils ont affaire», développe Antoine.
«Il a entourloupé tout le monde, on est tombé des nues»
Originaire de Bretagne, résident secondaire à Plouha, tout près de Pléguien, Erik Tegnér a annoncé début mai, sur les réseaux sociaux, l’ouverture de sa brasserie artisanale, pour y produire des bières «de terroir», à base de produits bio et locaux. A la surprise générale. «Son nom n’apparaissait dans aucun des documents transmis», explique la maire de Pléguien Maëlig Taisset, qui raconte au téléphone n’avoir eu affaire qu’au gérant, Eric Rucklin, un entrepreneur ami de Tegnér, un temps engagé… à La République en marche. «Avancer masqué, c’est une méthode pour le moins désagréable. Je n’aurais sans doute pas pu faire grand chose, mais au moins ça aurait été clair», déplore l’élue, sans étiquette mais «le cœur plutôt à gauche».
«Il a entourloupé tout le monde, on est tous tombés des nues», dit Reynald, un Pléguinais de 50 ans présent au rassemblement. Cette brasserie, rebaptisée «Kerfaf» par les opposants, c’est pour lui, «un drapeau qu’il plante, en vue de la présidentielle». «Il tisse sa toile», juge aussi sa compagne Audrey. «Ça va être une base pour des regroupements de l’ultradroite. Ils ont le droit d’ouvrir un commerce, mais nous avons aussi le droit de prévenir les gens, de leur dire de faire attention à qui ils donnent leur argent», énonce Martine, 70 ans, qui brandit une pancarte : «Née à Pléguien sans frontières.» «On est sur une terre antifa, c’est de la provocation d’essayer de faire un repère facho ici», dit cette petite-fille de résistant.
https://www.liberation.fr/politique/ca- ... ected=0365
Rebaptisée «Kerfaf» par ses contempteurs, la brasserie Kerfave a ouvert ses portes, jeudi 14 mai dans un village des Côtes-d’Armor. Malgré la discrétion voulue par le journaliste, figure des médias d’extrême droite, des centaines d’opposants s’étaient regroupés pour alerter sur le risque que fait encourir pareille implantation sur le territoire.
Antoine n’en revient pas : «C’est fou !» se réjouit-il en voyant la petite foule rassemblée ce jeudi soir sur un parking de la zone artisanale de Pléguien (Côtes-d’Armor). Le homme de 25 ans ne savait «pas trop à quoi s’attendre» en essayant de sonner, avec d’autres, la mobilisation. Au final, ils sont environ 400, habitants du coin «indignés» comme lui, mais aussi militants politiques, syndicalistes ou antifas du département, à être venus dénoncer l’ouverture de la brasserie Kerfave, créée par Erik Tegnér, patron du média d’extrême droite Frontières et chroniqueur sur CNews.
«Sa personnalité est mobilisatrice, les gens saisissent le danger qu’il peut représenter. Ça pourrait être une tête de pont, qui permette à des radicaux de se réunir. On veut rendre visible cette implantation, il faut faire du bruit dès le départ, pour que les gens sachent à qui ils ont affaire», développe Antoine.
«Il a entourloupé tout le monde, on est tombé des nues»
Originaire de Bretagne, résident secondaire à Plouha, tout près de Pléguien, Erik Tegnér a annoncé début mai, sur les réseaux sociaux, l’ouverture de sa brasserie artisanale, pour y produire des bières «de terroir», à base de produits bio et locaux. A la surprise générale. «Son nom n’apparaissait dans aucun des documents transmis», explique la maire de Pléguien Maëlig Taisset, qui raconte au téléphone n’avoir eu affaire qu’au gérant, Eric Rucklin, un entrepreneur ami de Tegnér, un temps engagé… à La République en marche. «Avancer masqué, c’est une méthode pour le moins désagréable. Je n’aurais sans doute pas pu faire grand chose, mais au moins ça aurait été clair», déplore l’élue, sans étiquette mais «le cœur plutôt à gauche».
«Il a entourloupé tout le monde, on est tous tombés des nues», dit Reynald, un Pléguinais de 50 ans présent au rassemblement. Cette brasserie, rebaptisée «Kerfaf» par les opposants, c’est pour lui, «un drapeau qu’il plante, en vue de la présidentielle». «Il tisse sa toile», juge aussi sa compagne Audrey. «Ça va être une base pour des regroupements de l’ultradroite. Ils ont le droit d’ouvrir un commerce, mais nous avons aussi le droit de prévenir les gens, de leur dire de faire attention à qui ils donnent leur argent», énonce Martine, 70 ans, qui brandit une pancarte : «Née à Pléguien sans frontières.» «On est sur une terre antifa, c’est de la provocation d’essayer de faire un repère facho ici», dit cette petite-fille de résistant.
https://www.liberation.fr/politique/ca- ... ected=0365
