«Complément d’enquête» sur Depardieu : Yann Moix perd son procès pour «abus de confiance» et «travail dissimulé»....
Posté : 16 mai 2026 06:34
...contre France 2 et Hikari
Alors que l’acteur s’était désisté mi-avril de ses poursuites pour montage illicite, l’écrivain maintenait ses demandes contre la chaîne et la société de production, s’estimant propriétaire et monteur des images.
Nouveau revers pour les détracteurs du numéro de Complément d’enquête consacré à Gérard Depardieu, «La chute de l’ogre», diffusé en décembre 2023 sur France 2. Par une décision rendue vendredi 15 mai, le tribunal judiciaire de Paris vient de débouter l’écrivain Yann Moix de ses demandes contre France 2 et la société de production Hikari, à l’origine de ce documentaire. Dans l’émission, l’acteur, invité par Yann Moix en Corée du Nord en septembre 2018, apparaissait, lors d’une séquence filmée dans un haras de la banlieue de Pyongyang, comme sexualisant une fillette.
Pour rappel, Gérard Depardieu accusait France 2 et Hikari de s’être livrés, pour cette séquence précisément, à un «montage frauduleux». L’acteur soutenait qu’il s’adressait en réalité à une cavalière adulte, que l’on ne voyait pas à l’écran. Après avoir changé d’avocat (passant de Jérémie Assous à Delphine Meillet), Depardieu s’était finalement désisté, le 17 avril, de ses poursuites contre France 2 et Hikari. Ne restait donc plus, dans ce dossier, que Yann Moix qui, toujours avec Jérémie Assous comme avocat, accusait France 2 et Hikari d’«abus de confiance» et de «travail dissimulé».
Piégé lui-même
Concernant l’abus de confiance, rappellent les juges dans leur décision, l’écrivain reprochait à la société de production Hikari, qui était présente avec lui en Corée du Nord, d’avoir intégré dans le Complément d’enquête consacré à Depardieu «des images dont Yann Moix serait propriétaire, issues du film 70 [un film monté sur la base de ces mêmes images, ndlr], alors même qu’elle avait été mise en demeure de ne pas le faire». Des images tournées, donc, en 2018, qui seraient l’objet de l’abus de confiance.
«Cependant, Yann Moix ne précise pas quelles sont, au sein du reportage diffusé par Complément d’enquête, les images dont il serait propriétaire et ne les verse pas aux débats, privant ainsi le tribunal de la possibilité de toute appréciation des éléments constitutifs de l’infraction», estime le tribunal. Au contraire, expliquent les juges, il ressort «des pièces versées que Hikari et son dirigeant sont les propriétaires de l’ensemble des images tournées en Corée du Nord diffusées par France Télévisions et captées par les salariés de Hikari».
Yann Moix, par ailleurs, s’est piégé lui-même, en versant aux débats un projet de contrat de cession entre Hikari et Igrekem, son entreprise. Problème : ce document, détaillent les juges, «rappelle en son article 3.1 que Hikari a la pleine propriété des rushs». Yann Moix «échoue [donc] à démontrer qu’il serait détenteur d’un quelconque droit sur les images diffusées par Complément d’enquête, qu’il ne détermine d’ailleurs pas. Dès lors, ni l’infraction d’abus de confiance, ni celle de recel ne sont constituées».
https://www.liberation.fr/checknews/com ... H67E2SC2A/
Alors que l’acteur s’était désisté mi-avril de ses poursuites pour montage illicite, l’écrivain maintenait ses demandes contre la chaîne et la société de production, s’estimant propriétaire et monteur des images.
Nouveau revers pour les détracteurs du numéro de Complément d’enquête consacré à Gérard Depardieu, «La chute de l’ogre», diffusé en décembre 2023 sur France 2. Par une décision rendue vendredi 15 mai, le tribunal judiciaire de Paris vient de débouter l’écrivain Yann Moix de ses demandes contre France 2 et la société de production Hikari, à l’origine de ce documentaire. Dans l’émission, l’acteur, invité par Yann Moix en Corée du Nord en septembre 2018, apparaissait, lors d’une séquence filmée dans un haras de la banlieue de Pyongyang, comme sexualisant une fillette.
Pour rappel, Gérard Depardieu accusait France 2 et Hikari de s’être livrés, pour cette séquence précisément, à un «montage frauduleux». L’acteur soutenait qu’il s’adressait en réalité à une cavalière adulte, que l’on ne voyait pas à l’écran. Après avoir changé d’avocat (passant de Jérémie Assous à Delphine Meillet), Depardieu s’était finalement désisté, le 17 avril, de ses poursuites contre France 2 et Hikari. Ne restait donc plus, dans ce dossier, que Yann Moix qui, toujours avec Jérémie Assous comme avocat, accusait France 2 et Hikari d’«abus de confiance» et de «travail dissimulé».
Piégé lui-même
Concernant l’abus de confiance, rappellent les juges dans leur décision, l’écrivain reprochait à la société de production Hikari, qui était présente avec lui en Corée du Nord, d’avoir intégré dans le Complément d’enquête consacré à Depardieu «des images dont Yann Moix serait propriétaire, issues du film 70 [un film monté sur la base de ces mêmes images, ndlr], alors même qu’elle avait été mise en demeure de ne pas le faire». Des images tournées, donc, en 2018, qui seraient l’objet de l’abus de confiance.
«Cependant, Yann Moix ne précise pas quelles sont, au sein du reportage diffusé par Complément d’enquête, les images dont il serait propriétaire et ne les verse pas aux débats, privant ainsi le tribunal de la possibilité de toute appréciation des éléments constitutifs de l’infraction», estime le tribunal. Au contraire, expliquent les juges, il ressort «des pièces versées que Hikari et son dirigeant sont les propriétaires de l’ensemble des images tournées en Corée du Nord diffusées par France Télévisions et captées par les salariés de Hikari».
Yann Moix, par ailleurs, s’est piégé lui-même, en versant aux débats un projet de contrat de cession entre Hikari et Igrekem, son entreprise. Problème : ce document, détaillent les juges, «rappelle en son article 3.1 que Hikari a la pleine propriété des rushs». Yann Moix «échoue [donc] à démontrer qu’il serait détenteur d’un quelconque droit sur les images diffusées par Complément d’enquête, qu’il ne détermine d’ailleurs pas. Dès lors, ni l’infraction d’abus de confiance, ni celle de recel ne sont constituées».
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