«Un moment historique» : la ville de Varsovie reconnaît pour la première fois un mariage homosexuel conclu dans l’UE
Posté : 16 mai 2026 06:56
Vive les mariés !


La capitale polonaise a retranscrit jeudi 14 mai l’acte de mariage de deux hommes unis en Allemagne, une première dans le pays, où le mariage pour tous et l’union civile n’existent pas. Une reconnaissance qui découle d’une décision de justice européenne.
Jeudi 14 mai, dans les bureaux de la mairie de Varsovie, a eu lieu une petite révolution administrative. Pour la première fois, la capitale polonaise a reconnu un mariage homosexuel conclu dans un autre pays de l’Union européenne. «Ce matin, nous avons procédé à la première transcription» d’un tel acte, a annoncé le maire libéral Rafal Trzaskowski devant la presse.
Derrière cette décision sans précédent se cache un couple d’hommes, Jakub Cupriak-Trojan et Mateusz Trojan, mariés à Berlin depuis 2018. En voulant s’installer en Pologne, les deux conjoints s’étaient heurtés au refus des autorités polonaises d’enregistrer leur union, la Constitution définissant toujours le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme.
«Un moment historique»
Tout a changé après un arrêt rendu en novembre 2025 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) estimant que les Etats membres devaient reconnaître les mariages homosexuels contractés ailleurs dans l’Union. En mars, la Cour administrative suprême polonaise a intégré cette jurisprudence au droit national.
Les deux hommes ont confirmé avoir reçu leur acte de mariage polonais. «Nous en sommes heureux et nous espérons que les prochaines transcriptions, que de nombreux couples attendent, seront effectuées sans retard inutile», ont-ils déclaré au média OKO.press. Dans la foulée, Replika, magazine pro-LGBTQ, a salué «un moment historique» et «absolument charnière» pour la communauté queer polonaise.
Le Premier ministre, Donald Tusk, à la tête d’une coalition centriste dont les membres sont partagés sur les droits des personnes LGBTQ, avait lui-même préparé le terrain quelques jours plus tôt. Mardi, il estimait que la reconnaissance des couples homosexuels relevait «avant tout d’une question de dignité humaine et de droits de l’homme».
La Pologne, mauvais élève des droits LGBT
Cette avancée, louable, reste toutefois limitée. L’arrêt européen oblige la Pologne à reconnaître les mariages célébrés dans un pays tiers de l’UE, mais il ne modifie pas la loi nationale pour autant. Les couples de même sexe vivant dans le pays ne peuvent toujours ni se marier ni conclure une union civile.
La Pologne demeure l’un des derniers pays de l’Union européenne à refuser toute forme d’union pour les couples homosexuels, avec la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie. Selon les organisations de défense des droits, entre 30 000 et 40 000 mariages entre citoyens polonais de même sexe auraient pourtant été conclus à l’étranger.
Pour l’Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexes (Ilga), principale fédération européenne de défense des droits LGBTQ, le pays figure régulièrement parmi les plus mauvais élèves d’Europe en la matière. D’après un sondage Ipsos publié l’an dernier, 62 % des Polonais soutiennent la mise en place d’une forme de reconnaissance légale des unions entre personnes de même sexe. Mais seuls 31 % se déclarent favorables à l’introduction du mariage homosexuel. Le chemin est encore long.
https://www.liberation.fr/international ... ZGD777SHE/
La capitale polonaise a retranscrit jeudi 14 mai l’acte de mariage de deux hommes unis en Allemagne, une première dans le pays, où le mariage pour tous et l’union civile n’existent pas. Une reconnaissance qui découle d’une décision de justice européenne.
Jeudi 14 mai, dans les bureaux de la mairie de Varsovie, a eu lieu une petite révolution administrative. Pour la première fois, la capitale polonaise a reconnu un mariage homosexuel conclu dans un autre pays de l’Union européenne. «Ce matin, nous avons procédé à la première transcription» d’un tel acte, a annoncé le maire libéral Rafal Trzaskowski devant la presse.
Derrière cette décision sans précédent se cache un couple d’hommes, Jakub Cupriak-Trojan et Mateusz Trojan, mariés à Berlin depuis 2018. En voulant s’installer en Pologne, les deux conjoints s’étaient heurtés au refus des autorités polonaises d’enregistrer leur union, la Constitution définissant toujours le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme.
«Un moment historique»
Tout a changé après un arrêt rendu en novembre 2025 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) estimant que les Etats membres devaient reconnaître les mariages homosexuels contractés ailleurs dans l’Union. En mars, la Cour administrative suprême polonaise a intégré cette jurisprudence au droit national.
Les deux hommes ont confirmé avoir reçu leur acte de mariage polonais. «Nous en sommes heureux et nous espérons que les prochaines transcriptions, que de nombreux couples attendent, seront effectuées sans retard inutile», ont-ils déclaré au média OKO.press. Dans la foulée, Replika, magazine pro-LGBTQ, a salué «un moment historique» et «absolument charnière» pour la communauté queer polonaise.
Le Premier ministre, Donald Tusk, à la tête d’une coalition centriste dont les membres sont partagés sur les droits des personnes LGBTQ, avait lui-même préparé le terrain quelques jours plus tôt. Mardi, il estimait que la reconnaissance des couples homosexuels relevait «avant tout d’une question de dignité humaine et de droits de l’homme».
La Pologne, mauvais élève des droits LGBT
Cette avancée, louable, reste toutefois limitée. L’arrêt européen oblige la Pologne à reconnaître les mariages célébrés dans un pays tiers de l’UE, mais il ne modifie pas la loi nationale pour autant. Les couples de même sexe vivant dans le pays ne peuvent toujours ni se marier ni conclure une union civile.
La Pologne demeure l’un des derniers pays de l’Union européenne à refuser toute forme d’union pour les couples homosexuels, avec la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie. Selon les organisations de défense des droits, entre 30 000 et 40 000 mariages entre citoyens polonais de même sexe auraient pourtant été conclus à l’étranger.
Pour l’Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexes (Ilga), principale fédération européenne de défense des droits LGBTQ, le pays figure régulièrement parmi les plus mauvais élèves d’Europe en la matière. D’après un sondage Ipsos publié l’an dernier, 62 % des Polonais soutiennent la mise en place d’une forme de reconnaissance légale des unions entre personnes de même sexe. Mais seuls 31 % se déclarent favorables à l’introduction du mariage homosexuel. Le chemin est encore long.
https://www.liberation.fr/international ... ZGD777SHE/