Ingérences dans la politique française : oui, ça peut aussi venir d’Israël
Posté : 18 mai 2026 06:40
Les tentatives de manipulations révélées par plusieurs médias, dont «Libé», n’ont guère suscité de réactions. Parce qu’elles visaient LFI, ou parce que l’incrédulité l’emporte encore à l’idée que de telles ingérences puissent provenir d’Israël ?
Les ingérences étrangères pour fausser le débat politique français, semer le doute, brouiller les cartes afin de susciter la demande populaire d’une solution autoritaire qui favorise mécaniquement l’extrême droite, ne viennent pas simplement de la Russie et de ses satellites. Libération et le journal israélien Haaretz montrent que les ingérences étrangères constatées lors des dernières municipales viennent aussi d’Israël. Des officines basées à Tel-Aviv sont liées, même si l’on ignore encore précisément comment, à des campagnes numériques visant à nuire à trois candidats LFI en mars : David Guiraud, candidat victorieux à Roubaix, Sébastien Delogu et François Piquemal, battus à Marseille et Toulouse.
Le Monde avait révélé dès le 9 mars, dans une surprenante indifférence, l’existence de cette opération de dénigrement. Reuters a révélé le nom de l’entité impliquée, Libération et Haaretz ont remonté et détaillé les réseaux, débusqué les opérateurs cachés. Ces informations prouvent l’implication d’entités ou d’individus en Israël dans une série d’opérations hostiles, repérées aussi par Viginum (Service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères) et le renseignement français.
Israël développe depuis des années une économie du numérique et de la tech avec une spécialisation de pointe dans les systèmes de sécurité et de surveillance, comme l’a montré l’affaire Pegasus. Nombre de start-up israéliennes fournissent à des régimes autoritaires les moyens techniques de tracer leurs opposants. Tel-Aviv est aussi devenu une plaque tournante du marché de la manipulation de l’information et de la propagande. On peut y passer commande pour des raids numériques négatifs dans le cadre de campagnes de dénigrement. Et Israël investit très largement, pour son propre compte, dans des outils de propagande sophistiqués contre les propalestiniens.
Rapports accablants et témoignages étayés
Les tentatives d’ingérences débusquées par le Monde, Libération et Haaretz n’ont eu heureusement que peu d’impact sur les résultats électoraux des trois cibles. On ne connaît pas encore leurs commanditaires (français, américains ou israéliens ?) mais on sait qu’un tissu industriel de fabrique de récits et de la manipulation est bien ancré en Israël.
S’agissant de ces révélations, mais aussi des viols et agressions sexuelles de prisonniers palestiniens par des soldats israéliens, comme le révèle le New York Times, le commentaire général sur les chaînes d’info, dans la presse de droite et parmi la plupart des responsables politiques hors LFI, n’est pas particulièrement sonore. Un peu comme pour le scandaleux blocus informationnel de Gaza, moins critiqué par le commentaire moyen des «grandes plumes» de plateau que ne le sont les flottilles de militants qui tentent de forcer symboliquement ce blocus.
Les reporters de terrains de la presse internationale (israélienne compris) documentent pourtant comme ils le peuvent les multiples crimes de guerres (y compris des assassinats de journalistes) perpétrés par Israël. Les ONG comme Human Rights Watch, MSF, les agences de l’ONU multiplient les rapports accablants, les témoignages étayés. Et désormais, plusieurs journaux démontrent qu’Israël est le siège illibéral d’où sont produites des opérations d’ingérences visant à déstabiliser le jeu démocratique en France. Ceux qui révèlent et dénoncent, ceux qui témoignent (presse, ONG) ne sont pas écoutés comme ils le sont quand ils parlent de la Russie par exemple. Parce qu’Israël combat des mouvements terroristes (Hamas et Hezbollah), parce que l’on craint d’attiser l’antisémitisme qui s’accroît de façon alarmante. Les idées très douteuses, selon lesquelles toutes critiques trop appuyées de l’action d’Israël serait une forme d’antisionisme et que l’antisionisme serait forcément de l’antisémitisme, ont gagné dans le débat public. La condamnation d’Israël reste prudente et l’Europe peine à se mettre d’accord sur des sanctions à appliquer à son encontre. Pour LFI, visée par ces ingérences, c’est l’inverse. La critique d’Israël y est aussi radicale que timide la dénonciation du Hamas. Et à sa tête, on se disqualifie régulièrement en se vautrant dans les canons de l’antisémitisme. Cela explique aussi que cette inacceptable ingérence n’émeut pas la classe politique à sa juste mesure.
https://www.liberation.fr/politique/ing ... EYSG7BE4E/
Et il n'y pas que Libé qui en parle.
https://www.google.com/search?sca_esv=e ... 5&dpr=1.13
Les ingérences étrangères pour fausser le débat politique français, semer le doute, brouiller les cartes afin de susciter la demande populaire d’une solution autoritaire qui favorise mécaniquement l’extrême droite, ne viennent pas simplement de la Russie et de ses satellites. Libération et le journal israélien Haaretz montrent que les ingérences étrangères constatées lors des dernières municipales viennent aussi d’Israël. Des officines basées à Tel-Aviv sont liées, même si l’on ignore encore précisément comment, à des campagnes numériques visant à nuire à trois candidats LFI en mars : David Guiraud, candidat victorieux à Roubaix, Sébastien Delogu et François Piquemal, battus à Marseille et Toulouse.
Le Monde avait révélé dès le 9 mars, dans une surprenante indifférence, l’existence de cette opération de dénigrement. Reuters a révélé le nom de l’entité impliquée, Libération et Haaretz ont remonté et détaillé les réseaux, débusqué les opérateurs cachés. Ces informations prouvent l’implication d’entités ou d’individus en Israël dans une série d’opérations hostiles, repérées aussi par Viginum (Service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères) et le renseignement français.
Israël développe depuis des années une économie du numérique et de la tech avec une spécialisation de pointe dans les systèmes de sécurité et de surveillance, comme l’a montré l’affaire Pegasus. Nombre de start-up israéliennes fournissent à des régimes autoritaires les moyens techniques de tracer leurs opposants. Tel-Aviv est aussi devenu une plaque tournante du marché de la manipulation de l’information et de la propagande. On peut y passer commande pour des raids numériques négatifs dans le cadre de campagnes de dénigrement. Et Israël investit très largement, pour son propre compte, dans des outils de propagande sophistiqués contre les propalestiniens.
Rapports accablants et témoignages étayés
Les tentatives d’ingérences débusquées par le Monde, Libération et Haaretz n’ont eu heureusement que peu d’impact sur les résultats électoraux des trois cibles. On ne connaît pas encore leurs commanditaires (français, américains ou israéliens ?) mais on sait qu’un tissu industriel de fabrique de récits et de la manipulation est bien ancré en Israël.
S’agissant de ces révélations, mais aussi des viols et agressions sexuelles de prisonniers palestiniens par des soldats israéliens, comme le révèle le New York Times, le commentaire général sur les chaînes d’info, dans la presse de droite et parmi la plupart des responsables politiques hors LFI, n’est pas particulièrement sonore. Un peu comme pour le scandaleux blocus informationnel de Gaza, moins critiqué par le commentaire moyen des «grandes plumes» de plateau que ne le sont les flottilles de militants qui tentent de forcer symboliquement ce blocus.
Les reporters de terrains de la presse internationale (israélienne compris) documentent pourtant comme ils le peuvent les multiples crimes de guerres (y compris des assassinats de journalistes) perpétrés par Israël. Les ONG comme Human Rights Watch, MSF, les agences de l’ONU multiplient les rapports accablants, les témoignages étayés. Et désormais, plusieurs journaux démontrent qu’Israël est le siège illibéral d’où sont produites des opérations d’ingérences visant à déstabiliser le jeu démocratique en France. Ceux qui révèlent et dénoncent, ceux qui témoignent (presse, ONG) ne sont pas écoutés comme ils le sont quand ils parlent de la Russie par exemple. Parce qu’Israël combat des mouvements terroristes (Hamas et Hezbollah), parce que l’on craint d’attiser l’antisémitisme qui s’accroît de façon alarmante. Les idées très douteuses, selon lesquelles toutes critiques trop appuyées de l’action d’Israël serait une forme d’antisionisme et que l’antisionisme serait forcément de l’antisémitisme, ont gagné dans le débat public. La condamnation d’Israël reste prudente et l’Europe peine à se mettre d’accord sur des sanctions à appliquer à son encontre. Pour LFI, visée par ces ingérences, c’est l’inverse. La critique d’Israël y est aussi radicale que timide la dénonciation du Hamas. Et à sa tête, on se disqualifie régulièrement en se vautrant dans les canons de l’antisémitisme. Cela explique aussi que cette inacceptable ingérence n’émeut pas la classe politique à sa juste mesure.
https://www.liberation.fr/politique/ing ... EYSG7BE4E/
Et il n'y pas que Libé qui en parle.
https://www.google.com/search?sca_esv=e ... 5&dpr=1.13