Les Bourses du travail, hauts lieux syndicaux ciblés par les mairies d’extrême droite
Posté : 21 mai 2026 17:37
Certains devraient commencer à se poser des questions sur ce qu'est une fois arrivée au pouvoir...l'extrême droite ...
Après leur participation à une manifestation contre son camp politique, le maire de Carcassonne a sommé la CGT, la FSU et Solidaires de quitter le bâtiment historique du centre-ville. Une première, mais qui fait suite à des pressions récurrentes sur les syndicats, notamment à Béziers ou au Blanc-Mesnil.
Le courrier officiel du maire RN de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, a été notifié par la police municipale mercredi 20 mai. Il intime à la CGT de quitter la Bourse du travail et rendre les clés d’ici le 1er juin. La mesure d’expulsion, annoncée par le nouvel édile de la cité audoise le 30 avril, vise aussi trois autres syndicats (CFDT, FSU et Solidaires), qui ont en commun avec la CGT d’avoir participé à une manifestation contre l’extrême droite organisée dans les rues de la ville par un collectif de jeunes lycéens et étudiants le 29 avril.
«Une attaque grave contre la liberté syndicale», ont dénoncé, dans une lettre au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et à celui du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, les numéros uns de sept confédérations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, l’Unsa, Solidaires), le 13 mai. «Si une municipalité peut, pour des raisons idéologiques, expulser des organisations syndicales d’un lieu qu’elles occupent parfois depuis près d’un siècle, alors c’est un précédent extrêmement dangereux qui est créé pour l’ensemble du pays», alertent Marylise Léon (CFDT), Sophie Binet (CGT), Frédéric Souillot (FO) et leurs homologues. «C’est inédit et cela montre ce que ferait l’extrême droite au pouvoir en France», renchérit Patrick Borde, co-secrétaire départemental de la FSU de l’Aude.
Une «présence essentielle»
En plein cœur de Carcassonne, la Bourse du travail abrite la CGT depuis près de quatre-vingt-dix ans. Un symbole du mouvement ouvrier. «C’est un lieu où, en plus de nos réunions, nous organisons des formations, nous accueillons les salariés, en particulier ceux des très petites entreprises [moins de dix salariés, ndlr] que nous renseignons sur leurs droits, et les saisonniers en galère, sans contrat de travail, dont les heures supplémentaires ne sont pas payées… C’est d’utilité publique !» défend Sophie Trochet, secrétaire générale de la CGT de l’Aude. «Dans un territoire durement touché par les inégalités sociales, cette présence est essentielle», rappelle l’intersyndicale dans son courrier. Jean-Pierre Farandou a réagi mercredi au Sénat en dénonçant «une forme de mépris de la démocratie sociale» et en «rappel [ant] que les salariés doivent pouvoir avoir accès en proximité aux organisations syndicales. C’est une question d’accès au droit et un enjeu fondamental de l’exercice de la liberté syndicale dans le territoire».
Christophe Barthès, qui fait valoir qu’aucune convention municipale d’occupation des locaux n’existerait, accuse de son côté les syndicats d’avoir «profité pendant trop longtemps des largesses des contribuables». «Les syndicats disposent de locaux municipaux, comme les associations, y compris sportives, car toutes ces organisations œuvrent pour l’intérêt général», rétorque le co-secrétaire de la FSU départementale Patrick Borde, indigné.
Si cette attaque marque par son caractère frontal, elle n’est pas la première du genre. A Béziers (Hérault), Robert Ménard, maire depuis 2014, longtemps soutenu par le parti lepéniste, s’en est également pris aux syndicats. Mais lui a usé de divers prétextes pour les priver de moyens, puis tenter de les mettre dehors. En 2017, il a remis en cause la convention municipale qui mettait la Bourse du travail gratuitement à leur disposition, en réclamant le paiement des frais d’électricité, de chauffage, d’eau, de ménage et de gardiennage. Ces deux dernières prestations ont alors été supprimées.
https://www.liberation.fr/economie/soci ... ROJI6U54I/
Après leur participation à une manifestation contre son camp politique, le maire de Carcassonne a sommé la CGT, la FSU et Solidaires de quitter le bâtiment historique du centre-ville. Une première, mais qui fait suite à des pressions récurrentes sur les syndicats, notamment à Béziers ou au Blanc-Mesnil.
Le courrier officiel du maire RN de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, a été notifié par la police municipale mercredi 20 mai. Il intime à la CGT de quitter la Bourse du travail et rendre les clés d’ici le 1er juin. La mesure d’expulsion, annoncée par le nouvel édile de la cité audoise le 30 avril, vise aussi trois autres syndicats (CFDT, FSU et Solidaires), qui ont en commun avec la CGT d’avoir participé à une manifestation contre l’extrême droite organisée dans les rues de la ville par un collectif de jeunes lycéens et étudiants le 29 avril.
«Une attaque grave contre la liberté syndicale», ont dénoncé, dans une lettre au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et à celui du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, les numéros uns de sept confédérations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, l’Unsa, Solidaires), le 13 mai. «Si une municipalité peut, pour des raisons idéologiques, expulser des organisations syndicales d’un lieu qu’elles occupent parfois depuis près d’un siècle, alors c’est un précédent extrêmement dangereux qui est créé pour l’ensemble du pays», alertent Marylise Léon (CFDT), Sophie Binet (CGT), Frédéric Souillot (FO) et leurs homologues. «C’est inédit et cela montre ce que ferait l’extrême droite au pouvoir en France», renchérit Patrick Borde, co-secrétaire départemental de la FSU de l’Aude.
Une «présence essentielle»
En plein cœur de Carcassonne, la Bourse du travail abrite la CGT depuis près de quatre-vingt-dix ans. Un symbole du mouvement ouvrier. «C’est un lieu où, en plus de nos réunions, nous organisons des formations, nous accueillons les salariés, en particulier ceux des très petites entreprises [moins de dix salariés, ndlr] que nous renseignons sur leurs droits, et les saisonniers en galère, sans contrat de travail, dont les heures supplémentaires ne sont pas payées… C’est d’utilité publique !» défend Sophie Trochet, secrétaire générale de la CGT de l’Aude. «Dans un territoire durement touché par les inégalités sociales, cette présence est essentielle», rappelle l’intersyndicale dans son courrier. Jean-Pierre Farandou a réagi mercredi au Sénat en dénonçant «une forme de mépris de la démocratie sociale» et en «rappel [ant] que les salariés doivent pouvoir avoir accès en proximité aux organisations syndicales. C’est une question d’accès au droit et un enjeu fondamental de l’exercice de la liberté syndicale dans le territoire».
Christophe Barthès, qui fait valoir qu’aucune convention municipale d’occupation des locaux n’existerait, accuse de son côté les syndicats d’avoir «profité pendant trop longtemps des largesses des contribuables». «Les syndicats disposent de locaux municipaux, comme les associations, y compris sportives, car toutes ces organisations œuvrent pour l’intérêt général», rétorque le co-secrétaire de la FSU départementale Patrick Borde, indigné.
Si cette attaque marque par son caractère frontal, elle n’est pas la première du genre. A Béziers (Hérault), Robert Ménard, maire depuis 2014, longtemps soutenu par le parti lepéniste, s’en est également pris aux syndicats. Mais lui a usé de divers prétextes pour les priver de moyens, puis tenter de les mettre dehors. En 2017, il a remis en cause la convention municipale qui mettait la Bourse du travail gratuitement à leur disposition, en réclamant le paiement des frais d’électricité, de chauffage, d’eau, de ménage et de gardiennage. Ces deux dernières prestations ont alors été supprimées.
https://www.liberation.fr/economie/soci ... ROJI6U54I/