Un député RN au cœur de l’affaire des cadeaux non déclarés de l’industrie pharmaceutique
Posté : 26 mai 2026 06:32
Avant son élection, le député René Lioret a été le directeur des opérations commerciales du laboratoire pharmaceutique Urgo. Un groupe à l’origine d’une vaste fraude à la loi anti-cadeaux dans le domaine de la santé, pour laquelle des pharmaciens sont actuellement jugés.
De la droite au Rassemblement national (RN). L’affaire des cadeaux non déclarés du laboratoire Urgo, qui avait provoqué en 2024 la non-reconduction au gouvernement puis la condamnation de la ministre de la santé de l’époque Agnès Firmin Le Bodo, déborde aussi sur l’extrême droite de l’Assemblée nationale.
Le député RN de Côte-d’Or, René Lioret, qui siège à la commission des affaires sociales du Palais-Bourbon, a été l’un des artisans du vaste système de rétributions frauduleux – dont le montant total est évalué à plus de 55 millions d’euros par la justice – de milliers de pharmacien·nes mis en place par la multinationale, d’après nos informations.
René Lioret n’est pas inconnu des lecteurs et lectrices de Mediapart : nous avions révélé, lors des législatives 2024, que le député d’extrême droite avait multiplié les invectives et attaques xénophobes sur les réseaux sociaux, voyant par exemple dans les « punaises de lit » la conséquence des « arrivées massives de tous les pays d’Afrique ».
Directeur des opérations commerciales du laboratoire Urgo jusqu’en 2018, l’élu a été auditionné par les gendarmes de la section de recherches (SR) de Dijon, le 22 novembre 2022, au commencement du scandale. Mais, comme les autres responsables du groupe, il n’a jamais eu à s’expliquer sur son rôle devant la justice, la multinationale ayant choisi de rapidement transiger avec le parquet, par le biais d’une procédure dite de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable à la française.
Dans deux ordonnances homologuées le 27 janvier 2023 par le président du tribunal de Dijon – juridiction correspondant au siège social d’Urgo, basé dans la métropole de la capitale de Bourgogne –, l’entreprise a reconnu avoir proposé à des milliers de pharmacien·nes des cadeaux pour les inciter à acheter ses produits de santé, ce que la loi proscrit formellement. Le groupe a alors accepté une sanction pénale de 6,6 millions d’euros (5,4 millions d’euros de confiscation et 1,125 million d’euros d’amende, dont 625 000 euros avec sursis), de manière à éviter un infamant procès public.
Dans le but d’augmenter ses marges et ses parts de marché, Urgo avait mis en place une stratégie commerciale basée sur l’octroi d’avantages en nature à des pharmacien·nes de toute la France. Comme l’avait révélé Mediapart, l’ancienne ministre de la santé Agnès Firmin Le Bodo avait par exemple reçu, à la tête de son officine en Normandie, un lot de quinze bouteilles de champagne et quatre magnums Taittinger (d’une valeur de 604,29 euros), une montre homme Omega (1 435,70 euros), une montre Apple Watch (674,40 euros), 2 iPhone 6S (2 026 euros), un téléviseur Samsung incurvé (887,04 euros), une montre Longines (1 093,86 euros), ou encore trois coffrets Relais & Châteaux pour des week-ends (2 186,34 euros).
https://www.mediapart.fr/journal/france ... maceutique
De la droite au Rassemblement national (RN). L’affaire des cadeaux non déclarés du laboratoire Urgo, qui avait provoqué en 2024 la non-reconduction au gouvernement puis la condamnation de la ministre de la santé de l’époque Agnès Firmin Le Bodo, déborde aussi sur l’extrême droite de l’Assemblée nationale.
Le député RN de Côte-d’Or, René Lioret, qui siège à la commission des affaires sociales du Palais-Bourbon, a été l’un des artisans du vaste système de rétributions frauduleux – dont le montant total est évalué à plus de 55 millions d’euros par la justice – de milliers de pharmacien·nes mis en place par la multinationale, d’après nos informations.
René Lioret n’est pas inconnu des lecteurs et lectrices de Mediapart : nous avions révélé, lors des législatives 2024, que le député d’extrême droite avait multiplié les invectives et attaques xénophobes sur les réseaux sociaux, voyant par exemple dans les « punaises de lit » la conséquence des « arrivées massives de tous les pays d’Afrique ».
Directeur des opérations commerciales du laboratoire Urgo jusqu’en 2018, l’élu a été auditionné par les gendarmes de la section de recherches (SR) de Dijon, le 22 novembre 2022, au commencement du scandale. Mais, comme les autres responsables du groupe, il n’a jamais eu à s’expliquer sur son rôle devant la justice, la multinationale ayant choisi de rapidement transiger avec le parquet, par le biais d’une procédure dite de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable à la française.
Dans deux ordonnances homologuées le 27 janvier 2023 par le président du tribunal de Dijon – juridiction correspondant au siège social d’Urgo, basé dans la métropole de la capitale de Bourgogne –, l’entreprise a reconnu avoir proposé à des milliers de pharmacien·nes des cadeaux pour les inciter à acheter ses produits de santé, ce que la loi proscrit formellement. Le groupe a alors accepté une sanction pénale de 6,6 millions d’euros (5,4 millions d’euros de confiscation et 1,125 million d’euros d’amende, dont 625 000 euros avec sursis), de manière à éviter un infamant procès public.
Dans le but d’augmenter ses marges et ses parts de marché, Urgo avait mis en place une stratégie commerciale basée sur l’octroi d’avantages en nature à des pharmacien·nes de toute la France. Comme l’avait révélé Mediapart, l’ancienne ministre de la santé Agnès Firmin Le Bodo avait par exemple reçu, à la tête de son officine en Normandie, un lot de quinze bouteilles de champagne et quatre magnums Taittinger (d’une valeur de 604,29 euros), une montre homme Omega (1 435,70 euros), une montre Apple Watch (674,40 euros), 2 iPhone 6S (2 026 euros), un téléviseur Samsung incurvé (887,04 euros), une montre Longines (1 093,86 euros), ou encore trois coffrets Relais & Châteaux pour des week-ends (2 186,34 euros).
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