Mort d’Edgar Morin, éternel résistant
Posté : 30 mai 2026 13:27
Le philosophe, mort vendredi à l’âge de 104 ans, a tout au long de sa vie gardé sa fraîcheur et ses enthousiasmes, prêchant la fraternité contre toutes les formes de violences.
Qu’il ait gardé pour l’éternité le pseudonyme adopté dans la résistance, «Morin», dit tout du personnage. Jusqu’au bout, c’est-à-dire ses 104 ans, Edgar Morin, né Edgar Nahoum, aura tenté de résister. Contre le populisme, contre le totalitarisme, contre le nationalisme, contre la violence, contre les dommages causés à l’environnement, contre la colonisation israélienne, contre l’hégémonie du profit, contre les inégalités, contre la haine, contre la bêtise, contre tout ce qui divise et sépare. Il n’a jamais renoncé, jamais baissé les bras.
«L’heure d’une nouvelle résistance est venue !», annonçait-il même en juillet 2024 dans Libération. A 102 ans, il nous enjoignait de prendre «le parti d’Eros, la puissance créatrice, contre Polémos et Thanatos, la guerre et les pulsions de mort». A résister «aux mensonges, aux illusions, aux hystéries collectives sur lesquelles surfe l’extrême droite» un peu partout dans le monde. Ces mots ont plus de sens que jamais à l’heure où la guerre gronde en différentes zones de la planète, à l’heure où certains chefs d’Etat sont prêts à asséner contre-vérités et mensonges pour hystériser les foules et les garder sous leur emprise.
Edgar Morin avait connu tous les grands résistants, tous les grands intellectuels, tout le personnel politique des quatre-vingts dernières années ou presque, il aurait pu être blasé, dégoûté du genre humain, mais c’était tout le contraire. Il a toujours gardé sa fraîcheur et ses enthousiasmes, prêchant la fraternité et déplorant «l’inconscience et le somnambulisme des gouvernants et des peuples lorsque l’on vit et subit la course vers les désastres.»
Lui qui s’est si souvent senti exclu (des milieux universitaires et intellectuels, de sa famille, du parti communiste) et qui en a longtemps souffert, a fini sa vie en vieux sage éclairé et admiré par le plus grand nombre. Ce penseur de la complexité, qui ne sortait jamais sans un foulard élégamment noué autour du cou, coquet et mutin, n’aimait au fond rien tant que les plaisirs simples : la chaleur d’un rayon de soleil, la douceur d’un moment partagé avec la femme qu’il aimait, la beauté des jonquilles, la magie toujours renouvelée de la lecture et de l’écriture. Jusqu’au bout Sapiens et Demens, comme il qualifiait l’être humain, mélange de raison et de folie.
https://www.liberation.fr/idees-et-deba ... YYIOG4CYE/
Qu’il ait gardé pour l’éternité le pseudonyme adopté dans la résistance, «Morin», dit tout du personnage. Jusqu’au bout, c’est-à-dire ses 104 ans, Edgar Morin, né Edgar Nahoum, aura tenté de résister. Contre le populisme, contre le totalitarisme, contre le nationalisme, contre la violence, contre les dommages causés à l’environnement, contre la colonisation israélienne, contre l’hégémonie du profit, contre les inégalités, contre la haine, contre la bêtise, contre tout ce qui divise et sépare. Il n’a jamais renoncé, jamais baissé les bras.
«L’heure d’une nouvelle résistance est venue !», annonçait-il même en juillet 2024 dans Libération. A 102 ans, il nous enjoignait de prendre «le parti d’Eros, la puissance créatrice, contre Polémos et Thanatos, la guerre et les pulsions de mort». A résister «aux mensonges, aux illusions, aux hystéries collectives sur lesquelles surfe l’extrême droite» un peu partout dans le monde. Ces mots ont plus de sens que jamais à l’heure où la guerre gronde en différentes zones de la planète, à l’heure où certains chefs d’Etat sont prêts à asséner contre-vérités et mensonges pour hystériser les foules et les garder sous leur emprise.
Edgar Morin avait connu tous les grands résistants, tous les grands intellectuels, tout le personnel politique des quatre-vingts dernières années ou presque, il aurait pu être blasé, dégoûté du genre humain, mais c’était tout le contraire. Il a toujours gardé sa fraîcheur et ses enthousiasmes, prêchant la fraternité et déplorant «l’inconscience et le somnambulisme des gouvernants et des peuples lorsque l’on vit et subit la course vers les désastres.»
Lui qui s’est si souvent senti exclu (des milieux universitaires et intellectuels, de sa famille, du parti communiste) et qui en a longtemps souffert, a fini sa vie en vieux sage éclairé et admiré par le plus grand nombre. Ce penseur de la complexité, qui ne sortait jamais sans un foulard élégamment noué autour du cou, coquet et mutin, n’aimait au fond rien tant que les plaisirs simples : la chaleur d’un rayon de soleil, la douceur d’un moment partagé avec la femme qu’il aimait, la beauté des jonquilles, la magie toujours renouvelée de la lecture et de l’écriture. Jusqu’au bout Sapiens et Demens, comme il qualifiait l’être humain, mélange de raison et de folie.
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