Perpignan : un ancien élu de la majorité RN arborant un tatouage nazi suspendu de son poste d’agent municipal
Posté : 10 juin 2026 13:56
Aille lit aille l'eau...
L’ancien membre du conseil municipal, écarté mardi 9 juin, avait inscrit la devise SS «mon honneur s’appelle fidélité» sur son avant-bras. La mairie dit avoir été alertée par un article publié par le média d’investigation Reflets.*
Il aura fallu un article de presse pour que la municipalité écarte un agent portant une devise nazie sur le bras. La mairie de Perpignan a suspendu mardi 9 juin un employé municipal arborant un tatouage reprenant une devise SS, après les révélations du média d’investigation Reflets, lundi. La station locale Ici Roussillon apprenait mardi que l’agent en question n’était autre que Charles Ifssah-Becuwe, ancien élu de la majorité du maire Rassemblement national Louis Aliot, information confirmée par la mairie contactée par Libération.
Reprenons. Lundi, Reflets révèle qu’un usager de la mairie de Perpignan venu effectuer des démarches administratives, «choqué par ce qu’il observe […] sort son téléphone et photographie le tatouage visible sur le bras d’un agent d’accueil». Le média d’investigation fait alors le lien entre la phrase tatouée, «mon honneur s’appelle fidélité», et sa traduction allemande «Meine Ehre heißt Treue», qui s’avère être une devise officielle des SS sous l’Allemagne nazie, forme de serment d’allégeance prêté à Adolf Hitler.
Intégration au conseil municipal
Le lendemain, après la découverte de cet article, la mairie «a convoqué immédiatement et suspendu» l’agent, assurent les services municipaux à Libération, confirmant une information d’Ici Roussillon. La municipalité affirme que le contrat de l’agent, qui «va arriver à terme bientôt», ne sera «évidemment pas renouvelé». En fin d’après-midi, la station locale révèle que l’employé municipal en question est un ancien élu de la majorité de Louis Aliot, Charles Ifssah-Becuwe. La mairie a confirmé son identité auprès de Libé.
«Lors des élections municipales de 2020, Charles Ifssah-Becuwe figurait en 45e position sur la liste conduite par Louis Aliot. Non élu à l’issue du scrutin, il avait néanmoins été recruté par la Ville comme chargé de mission», rapporte Ici Roussillon. Mais à la faveur de démissions au sein du conseil municipal en juin 2023, Charles Ifssah-Becuwe intègre la majorité dirigée par le maire d’extrême-droite, reconnu coupable en 2025 de détournement de fonds publics, décision dont il a fait appel. L’élu au tatouage nazi ne se présente toutefois pas à l’élection municipale de 2026, mais est réembauché par la mairie au service des pièces d’identité.
«L’extrême droite n’a pas changé»
L’annonce a suscité de vives réactions de la part des agents territoriaux et d’élus de gauche. «Nous sommes choqués», réagit Stéphane Maroselli, secrétaire général Force ouvrière des territoriaux à la mairie de Perpignan, auprès de la radio locale. «Nous, agents, sommes les garants des valeurs de la République, que nous incarnons. Les symboles associés au nazisme n’ont rien à faire dans une collectivité», affirme-t-il.
«A Perpignan, on peut être agent municipal et arborer une devise des SS sur son bras. La dédiabolisation du RN dans les faits», a de son côté réagi le coordinateur national de la France insoumise, Manuel Bompard. «Dans une mairie gérée par le Rassemblement national vous pouvez à la fois être salarié et vous afficher avec des tatouages nazis. […] L’extrême droite n’a pas changé», a ajouté le député LFI Thomas Portes.
* Ben voyons !
https://www.liberation.fr/politique/per ... FQ4BYKWQY/
L’ancien membre du conseil municipal, écarté mardi 9 juin, avait inscrit la devise SS «mon honneur s’appelle fidélité» sur son avant-bras. La mairie dit avoir été alertée par un article publié par le média d’investigation Reflets.*
Il aura fallu un article de presse pour que la municipalité écarte un agent portant une devise nazie sur le bras. La mairie de Perpignan a suspendu mardi 9 juin un employé municipal arborant un tatouage reprenant une devise SS, après les révélations du média d’investigation Reflets, lundi. La station locale Ici Roussillon apprenait mardi que l’agent en question n’était autre que Charles Ifssah-Becuwe, ancien élu de la majorité du maire Rassemblement national Louis Aliot, information confirmée par la mairie contactée par Libération.
Reprenons. Lundi, Reflets révèle qu’un usager de la mairie de Perpignan venu effectuer des démarches administratives, «choqué par ce qu’il observe […] sort son téléphone et photographie le tatouage visible sur le bras d’un agent d’accueil». Le média d’investigation fait alors le lien entre la phrase tatouée, «mon honneur s’appelle fidélité», et sa traduction allemande «Meine Ehre heißt Treue», qui s’avère être une devise officielle des SS sous l’Allemagne nazie, forme de serment d’allégeance prêté à Adolf Hitler.
Intégration au conseil municipal
Le lendemain, après la découverte de cet article, la mairie «a convoqué immédiatement et suspendu» l’agent, assurent les services municipaux à Libération, confirmant une information d’Ici Roussillon. La municipalité affirme que le contrat de l’agent, qui «va arriver à terme bientôt», ne sera «évidemment pas renouvelé». En fin d’après-midi, la station locale révèle que l’employé municipal en question est un ancien élu de la majorité de Louis Aliot, Charles Ifssah-Becuwe. La mairie a confirmé son identité auprès de Libé.
«Lors des élections municipales de 2020, Charles Ifssah-Becuwe figurait en 45e position sur la liste conduite par Louis Aliot. Non élu à l’issue du scrutin, il avait néanmoins été recruté par la Ville comme chargé de mission», rapporte Ici Roussillon. Mais à la faveur de démissions au sein du conseil municipal en juin 2023, Charles Ifssah-Becuwe intègre la majorité dirigée par le maire d’extrême-droite, reconnu coupable en 2025 de détournement de fonds publics, décision dont il a fait appel. L’élu au tatouage nazi ne se présente toutefois pas à l’élection municipale de 2026, mais est réembauché par la mairie au service des pièces d’identité.
«L’extrême droite n’a pas changé»
L’annonce a suscité de vives réactions de la part des agents territoriaux et d’élus de gauche. «Nous sommes choqués», réagit Stéphane Maroselli, secrétaire général Force ouvrière des territoriaux à la mairie de Perpignan, auprès de la radio locale. «Nous, agents, sommes les garants des valeurs de la République, que nous incarnons. Les symboles associés au nazisme n’ont rien à faire dans une collectivité», affirme-t-il.
«A Perpignan, on peut être agent municipal et arborer une devise des SS sur son bras. La dédiabolisation du RN dans les faits», a de son côté réagi le coordinateur national de la France insoumise, Manuel Bompard. «Dans une mairie gérée par le Rassemblement national vous pouvez à la fois être salarié et vous afficher avec des tatouages nazis. […] L’extrême droite n’a pas changé», a ajouté le député LFI Thomas Portes.
* Ben voyons !
https://www.liberation.fr/politique/per ... FQ4BYKWQY/