La planète se réchauffe à "un rythme sans précédent" de 0,27°C par décennie
Posté : 11 juin 2026 12:41
"La planète se réchauffe à "un rythme sans précédent" de 0,27°C par décennie, du seul fait des activités humaines, alerte un rapport
Parmi les conséquences de ce réchauffement global, le consortium de plus de 70 scientifiques qui a réalisé l'étude pointe notamment l'explosion du nombre de jours de vagues de chaleur marine et l'accélération de la hausse du niveau de la mer.
AULT / AFP)
Les dernières nouvelles du climat ne sont pas bonnes. Chargé de mettre à jour les principaux indicateurs témoignant de la progression du changement climatique entre deux rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le baromètre publié jeudi 11 juin dans la revue Earth System Science Data met en évidence une accélération de la cadence à laquelle la planète se réchauffe. Cette étude, baptisée "Indicators of Global Climate Change" (IGCC), produite par plus de 70 scientifiques à travers le monde, fait état d'une hausse des températures de 0,27°C en moyenne par décennie, "un rythme sans précédent".
"L'objet de cette étude est de remettre à jour un certain nombre d'indicateurs clés du climat qui ont été précédemment utilisés ou calculés au moment du sixième rapport du Giec, publié en 2021-2022", a expliqué lors d'une présentation à la presse le climatologue de Météo-France Aurélien Ribes, l'un des 73 scientifiques derrière ce "point d'étape". Ainsi, les données récoltées sur la période 2016-2025 permettent d'affirmer que la planète s'est réchauffée en moyenne de 1,24°C depuis l'ère préindustrielle (1850-1900), contre 1,07°C à l'époque du précédent rapport, portant sur la décennie 2010-2019. Et pour cause, puisque la planète a battu des records de chaleur en 2023, 2024 et 2025.
Les activités humaines alimentent toujours plus le réchauffement
La barre des 1,5°C, seuil fixé comme un objectif à ne pas dépasser par l'accord de Paris en 2015, se rapproche dangereusement. "Au rythme actuel, la meilleure estimation disponible prévoit de l'atteindre d'ici 2030, puis de le dépasser", prévient Aurélien Ribes. En 2024, pour la première fois, ce niveau de réchauffement a été dépassé sur une année. En 2025, la hausse a été de 1,39°C, dont l'écrasante majorité (1,37°C) provient des seules activités humaines, détaille le l'IGCC.
Combustion d'énergies fossiles (gaz, pétrole et charbon) pour se chauffer, se déplacer ou alimenter nos industries, destruction des puits de carbone naturels au profit de l'agriculture intensive... "Notre étude démontre que la quasi-totalité du réchauffement observé au cours de la dernière décennie est due aux activités humaines", insiste Samantha Burgess, directrice adjointe du service Copernicus sur le changement climatique (C3S), citée dans un communiqué.
Avec 56,8 milliards de tonnes d'équivalent CO2Comprendre cette valeur
(CO2eq) rejetées dans l'atmosphère, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2024, souligne le rapport. Même si la cadence s'est ralentie depuis le tournant des années 2010, les émissions annuelles moyennes s'établissent à 54,6 GtCO2eqComprendre cette valeur
aujourd'hui, contre 53,5 GtCO2eq
à l'époque de la dernière synthèse du Giec. Or, la concentration dans l'atmosphère de ces gaz au pouvoir réchauffant ne cesse d'augmenter.
S'il est admis que les températures sont en moyenne de plus en plus élevées à l'échelle de la planète, les données les plus récentes confirment que les valeurs observées lors des épisodes les plus chauds augmentent encore plus vite que les valeurs moyennes, note Christophe Cassou. Le climatologue du CNRS attire l'attention sur les températures maximales enregistrées au-dessus des continents : "On est à +1,92°C pour les températures maximales par rapport à la période préindustrielle, quand le sixième rapport du Giec évaluait ce changement sur la période 2009-2018 à +1,55°C."
Les océans en surchauffe
Dans les océans, ces anomalies chaudes se multiplient également à un rythme inquiétant, souligne l'IGCC, qui intègre cette année un nouvel indicateur : le nombre de jours de vagues de chaleur marine. Au cours des dix dernières années, les scientifiques ont calculé que les océans de la planète ont subi, en moyenne, un total de 58 jours de vague de chaleur par an, contre 36 jours sur la période 2007-2016, évaluée dans le sixième rapport du Giec.
"L'élévation du niveau de la mer se produit à un rythme qui continue à accélérer", alerte la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte. En 2018, le niveau de la mer avait augmenté de 201,9 mm par rapport à 1901, au rythme d'une hausse moyenne de 1,73 mm par an. Là encore, il suffit d'intégrer les données scientifiques récoltées depuis pour observer une accélération : la hausse moyenne annuelle est désormais de 1,85 mm, soit 229,6 mm au-dessus du niveau du début du XXe siècle (ou près de 23 cm)."
https://www.franceinfo.fr/environnement ... 50112.html
Parmi les conséquences de ce réchauffement global, le consortium de plus de 70 scientifiques qui a réalisé l'étude pointe notamment l'explosion du nombre de jours de vagues de chaleur marine et l'accélération de la hausse du niveau de la mer.
AULT / AFP)
Les dernières nouvelles du climat ne sont pas bonnes. Chargé de mettre à jour les principaux indicateurs témoignant de la progression du changement climatique entre deux rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le baromètre publié jeudi 11 juin dans la revue Earth System Science Data met en évidence une accélération de la cadence à laquelle la planète se réchauffe. Cette étude, baptisée "Indicators of Global Climate Change" (IGCC), produite par plus de 70 scientifiques à travers le monde, fait état d'une hausse des températures de 0,27°C en moyenne par décennie, "un rythme sans précédent".
"L'objet de cette étude est de remettre à jour un certain nombre d'indicateurs clés du climat qui ont été précédemment utilisés ou calculés au moment du sixième rapport du Giec, publié en 2021-2022", a expliqué lors d'une présentation à la presse le climatologue de Météo-France Aurélien Ribes, l'un des 73 scientifiques derrière ce "point d'étape". Ainsi, les données récoltées sur la période 2016-2025 permettent d'affirmer que la planète s'est réchauffée en moyenne de 1,24°C depuis l'ère préindustrielle (1850-1900), contre 1,07°C à l'époque du précédent rapport, portant sur la décennie 2010-2019. Et pour cause, puisque la planète a battu des records de chaleur en 2023, 2024 et 2025.
Les activités humaines alimentent toujours plus le réchauffement
La barre des 1,5°C, seuil fixé comme un objectif à ne pas dépasser par l'accord de Paris en 2015, se rapproche dangereusement. "Au rythme actuel, la meilleure estimation disponible prévoit de l'atteindre d'ici 2030, puis de le dépasser", prévient Aurélien Ribes. En 2024, pour la première fois, ce niveau de réchauffement a été dépassé sur une année. En 2025, la hausse a été de 1,39°C, dont l'écrasante majorité (1,37°C) provient des seules activités humaines, détaille le l'IGCC.
Combustion d'énergies fossiles (gaz, pétrole et charbon) pour se chauffer, se déplacer ou alimenter nos industries, destruction des puits de carbone naturels au profit de l'agriculture intensive... "Notre étude démontre que la quasi-totalité du réchauffement observé au cours de la dernière décennie est due aux activités humaines", insiste Samantha Burgess, directrice adjointe du service Copernicus sur le changement climatique (C3S), citée dans un communiqué.
Avec 56,8 milliards de tonnes d'équivalent CO2Comprendre cette valeur
(CO2eq) rejetées dans l'atmosphère, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2024, souligne le rapport. Même si la cadence s'est ralentie depuis le tournant des années 2010, les émissions annuelles moyennes s'établissent à 54,6 GtCO2eqComprendre cette valeur
aujourd'hui, contre 53,5 GtCO2eq
à l'époque de la dernière synthèse du Giec. Or, la concentration dans l'atmosphère de ces gaz au pouvoir réchauffant ne cesse d'augmenter.
S'il est admis que les températures sont en moyenne de plus en plus élevées à l'échelle de la planète, les données les plus récentes confirment que les valeurs observées lors des épisodes les plus chauds augmentent encore plus vite que les valeurs moyennes, note Christophe Cassou. Le climatologue du CNRS attire l'attention sur les températures maximales enregistrées au-dessus des continents : "On est à +1,92°C pour les températures maximales par rapport à la période préindustrielle, quand le sixième rapport du Giec évaluait ce changement sur la période 2009-2018 à +1,55°C."
Les océans en surchauffe
Dans les océans, ces anomalies chaudes se multiplient également à un rythme inquiétant, souligne l'IGCC, qui intègre cette année un nouvel indicateur : le nombre de jours de vagues de chaleur marine. Au cours des dix dernières années, les scientifiques ont calculé que les océans de la planète ont subi, en moyenne, un total de 58 jours de vague de chaleur par an, contre 36 jours sur la période 2007-2016, évaluée dans le sixième rapport du Giec.
"L'élévation du niveau de la mer se produit à un rythme qui continue à accélérer", alerte la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte. En 2018, le niveau de la mer avait augmenté de 201,9 mm par rapport à 1901, au rythme d'une hausse moyenne de 1,73 mm par an. Là encore, il suffit d'intégrer les données scientifiques récoltées depuis pour observer une accélération : la hausse moyenne annuelle est désormais de 1,85 mm, soit 229,6 mm au-dessus du niveau du début du XXe siècle (ou près de 23 cm)."
https://www.franceinfo.fr/environnement ... 50112.html