Civitas, groupuscule d’extrême droite interdit qui continue d’agir à la barbe des autorités
Posté : 13 juin 2026 12:40
Belle bande d'allumé(e)s
Le mouvement intégriste, dissous en 2023, poursuit ses activités sous de nouvelles bannières. Ses membres ont perturbé samedi 6 juin un événement artistique et pris des élus à partie.
Des élus et des policiers bousculés, une église occupée, une prière de rue pour le moins offensive visant à empêcher un événement artistique… Le tout en une seule soirée, samedi 6 juin à Paris, en marge de l’événement culturel annuel Nuit blanche. Bien qu’interdit par les autorités depuis des années, le groupuscule intégriste antisémite Civitas et ses «soldats du Christ» bougent encore. Ces événements sont même le signe que cette ligue dissoute, qui passait sous les radars, reprend du poil de la bête sous le nez des autorités.
Rembobinons. Le temps était maussade samedi à Paris, mais les badauds étaient nombreux pour la Nuit blanche. Comme l’avait annoncé Libé, Civitas avait décidé de gâcher la fête. Cause de son ire : la personnalité de l’artiste choisie pour coordonner l’édition 2026, la DJ Barbara Butch. Vous comprenez, lançait en substance le patron du mouvement, Alain Escada, dans une vidéo : elle a été «élevée dans la religion juive». Il appelait à la mobilisation pour empêcher la tenue de la poignée d’événements organisés dans des lieux de culte catholiques.
«Il faut être dans l’action tous les jours»
Ses troupes sont passées à l’action à l’église Saint-Laurent (Xe arrondissement). Une cinquantaine de militants selon eux, une trentaine selon des témoins, s’y sont réunis pour empêcher une performance sonore de Marie-Luce Nadal. Quitte à se montrer véhéments, montrent des images filmées sur place par l’équipe de l’artiste publiées par Mediapart. Sortis par la police, ils ont bloqué l’entrée en chantant le Je vous salue Marie, provoquant une nouvelle intervention. Un moment «violent» assure Mathieu Goyer, principal relais de Civitas sur place – ce jeune homme vu chez Hanouna est vice-président du paravent parisien du mouvement, «Saint-Geneviève». «Des coups d’ongles» ont été portés par les policiers selon lui.
Des coups, des vrais, ont été distribués. Des plaintes ont été déposées par le député socialiste de la 5e circonscription de Paris, Pouria Amirshahi, la maire socialiste du Xe arrondissement, Alexandra Cordebard, et une de ses collaboratrices. Ils racontent avoir été molestés par les militants intégristes. Six, dont Mathieu Goyer, ont été placés en garde à vue. Une procédure classée sans suite par le parquet car, les victimes n’ayant pu «reconnaître quiconque sur les photographies qui leur ont été présentées», «aucune infraction n’était suffisamment caractérisée».
De son côté, Civitas crie victoire. A peine sorti de garde à vue, lundi 8 juin, Mathieu Goyer a filé à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet occupée illégalement depuis 1977 par les ultras de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Là, il a tourné une vidéo avec le leader d’un autre groupuscule dissous, Yvan Benedetti, qui poursuit lui aussi son militantisme néofasciste et pétainiste sous l’appellation Les Nationalistes.
Goyer s’y dit «content» d’une action contre un événement «sataniste» dont il estime qu’elle «servira de modèle». «J’étais au pèlerinage de Chartres [celui des traditionalistes, ndlr] il y a quinze jours, trois semaines où on a montré que les pèlerins savent être en masse, détaille-t-il. Maintenant il faut être dans l’action tous les jours : on a reçu la confirmation qui nous donne le titre de soldats du Christ, il faut y faire honneur et agir sur le terrain.»
Le jeune militant raconte également que son domicile a été perquisitionné, opération lors de laquelle «tout ce qui est revue Civitas et drapeau Sacré-Cœur» a été «embarqué». Le signe que les autorités sont déterminées à sévir ?
https://www.liberation.fr/politique/civ ... UMOQGZYCY/
Le mouvement intégriste, dissous en 2023, poursuit ses activités sous de nouvelles bannières. Ses membres ont perturbé samedi 6 juin un événement artistique et pris des élus à partie.
Des élus et des policiers bousculés, une église occupée, une prière de rue pour le moins offensive visant à empêcher un événement artistique… Le tout en une seule soirée, samedi 6 juin à Paris, en marge de l’événement culturel annuel Nuit blanche. Bien qu’interdit par les autorités depuis des années, le groupuscule intégriste antisémite Civitas et ses «soldats du Christ» bougent encore. Ces événements sont même le signe que cette ligue dissoute, qui passait sous les radars, reprend du poil de la bête sous le nez des autorités.
Rembobinons. Le temps était maussade samedi à Paris, mais les badauds étaient nombreux pour la Nuit blanche. Comme l’avait annoncé Libé, Civitas avait décidé de gâcher la fête. Cause de son ire : la personnalité de l’artiste choisie pour coordonner l’édition 2026, la DJ Barbara Butch. Vous comprenez, lançait en substance le patron du mouvement, Alain Escada, dans une vidéo : elle a été «élevée dans la religion juive». Il appelait à la mobilisation pour empêcher la tenue de la poignée d’événements organisés dans des lieux de culte catholiques.
«Il faut être dans l’action tous les jours»
Ses troupes sont passées à l’action à l’église Saint-Laurent (Xe arrondissement). Une cinquantaine de militants selon eux, une trentaine selon des témoins, s’y sont réunis pour empêcher une performance sonore de Marie-Luce Nadal. Quitte à se montrer véhéments, montrent des images filmées sur place par l’équipe de l’artiste publiées par Mediapart. Sortis par la police, ils ont bloqué l’entrée en chantant le Je vous salue Marie, provoquant une nouvelle intervention. Un moment «violent» assure Mathieu Goyer, principal relais de Civitas sur place – ce jeune homme vu chez Hanouna est vice-président du paravent parisien du mouvement, «Saint-Geneviève». «Des coups d’ongles» ont été portés par les policiers selon lui.
Des coups, des vrais, ont été distribués. Des plaintes ont été déposées par le député socialiste de la 5e circonscription de Paris, Pouria Amirshahi, la maire socialiste du Xe arrondissement, Alexandra Cordebard, et une de ses collaboratrices. Ils racontent avoir été molestés par les militants intégristes. Six, dont Mathieu Goyer, ont été placés en garde à vue. Une procédure classée sans suite par le parquet car, les victimes n’ayant pu «reconnaître quiconque sur les photographies qui leur ont été présentées», «aucune infraction n’était suffisamment caractérisée».
De son côté, Civitas crie victoire. A peine sorti de garde à vue, lundi 8 juin, Mathieu Goyer a filé à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet occupée illégalement depuis 1977 par les ultras de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Là, il a tourné une vidéo avec le leader d’un autre groupuscule dissous, Yvan Benedetti, qui poursuit lui aussi son militantisme néofasciste et pétainiste sous l’appellation Les Nationalistes.
Goyer s’y dit «content» d’une action contre un événement «sataniste» dont il estime qu’elle «servira de modèle». «J’étais au pèlerinage de Chartres [celui des traditionalistes, ndlr] il y a quinze jours, trois semaines où on a montré que les pèlerins savent être en masse, détaille-t-il. Maintenant il faut être dans l’action tous les jours : on a reçu la confirmation qui nous donne le titre de soldats du Christ, il faut y faire honneur et agir sur le terrain.»
Le jeune militant raconte également que son domicile a été perquisitionné, opération lors de laquelle «tout ce qui est revue Civitas et drapeau Sacré-Cœur» a été «embarqué». Le signe que les autorités sont déterminées à sévir ?
https://www.liberation.fr/politique/civ ... UMOQGZYCY/