Donald Trump s’offre un accord avec l’Iran le jour de ses 80 ans
Posté : 15 juin 2026 06:34
Donald Trump s’offre un accord avec l’Iran le jour de ses 80 ans
Publié le 14/06/2026 à 23h48
Le président américain a annoncé qu’un accord avait enfin été conclu avec Téhéran. Il s’accompagne d’un cessez-le-feu englobant le Liban et sera signé en Suisse le 19 juin.
Un accord avec l’Iran le jour de ses 80 ans, on ne pourrait faire plus trumpien. Le président des Etats-Unis a confirmé ce dimanche 14 juin, quelques heures avant d’assister à un combat de MMA à la Maison Blanche et après deux mois de circonvolutions, que «l’accord avec la République d’Iran est désormais conclu».
Si la parole du milliardaire porte parfois à confusion – il a assuré une quarantaine de fois en deux mois qu’un accord était imminent –, elle confirme cette fois-ci l’annonce quelques minutes plus tôt du médiateur pakistanais. «À l’issue de négociations intensives, nous avons le plaisir d’annoncer que l’accord de paix entre les Etats-Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran a été CONCLU. Les deux parties ont déclaré la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, a écrit sur X le Premier ministre Shehbaz Sharif. La cérémonie officielle de signature aura lieu vendredi 19 juin en Suisse.»
Le président des Etats-Unis s’est ensuite empressé, avant même que l’Iran ne confirme que cet accord de principe mettait «fin immédiatement à la guerre», d’annoncer la réouverture du détroit d’Ormuz «sans droits de passage», la fin du blocus naval américain et d’inviter «les navires du monde entier» à mettre «leurs moteurs en marche» : «Que le pétrole coule à flots !» Le prix du baril a immédiatement commencé à chuter sur les marchés.
Dernières concessions
Se soldent ainsi deux mois d’interminables négociations depuis le cessez-le-feu du 8 avril dernier. Sans que l’on sache pour autant quel est le contenu concret de protocole d’accord qui sera donc signé cette semaine. Les ébauches qui circulaient ces derniers jours laissaient entendre que s’ouvrirait une nouvelle période de 60 jours de cessez-le-feu, incluant visiblement le Liban, lourdement affecté par les attaques incessantes d’Israël contre le Hezbollah. Elles ont d’ailleurs continué jusqu’à ce dimanche jusque dans la banlieue sud de Beyrouth, au point de faire craindre un échec des pourparlers.
Mais, selon la presse américaine, un dernier round de discussions via les différents médiateurs pakistanais et qataris a permis de faire baisser la tension et d’aboutir à un texte accepté par les belligérants. L’agence de presse iranienne Fars affirme même que Donald Trump aurait concédé, alors que Téhéran menaçait de tout annuler en raison des frappes israéliennes, «la préservation de l’intégrité territoriale du Liban, le retrait d’Israël de la frontière libanaise et la levée immédiate du blocus».
La nouvelle phase qui commence doit permettre l’ouverture de négociations techniques pour décider du futur du programme nucléaire iranien ainsi que de la levée des sanctions américaines contre Téhéran.
Le besoin d’en finir
La route vers une résolution totale du conflit semble encore longue. Elle dépend de la bonne volonté d’Israël à retenir ses coups contre ses voisins, tout autant qu’à celle de l’Iran qui, bien que considérablement affaibli, s’est découvert une arme redoutable avec la fermeture du détroit d’Ormuz. Mais pour Donald Trump, embourbé dans cette guerre qu’il a lui-même lancée le 28 février, la réouverture de cet axe où transite 20 % du pétrole mondial relevait désormais d’un impératif de survie politique comme en témoignent ces éventuelles concessions de dernière minute. Elle devrait avoir lieu vendredi selon lui, «afin de le déminer» - ce qui paraît un tantinet optimiste pour ne pas dire surréaliste (le Pentagone avait évalué la durée de ce déminage à six mois).
L’explosion du prix de l’essence à la pompe, à quelques mois d’élections de mi-mandat déjà bien mal engagées, le rendait chaque jour un peu plus impopulaire. Son incapacité à faire plier l’Iran, malgré ses affirmations constantes que les capacités militaires du pays avaient été totalement détruites au moyen d’une dépense hallucinante de missiles qui ont mis les stocks américains dans le rouge, l’ont fait apparaître comme un homme affaibli et un piètre négociateur.
Nul doute qu’il va tenter, dès ce lundi en s’envolant pour la France et le G7 d’Evian, d’inverser le narratif. De se présenter comme le plus grand pacificateur de son temps. En attendant, le voici au bord d’un octogone qu’il a fait installer dans les jardins de la Maison Blanche où des combattants vont se taper dessus pendant plus de quatre heures. Du sang et de la sueur pour célébrer la fin d’une guerre à des milliers de kilomètres, il n’y a décidément que Donald Trump pour y voir une expression de la paix.
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