Lyhanna, Ukraine, IA, canicule… Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron dans «L’Evènement»
Posté : 19 juin 2026 05:52
Le président de la République était ce jeudi soir sur France 2 pour répondre aux questions d’actualité, au lendemain de la fin du G7 d’Evian. Retour sur ses principales déclarations.
Quarante petites minutes pour balayer tous les sujets de l’actualité. Voilà l’exercice auquel s’est prêté ce jeudi soir Emmanuel Macron, interviewé par Caroline Roux dans l’émission de France 2 L’Evènement. De la guerre au Moyen-Orient à celle en Ukraine en passant par la canicule, l’intelligence artificielle ou l’affaire Lyhanna, Libé revient sur les principales choses à retenir de cet entretien présidentiel.
Sur l’accord Iran-Etats-Unis : «Je ne crois pas» que la guerre «soit terminée»
Au lendemain de la fin du G7 d’Evian, Emmanuel Macron a sans surprise été interrogé sur l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis signé devant ses yeux à Versailles. Pour le président de la République, «c’est toujours mieux d’avoir un accord que la guerre». Malgré tout, le locataire de l’Elysée ne veut pas être utopiste, expliquant ne «pas croire du tout» que la guerre «soit totalement terminée» : «On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue.»
Sur Israël qui poursuit sa guerre au Liban : la politique de Nétanyahou «alimente le ressentiment et la violence de la région»
Après les Etats-Unis plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron s’est lui aussi montré très critique à l’égard du gouvernement israélien. Benyamin Nétanyahou «doit faire preuve d’esprit de responsabilité et de rationalité», a-t-il estimé, jugeant que l’offensive contre le Hezbollah au Sud-Liban «est dans la durée contraire aux intérêts d’Israël». «Le Hezbollah est un risque pour Israël, c’est tout à fait vrai», mais la sécurité de l’Etat hébreu «ne peut pas être assurée par la conquête d’un territoire voisin», analyse le président de la République. Pour Emmanuel Macron, la politique du Premier ministre israélien, aussi bien au Liban qu’à Gaza et en Cisjordanie, «alimente le ressentiment, la violence de toutes les populations de la région». Le locataire de l’Elysée a ajouté qu’il allait de nouveau chercher à mobiliser la communauté internationale pour «aider l’armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire».
Sur l’affaire Lyhanna : «Il y avait un continent caché» de violences sexuelles
Un macabre fait divers devenu une affaire d’Etat. Trois semaines après la disparition de Lyhanna qui a fait émerger dans le débat public d’importantes critiques sur la gestion par la justice des violences sexuelles, Emmanuel Macron évoque un «continent caché» et une «libération de la parole». «Il faut mesurer […] qu’on demande à nos forces de plus en plus, et qu’il y avait un continent caché. On a libéré la parole, a-t-il déclaré. On ne doit jamais s’habituer, on doit toujours s’indigner. Mais cette indignation ne doit pas signifier l’impuissance et elle ne doit pas signifier la vindicte.» La mort de la jeune fille a soulevé une immense émotion dans le pays en raison notamment du profil du suspect, jamais poursuivi alors qu’il a été visé par plusieurs plaintes pour agressions et viols sur mineurs.
Sur la guerre en Ukraine : Kyiv a «une vaillance qui stupéfie»
Dans l’ombre de la guerre au Moyen-Orient, le conflit mené par la Russie en Ukraine continue. Après plus de quatre ans de guerre, Kyiv tient toujours, ce qui impressionne Emmanuel Macron : «L’Ukraine résiste avec une vaillance, une capacité d’innovation et de production militaire qui stupéfient depuis le premier jour tout le monde.» Tandis que l’avancée des forces russes sur le front ukrainien a fortement ralenti cette année, les négociations pour essayer de mettre fin au conflit restent dans l’impasse.
Emmanuel Macron estime cependant qu’il y a eu «un vrai changement» au G7 d’Evian, notamment de la part des Etats-Unis. Habituellement réticent à soutenir Kyiv, Donald Trump a assuré lors de ce sommet que la Russie «devrait conclure un accord». Il a aussi affirmé que Washington pourrait rétablir les sanctions contre le pétrole russe, alors que les cours du brut sont en baisse depuis l’annonce d’un accord entre l’Iran et les Etats-Unis. «Je suis convaincu que le président Trump va mettre plus d’engagement pour qu’on puisse collectivement aider l’Ukraine dans cet effort de guerre […] pour se défendre et protéger son sol» et aussi «pour mettre plus de pression sur la Russie, son économie et la ramener à la table des négociations», a martelé Emmanuel Macron sur France 2.
Sur la canicule : «Ce sont des jours difficiles qu’on est en train de vivre»
Voilà quelques jours que la France surchauffe et la vague de chaleur est loin d’être finie. Alors Emmanuel Macron a rappelé quelques consignes élémentaires : «Je veux vraiment inciter tous nos compatriotes qui nous écoutent à la grande vigilance, à la précaution, à prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables comme des enfants et à bien suivre toutes les préconisations du gouvernement […] Parce que ce sont des jours difficiles qu’on est en train de vivre et donc il faut beaucoup se ménager et écouter les conseils.» Le climat fait par ailleurs partie des sujets «sur lesquels on ne sera pas d’accord» avec Donald Trump, a-t-il ajouté.
Sur l’IA : «Moi j’utilise bien sûr l’intelligence artificielle»
Est-ce que parfois les décisions du chef de l’Etat sont dictées par l’intelligence artificielle ? Si on ne le saura probablement jamais, Emmanuel Macron a malgré tout reconnu utiliser le Chat, le chatbot de la start-up française Mistral au quotidien. Mais seulement pour faire des «recherches» et pour «comprendre» : «Moi j’utilise bien sûr l’intelligence artificielle. Pour faire des tas de choses, des recherches, pour améliorer, pour comprendre. Je ne me délègue pas à elle, mais je l’utilise.»
Il défend au passage le Made in France : «J’utilise Le Chat […] Et je pousse tous mes interlocuteurs à le faire, parce que c’est en l’utilisant, avec tout ce qu’on va lui donner, qu’on va continuer à l’entraîner et s’améliorer.» Lancée en juin 2023, l’entreprise française a conçu le chatbot concurrent de ChatGPT. «Je vois beaucoup de gens qui se réveillent dans le débat public : ‘’Il faut faire l’IA.’’ Heureusement qu’on ne les a pas attendus, a-t-il raillé. On est le pays qui a créé le plus d’emplois en matière d’IA, d’Europe […] On est le pays qui a le plus investi sur ce sujet.»
Sur son successeur : «Il faudra reprendre le chantier des retraites»
Alors que la guerre fait rage pour prendre sa succession, Emmanuel Macron n’a pas voulu désigner son poulain dans la course à l’Elysée, assurant simplement «faire confiance» aux Français pour «choisir ce qui est bon pour eux et saisir leur destin». Simplement, que ce soit Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Edouard Philippe ou encore quelqu’un d’autre, il aura la lourde tâche de «reprendre le chantier des retraites» : «C’est indispensable dans un pays qui vieillit.» «Je n’ai pas été suivi en totalité sur la question des retraites», a reconnu celui qui ne souhaitait pas toucher à l’âge de départ, avant finalement d’essayer en force de le faire passer de 62 à 64 ans. «Je le déplore à titre personnel, mais c’est la vie démocratique», a-t-il concédé, tout en soulignant que «notre modèle social doit continuer d’être réformé», faute de quoi le «pays qui a le modèle social le plus généreux du monde» ne «pourra pas avoir une puissance durable».
https://www.liberation.fr/politique/lyh ... 5OZ3STZ3I/
Quarante petites minutes pour balayer tous les sujets de l’actualité. Voilà l’exercice auquel s’est prêté ce jeudi soir Emmanuel Macron, interviewé par Caroline Roux dans l’émission de France 2 L’Evènement. De la guerre au Moyen-Orient à celle en Ukraine en passant par la canicule, l’intelligence artificielle ou l’affaire Lyhanna, Libé revient sur les principales choses à retenir de cet entretien présidentiel.
Sur l’accord Iran-Etats-Unis : «Je ne crois pas» que la guerre «soit terminée»
Au lendemain de la fin du G7 d’Evian, Emmanuel Macron a sans surprise été interrogé sur l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis signé devant ses yeux à Versailles. Pour le président de la République, «c’est toujours mieux d’avoir un accord que la guerre». Malgré tout, le locataire de l’Elysée ne veut pas être utopiste, expliquant ne «pas croire du tout» que la guerre «soit totalement terminée» : «On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue.»
Sur Israël qui poursuit sa guerre au Liban : la politique de Nétanyahou «alimente le ressentiment et la violence de la région»
Après les Etats-Unis plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron s’est lui aussi montré très critique à l’égard du gouvernement israélien. Benyamin Nétanyahou «doit faire preuve d’esprit de responsabilité et de rationalité», a-t-il estimé, jugeant que l’offensive contre le Hezbollah au Sud-Liban «est dans la durée contraire aux intérêts d’Israël». «Le Hezbollah est un risque pour Israël, c’est tout à fait vrai», mais la sécurité de l’Etat hébreu «ne peut pas être assurée par la conquête d’un territoire voisin», analyse le président de la République. Pour Emmanuel Macron, la politique du Premier ministre israélien, aussi bien au Liban qu’à Gaza et en Cisjordanie, «alimente le ressentiment, la violence de toutes les populations de la région». Le locataire de l’Elysée a ajouté qu’il allait de nouveau chercher à mobiliser la communauté internationale pour «aider l’armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire».
Sur l’affaire Lyhanna : «Il y avait un continent caché» de violences sexuelles
Un macabre fait divers devenu une affaire d’Etat. Trois semaines après la disparition de Lyhanna qui a fait émerger dans le débat public d’importantes critiques sur la gestion par la justice des violences sexuelles, Emmanuel Macron évoque un «continent caché» et une «libération de la parole». «Il faut mesurer […] qu’on demande à nos forces de plus en plus, et qu’il y avait un continent caché. On a libéré la parole, a-t-il déclaré. On ne doit jamais s’habituer, on doit toujours s’indigner. Mais cette indignation ne doit pas signifier l’impuissance et elle ne doit pas signifier la vindicte.» La mort de la jeune fille a soulevé une immense émotion dans le pays en raison notamment du profil du suspect, jamais poursuivi alors qu’il a été visé par plusieurs plaintes pour agressions et viols sur mineurs.
Sur la guerre en Ukraine : Kyiv a «une vaillance qui stupéfie»
Dans l’ombre de la guerre au Moyen-Orient, le conflit mené par la Russie en Ukraine continue. Après plus de quatre ans de guerre, Kyiv tient toujours, ce qui impressionne Emmanuel Macron : «L’Ukraine résiste avec une vaillance, une capacité d’innovation et de production militaire qui stupéfient depuis le premier jour tout le monde.» Tandis que l’avancée des forces russes sur le front ukrainien a fortement ralenti cette année, les négociations pour essayer de mettre fin au conflit restent dans l’impasse.
Emmanuel Macron estime cependant qu’il y a eu «un vrai changement» au G7 d’Evian, notamment de la part des Etats-Unis. Habituellement réticent à soutenir Kyiv, Donald Trump a assuré lors de ce sommet que la Russie «devrait conclure un accord». Il a aussi affirmé que Washington pourrait rétablir les sanctions contre le pétrole russe, alors que les cours du brut sont en baisse depuis l’annonce d’un accord entre l’Iran et les Etats-Unis. «Je suis convaincu que le président Trump va mettre plus d’engagement pour qu’on puisse collectivement aider l’Ukraine dans cet effort de guerre […] pour se défendre et protéger son sol» et aussi «pour mettre plus de pression sur la Russie, son économie et la ramener à la table des négociations», a martelé Emmanuel Macron sur France 2.
Sur la canicule : «Ce sont des jours difficiles qu’on est en train de vivre»
Voilà quelques jours que la France surchauffe et la vague de chaleur est loin d’être finie. Alors Emmanuel Macron a rappelé quelques consignes élémentaires : «Je veux vraiment inciter tous nos compatriotes qui nous écoutent à la grande vigilance, à la précaution, à prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables comme des enfants et à bien suivre toutes les préconisations du gouvernement […] Parce que ce sont des jours difficiles qu’on est en train de vivre et donc il faut beaucoup se ménager et écouter les conseils.» Le climat fait par ailleurs partie des sujets «sur lesquels on ne sera pas d’accord» avec Donald Trump, a-t-il ajouté.
Sur l’IA : «Moi j’utilise bien sûr l’intelligence artificielle»
Est-ce que parfois les décisions du chef de l’Etat sont dictées par l’intelligence artificielle ? Si on ne le saura probablement jamais, Emmanuel Macron a malgré tout reconnu utiliser le Chat, le chatbot de la start-up française Mistral au quotidien. Mais seulement pour faire des «recherches» et pour «comprendre» : «Moi j’utilise bien sûr l’intelligence artificielle. Pour faire des tas de choses, des recherches, pour améliorer, pour comprendre. Je ne me délègue pas à elle, mais je l’utilise.»
Il défend au passage le Made in France : «J’utilise Le Chat […] Et je pousse tous mes interlocuteurs à le faire, parce que c’est en l’utilisant, avec tout ce qu’on va lui donner, qu’on va continuer à l’entraîner et s’améliorer.» Lancée en juin 2023, l’entreprise française a conçu le chatbot concurrent de ChatGPT. «Je vois beaucoup de gens qui se réveillent dans le débat public : ‘’Il faut faire l’IA.’’ Heureusement qu’on ne les a pas attendus, a-t-il raillé. On est le pays qui a créé le plus d’emplois en matière d’IA, d’Europe […] On est le pays qui a le plus investi sur ce sujet.»
Sur son successeur : «Il faudra reprendre le chantier des retraites»
Alors que la guerre fait rage pour prendre sa succession, Emmanuel Macron n’a pas voulu désigner son poulain dans la course à l’Elysée, assurant simplement «faire confiance» aux Français pour «choisir ce qui est bon pour eux et saisir leur destin». Simplement, que ce soit Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Edouard Philippe ou encore quelqu’un d’autre, il aura la lourde tâche de «reprendre le chantier des retraites» : «C’est indispensable dans un pays qui vieillit.» «Je n’ai pas été suivi en totalité sur la question des retraites», a reconnu celui qui ne souhaitait pas toucher à l’âge de départ, avant finalement d’essayer en force de le faire passer de 62 à 64 ans. «Je le déplore à titre personnel, mais c’est la vie démocratique», a-t-il concédé, tout en soulignant que «notre modèle social doit continuer d’être réformé», faute de quoi le «pays qui a le modèle social le plus généreux du monde» ne «pourra pas avoir une puissance durable».
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