"Le suicide français" : amenez la corde, Zemmour s’occupe du reste
Posté : 28 juin 2026 06:32
Ben voyons !...
Sur Planète+, le président de Reconquête ! adapte à l’écran son best-seller de 2014 et convoque la culture populaire à l’appui de sa thèse décliniste. Michel Delpech, Balavoine et “Les Valseuses” ? Tous coupables !
« Les opinions, analyses et prises de position exposées dans ce documentaire sont celles de son auteur. » Avant la diffusion des chacun des quatre volets (d’environ 52 minutes) d’« Un suicide français » un prudent panneau explique que le plaidoyer déroulé ici est bien celui d’Éric Zemmour, scénariste et présentateur du programme. Une précision étonnante puisqu’applicable à toute œuvre audiovisuelle. Et partiellement fausse.
Chouchou de Vincent Bolloré, l’ex de « On n’est pas couché » bénéficie de ses subsides, de ses médias et a même eu droit, le 18 juin, au cinéma parisien Mac-Mahon – propriété du patron – pour organiser une avant-première du doc. On peut donc imaginer que « Bollo » partage une (grosse) partie des « opinions, analyses et prises de position » du brûlot diffusé les 23 et 30 juin 2026 sur Planète+, chaîne du groupe Canal+.
Prenez un Prozac avant tout visionnage
« Un suicide français » adapte l’essai éponyme publié en 2014 chez Albin Michel par Zemmour. Écoulé à un demi-million d’exemplaires, il vient d’être réédité par Fayard, maison d’édition appartenant à l’homme d’affaires breton. Le livre défendait la thèse d’un affaiblissement inéluctable de l’État-nation français à partir de 1970.
Sur Planète+, le président de Reconquête ! adapte à l’écran son best-seller de 2014 et convoque la culture populaire à l’appui de sa thèse décliniste. Michel Delpech, Balavoine et “Les Valseuses” ? Tous coupables !
« Les opinions, analyses et prises de position exposées dans ce documentaire sont celles de son auteur. » Avant la diffusion des chacun des quatre volets (d’environ 52 minutes) d’« Un suicide français » un prudent panneau explique que le plaidoyer déroulé ici est bien celui d’Éric Zemmour, scénariste et présentateur du programme. Une précision étonnante puisqu’applicable à toute œuvre audiovisuelle. Et partiellement fausse.
Chouchou de Vincent Bolloré, l’ex de « On n’est pas couché » bénéficie de ses subsides, de ses médias et a même eu droit, le 18 juin, au cinéma parisien Mac-Mahon – propriété du patron – pour organiser une avant-première du doc. On peut donc imaginer que « Bollo » partage une (grosse) partie des « opinions, analyses et prises de position » du brûlot diffusé les 23 et 30 juin 2026 sur Planète+, chaîne du groupe Canal+.
Prenez un Prozac avant tout visionnage
« Un suicide français » adapte l’essai éponyme publié en 2014 chez Albin Michel par Zemmour. Écoulé à un demi-million d’exemplaires, il vient d’être réédité par Fayard, maison d’édition appartenant à l’homme d’affaires breton. Le livre défendait la thèse d’un affaiblissement inéluctable de l’État-nation français à partir de 1970.
Sans surprise, le film débute donc le 9 novembre 1970 avec l’annonce par Georges Pompidou de la mort du général de Gaulle. La voix off du président de Reconquête ! enchaîne pour nous dire que, en apparence, rien n’a changé depuis : « Les jambes des Parisiennes font toujours tourner les têtes. » Mais tout cela n’est qu’une « république Potemkine factice » et « les Français ne reconnaissent plus la France ». Quels Français ? On ne le saura jamais.
Durant les quatre heures qui suivent, Éric Zemmour est filmé se promenant dans Paris devant les lieux de pouvoir où s’est jouée la « plongée dans les eaux glacées de l’individualisme et de la haine de soi » qu’il dénonce. On vous prévient tout de suite, prenez un Prozac avant tout visionnage : le journaliste dresse la potence et vous tend la corde pour en finir. Chaque volet explore une décennie de soi-disant renoncements et lâchetés.
Les années 1970 ? « Une rupture avec l’ordre ancien » à grands coups d’abandon de l’autorité parentale, de divorce, d’IVG, de collège unique et d’immigration familiale. Les 80 ? L’effondrement de la puissance industrielle, la gauche au pouvoir et la mondialisation. Les 90 ? La montée des tensions identitaires, sécuritaires et communautaires. Le XXIe siècle ? « Une entrée dans l’ère de la défiance généralisée. »
Raccourcis faciles et passéisme
Le fautif ? Mai 68 qui a fait des hommes « une seconde mère » et diabolisé l’homme blanc bourgeois. Quand il quitte les rues parisiennes, notre Cassandre regarde tourner les vinyles de Mon fils ma bataille de Daniel Balavoine et des Divorcés de Michel Delpech. Ou il dissèque Les Valseuses sur sa télé.
En entérinant la destruction de la famille et un « amoralisme joyeux », ces œuvres nous ont amené là où nous en sommes nom de dieu ! Bien réalisé et fort d’un très bon travail d’archives, « Un suicide français » pâtit de ces raccourcis faciles, de son passéisme, de sa fixation obsessionnelle sur les immigrés et d’une faculté hors-normes à tordre la réalité au profit de sa théorie.
Ne proposant aucune solution, Zemmour déconsidère son discours en ne trouvant absolument rien de positif dans les cinq décennies écoulées depuis la mort du Général. Mettez-lui un drap sur les épaules et il ressemblera furieusement au prophète Philippulus qui passait Tintin et L’Étoile mystérieuse à annoncer la fin du monde, gong en main. À défaut de provoquer l’apocalypse, le documentaire s’est attiré l’ire de salariés de Canal+.
Dans un communiqué, + Libres regrette « que le groupe et ses salariés se retrouvent, une nouvelle fois, pris en otage par les intérêts idéologiques de notre principal actionnaire, au mépris de notre image, de nos intérêts économiques et des valeurs que ce groupe revendique depuis quarante-deux ans : la diversité et l’ouverture ».
https://www.marianne.net/politique/droi ... e-du-reste
Sur Planète+, le président de Reconquête ! adapte à l’écran son best-seller de 2014 et convoque la culture populaire à l’appui de sa thèse décliniste. Michel Delpech, Balavoine et “Les Valseuses” ? Tous coupables !
« Les opinions, analyses et prises de position exposées dans ce documentaire sont celles de son auteur. » Avant la diffusion des chacun des quatre volets (d’environ 52 minutes) d’« Un suicide français » un prudent panneau explique que le plaidoyer déroulé ici est bien celui d’Éric Zemmour, scénariste et présentateur du programme. Une précision étonnante puisqu’applicable à toute œuvre audiovisuelle. Et partiellement fausse.
Chouchou de Vincent Bolloré, l’ex de « On n’est pas couché » bénéficie de ses subsides, de ses médias et a même eu droit, le 18 juin, au cinéma parisien Mac-Mahon – propriété du patron – pour organiser une avant-première du doc. On peut donc imaginer que « Bollo » partage une (grosse) partie des « opinions, analyses et prises de position » du brûlot diffusé les 23 et 30 juin 2026 sur Planète+, chaîne du groupe Canal+.
Prenez un Prozac avant tout visionnage
« Un suicide français » adapte l’essai éponyme publié en 2014 chez Albin Michel par Zemmour. Écoulé à un demi-million d’exemplaires, il vient d’être réédité par Fayard, maison d’édition appartenant à l’homme d’affaires breton. Le livre défendait la thèse d’un affaiblissement inéluctable de l’État-nation français à partir de 1970.
Sur Planète+, le président de Reconquête ! adapte à l’écran son best-seller de 2014 et convoque la culture populaire à l’appui de sa thèse décliniste. Michel Delpech, Balavoine et “Les Valseuses” ? Tous coupables !
« Les opinions, analyses et prises de position exposées dans ce documentaire sont celles de son auteur. » Avant la diffusion des chacun des quatre volets (d’environ 52 minutes) d’« Un suicide français » un prudent panneau explique que le plaidoyer déroulé ici est bien celui d’Éric Zemmour, scénariste et présentateur du programme. Une précision étonnante puisqu’applicable à toute œuvre audiovisuelle. Et partiellement fausse.
Chouchou de Vincent Bolloré, l’ex de « On n’est pas couché » bénéficie de ses subsides, de ses médias et a même eu droit, le 18 juin, au cinéma parisien Mac-Mahon – propriété du patron – pour organiser une avant-première du doc. On peut donc imaginer que « Bollo » partage une (grosse) partie des « opinions, analyses et prises de position » du brûlot diffusé les 23 et 30 juin 2026 sur Planète+, chaîne du groupe Canal+.
Prenez un Prozac avant tout visionnage
« Un suicide français » adapte l’essai éponyme publié en 2014 chez Albin Michel par Zemmour. Écoulé à un demi-million d’exemplaires, il vient d’être réédité par Fayard, maison d’édition appartenant à l’homme d’affaires breton. Le livre défendait la thèse d’un affaiblissement inéluctable de l’État-nation français à partir de 1970.
Sans surprise, le film débute donc le 9 novembre 1970 avec l’annonce par Georges Pompidou de la mort du général de Gaulle. La voix off du président de Reconquête ! enchaîne pour nous dire que, en apparence, rien n’a changé depuis : « Les jambes des Parisiennes font toujours tourner les têtes. » Mais tout cela n’est qu’une « république Potemkine factice » et « les Français ne reconnaissent plus la France ». Quels Français ? On ne le saura jamais.
Durant les quatre heures qui suivent, Éric Zemmour est filmé se promenant dans Paris devant les lieux de pouvoir où s’est jouée la « plongée dans les eaux glacées de l’individualisme et de la haine de soi » qu’il dénonce. On vous prévient tout de suite, prenez un Prozac avant tout visionnage : le journaliste dresse la potence et vous tend la corde pour en finir. Chaque volet explore une décennie de soi-disant renoncements et lâchetés.
Les années 1970 ? « Une rupture avec l’ordre ancien » à grands coups d’abandon de l’autorité parentale, de divorce, d’IVG, de collège unique et d’immigration familiale. Les 80 ? L’effondrement de la puissance industrielle, la gauche au pouvoir et la mondialisation. Les 90 ? La montée des tensions identitaires, sécuritaires et communautaires. Le XXIe siècle ? « Une entrée dans l’ère de la défiance généralisée. »
Raccourcis faciles et passéisme
Le fautif ? Mai 68 qui a fait des hommes « une seconde mère » et diabolisé l’homme blanc bourgeois. Quand il quitte les rues parisiennes, notre Cassandre regarde tourner les vinyles de Mon fils ma bataille de Daniel Balavoine et des Divorcés de Michel Delpech. Ou il dissèque Les Valseuses sur sa télé.
En entérinant la destruction de la famille et un « amoralisme joyeux », ces œuvres nous ont amené là où nous en sommes nom de dieu ! Bien réalisé et fort d’un très bon travail d’archives, « Un suicide français » pâtit de ces raccourcis faciles, de son passéisme, de sa fixation obsessionnelle sur les immigrés et d’une faculté hors-normes à tordre la réalité au profit de sa théorie.
Ne proposant aucune solution, Zemmour déconsidère son discours en ne trouvant absolument rien de positif dans les cinq décennies écoulées depuis la mort du Général. Mettez-lui un drap sur les épaules et il ressemblera furieusement au prophète Philippulus qui passait Tintin et L’Étoile mystérieuse à annoncer la fin du monde, gong en main. À défaut de provoquer l’apocalypse, le documentaire s’est attiré l’ire de salariés de Canal+.
Dans un communiqué, + Libres regrette « que le groupe et ses salariés se retrouvent, une nouvelle fois, pris en otage par les intérêts idéologiques de notre principal actionnaire, au mépris de notre image, de nos intérêts économiques et des valeurs que ce groupe revendique depuis quarante-deux ans : la diversité et l’ouverture ».
https://www.marianne.net/politique/droi ... e-du-reste