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L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 13:13
par jeandu53
Nicolas Baverez : « L’insoutenable préférence française pour la retraite »
CHRONIQUE - Les retraites sont devenues en France, du fait de la démagogie de la classe politique, l’instrument de la spoliation des jeunes. Au mépris de la compétitivité de notre pays et de son avenir.
Trente-cinq ans après le livre blanc de 1991, le spectre des retraites hante plus que jamais la vie politique française, programmant l’implosion des finances publiques, alimentant la guerre des générations, délégitimant les institutions représentatives. Avec pour symbole le psychodrame de la réforme portée en 2023 par Élisabeth Borne, qui relevait à 64 ans l’âge de départ à la retraite. Votée dans un climat de tensions et de violences, elle a été suspendue par ceux-là mêmes qui en avaient défendu le caractère indispensable - fait sans précédent sous la Ve République, qui restera comme l’une des pires trahisons des quinquennats d’Emmanuel Macron, pourtant fertiles en la matière.
Pour toutes ces raisons, il ne fait aucun doute que la réforme du système de retraite a vocation à se trouver au cœur de la campagne présidentielle de 2027, qui a été présentée comme devant permettre aux citoyens de trancher le débat mis en apesanteur par leurs dirigeants. Mais il n’y a pour l’heure pas plus de campagne que de débat. Et nul ne se préoccupe des retraites comme des finances publiques.
Le contraste est total avec l’Allemagne, où le chancelier, Merz, quand bien même la dette publique est limitée à 63 % du PIB contre 117,5 % en France, a rompu avec l’immobilisme et la procrastination de sa grande coalition pour proposer une réforme majeure du système de retraite.
(...)
Rien de tel en France, où la situation est pourtant critique. Les dépenses de retraite s’élèvent à 422 milliards d’euros, soit 14,1 % du PIB contre 12 % en moyenne dans l’Union, représentant 24,3 % des dépenses publiques. Le système repose sur trois caractéristiques sans équivalent dans les pays développés, qui sont autant d’impasses. La manipulation comptable, tout d’abord : le déficit officiel ressortit à 8 milliards d’euros, mais il ne prend pas en compte quelque 85 milliards de subventions de l’État. Le véritable déficit est donc proche de 100 milliards d’euros - soit la quasi-totalité du déficit autorisé par les critères de Maastricht. Il a généré la moitié des 1300 milliards de dettes accumulés par Emmanuel Macron depuis son élection de 2017.
La générosité extrême des pensions, ensuite, puisque le taux de remplacement atteint 72 % contre 55 % en Allemagne ou 54 % au Royaume-Uni, avec pour effet d’assurer aux retraités un revenu moyen supérieur de 10 % à celui des actifs, ce qui constitue une arme de dissuasion massive contre le travail. Le monopole de la répartition, enfin, qui débouche sur l’accumulation de 12 300 milliards d’euros d’engagements de retraite, qui s’ajoutent aux 3 500 milliards de dette publique dans le passif de l’État.
La France est donc devant un choix très clair. Soit réformer le système des retraites pour assurer sa stabilité. Soit programmer à bref délai un choc financier majeur, du type de celui subi par l’Italie en 2011
Cette exception française des retraites est devenue insoutenable. Insoutenabilité démographique, avec, pour la première fois depuis 1945, 6000 décès de plus que les naissances en 2025 et une fécondité en chute libre ramenée à 1,56 enfant par femme ; en 2026, les plus de 65 ans seront aussi nombreux que les moins de 20 ans, ne laissant que 1,6 actif par retraité contre 4 pour 1 en 1945. Insoutenabilité économique avec une croissance très faible, une productivité stagnante depuis dix ans, un taux d’emploi limité à 69,5 % contre 77,5 % en Allemagne, un chômage structurel touchant près de 10 % de la population active. Insoutenabilité financière avec une dette de 117,5 % du PIB, dont le service explose avec la hausse des taux, mobilisant 77 milliards d’euros en 2026 et plus de 100 milliards dès 2029. Insoutenabilité opérationnelle avec la cannibalisation des missions régaliennes de l’État, réduites à 3,6 % du PIB, mais aussi de l’enseignement, puisque 30 des 90 milliards de dépenses éducatives sont affectées aux pensions des enseignants. Insoutenabilité politique et sociale avec la spoliation des générations futures et l’alimentation des colères qui fournissent le terreau du populisme.
La France est donc devant un choix très clair. Soit réformer le système des retraites pour assurer sa stabilité. Soit programmer à bref délai un choc financier majeur, du type de celui subi par l’Italie en 2011.
Le sauvetage du système des retraites passe par des mesures qui lui sont propres, mais aussi par son insertion dans un projet de redressement de l’économie française et de reprise de contrôle des finances publiques. La première priorité consiste à rétablir la vérité des comptes en faisant la transparence sur l’ampleur des transferts de l’État. Le rééquilibrage du système de répartition implique d’associer la désindexation partielle et ciblée des pensions d’une part, le relèvement de l’âge de départ à la retraite en fonction de la progression de l’espérance de vie. Simultanément, les inégalités entre les régimes devront être fortement réduites, particulièrement entre secteur privé et secteur public. Enfin, le socle de la répartition a vocation à être complété par la mise en place d’une retraite par capitalisation, dont la gestion pourrait être confiée aux partenaires sociaux - à l’image de l’Agirc-Arrco, dont le pilotage s’avère bien plus performant et responsable que celui du régime général. La création d’un régime de capitalisation - que préfigure la réussite du PER, qui compte plus de 13 millions de contrats portant sur 150 milliards d’euros - constitue par ailleurs un levier décisif.
Les retraites sont devenues en France, du fait de la démagogie de la classe politique, l’instrument de la spoliation des jeunes et de la perte de la maîtrise de notre destin. Elles symbolisent l’effondrement d’une nation qui refuse d’investir, d’innover et de se transformer pour répondre aux défis du XXIe siècle, préférant vivre dans le passé et se ruiner pour le sanctuariser, donnant tout aux pensions et rien aux berceaux. Érigeons les retraites en laboratoire d’un nouveau pacte entre les générations comme entre l’État, les entreprises et les citoyens, au service de la compétitivité, de la sécurité et de la souveraineté de la France.
SOURCE :
https://www.lefigaro.fr/vox/economie/ni ... e-20260627
L'article est peut-être un peu long pour ceux d'entre vous qui préfèrent quand il y a des images ou des dessins, ou quand ça parle du RN. Mais pourtant, il rappelle et décrit une situation très importante : la France consacre un effort financier démesuré pour le financement des retraites, et c'est au détriment des jeunes, de notre économie, de l'avenir.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 13:14
par Fonck1
le problème n'a jamais été les retraites, le problème, c'est le travail, les cotisations, a natalité, et la durée de cotisation.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 13:23
par jeandu53
Non, le problème, c'est aussi, et surtout, le niveau général des pensions. Si les pensions étaient plus faibles, on économiserait facilement 30 ou 40 milliards d'euros. Avec de telles économies, on pourrait réduire le taux de cotisation et réduire aussi les déficits, voire investir dans des secteurs d'avenir.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 14:13
par Cépajuste
Je l'ai déjà dit, je le répète : le chiffre de 100 milliards de déficit est faux : le COR calcule un déficit de 8 à 10 milliards d'euros. Les 85 milliards de subventions sont des compensations d'exonérations, des transferts entre régimes, des financements de solidarité. Ce ne sont pas des déficits, mais des contributions normales de l'état. Si Baverez propose de les supprimer, ça veut dire qu'on supprime le minimum vieillesse et les exonérations accordées aux entreprises, mais ça ne concerne pas le régime de base de l'assurance vieillesse.
Lorsque Baverez parle de "spoliation des jeunes", c'est un jugement politique, pas un constat économique. Le système français est intergénérationnel : les actifs financent les retraités, mais les retraités ont financé les actifs avant eux. Le vrai problème est l’équité entre générations, pas une "spoliation".
"Revenus des retraités supérieurs : arme de dissuasion massive contre le travail" dit Baverez. C'est discutable, car le taux d’emploi faible en France vient surtout du chômage structurel, de la faible insertion des jeunes, et du faible emploi des seniors. Le niveau des pensions n'est qu'un facteur secondaire.
Son diagnostic est orienté, et certains chiffres sont interprétés de manière maximaliste pour soutenir une thèse politique : la France serait en train de sacrifier son avenir pour préserver les retraités.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 14:21
par Legivre
Avant Miterrant le départ à la retraite était 65 ans et maintenant on veut revenir à 62 ans dans les autres pays de l'Europe le départ à taux plein est à 68 voir 70qns.
J'ai personnellement pris ma retraite à 65ans et n'en suit pas mort Ma retraite séçu plus complémentaire représente 75% de mon salaire.
On ne gagne pas plus en retraite qu'en travaillant
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 14:45
par Cépajuste
Les dépenses de retraite s’élèvent à 422 milliards d’euros, soit 14,1 % du PIB contre 12 % en moyenne dans l’Union
Ce qu'oublie de dire Baverez, c'est qu'Eurostat ne prend en compte que la retraite publique par répartition. Mais si on ajoute la retraite par capitalisation, la France est dans la moyenne européenne avec 14 % du PIB.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 15:01
par jeandu53
Cépajuste a écrit : 28 juin 2026 14:13
Je l'ai déjà dit, je le répète : le chiffre de 100 milliards de déficit est faux : le COR calcule un déficit de 8 à 10 milliards d'euros. Les 85 milliards de subventions sont des compensations d'exonérations, des transferts entre régimes, des financements de solidarité. Ce ne sont pas des déficits, mais des contributions normales de l'état. Si Baverez propose de les supprimer, ça veut dire qu'on supprime le minimum vieillesse et les exonérations accordées aux entreprises, mais ça ne concerne pas le régime de base de l'assurance vieillesse.
Dans votre logique, s'il y a des déficits, c'est parce que les cotisations ne sont pas assez élevées. Pourtant, les cotisations sont déjà très élevées. Donc non, les 85 milliards d'euros de compensation ne sont pas des "contributions normales". Ils sont l'expression d'un besoin de financement très lourd.
Lorsque Baverez parle de "spoliation des jeunes", c'est un jugement politique, pas un constat économique. Le système français est intergénérationnel : les actifs financent les retraités, mais les retraités ont financé les actifs avant eux. Le vrai problème est l’équité entre générations, pas une "spoliation".
Les retraités actuels ont cotisé, mais pas du tout dans les mêmes conditions. Aujourd'hui, on demande aux actifs de se saigner pour financer le train de vie de gens qui, en moyenne, vivent mieux qu'eux. Donc oui, le terme "spoliation" procède d'un jugement moral, mais il me semble tout à fait exact.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 15:10
par Cépajuste
jeandu53 a écrit : 28 juin 2026 15:01
Cépajuste a écrit : 28 juin 2026 14:13
Je l'ai déjà dit, je le répète : le chiffre de 100 milliards de déficit est faux : le COR calcule un déficit de 8 à 10 milliards d'euros. Les 85 milliards de subventions sont des compensations d'exonérations, des transferts entre régimes, des financements de solidarité. Ce ne sont pas des déficits, mais des contributions normales de l'état. Si Baverez propose de les supprimer, ça veut dire qu'on supprime le minimum vieillesse et les exonérations accordées aux entreprises, mais ça ne concerne pas le régime de base de l'assurance vieillesse.
Dans votre logique, s'il y a des déficits, c'est parce que les cotisations ne sont pas assez élevées. Pourtant, les cotisations sont déjà très élevées. Donc non, les 85 milliards d'euros de compensation ne sont pas des "contributions normales". Ils sont l'expression d'un besoin de financement très lourd.
Un besoin de financement qui ne relève pas du régime de l'assurance vieillesse, mais de la solidarité d'une part, et des choix d'accorder des exonérations aux entreprises d'autre part.
Contributions, cotisations, déficits, ce sont des choses bien différentes. Présenter ces 100 milliards comme du déficit n'est tout simplement pas honnête.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 18:00
par jeandu53
Cépajuste a écrit : 28 juin 2026 15:10
jeandu53 a écrit : 28 juin 2026 15:01
Dans votre logique, s'il y a des déficits, c'est parce que les cotisations ne sont pas assez élevées. Pourtant, les cotisations sont déjà très élevées. Donc non, les 85 milliards d'euros de compensation ne sont pas des "contributions normales". Ils sont l'expression d'un besoin de financement très lourd.
Un besoin de financement qui ne relève pas du régime de l'assurance vieillesse, mais de la solidarité d'une part, et des choix d'accorder des exonérations aux entreprises d'autre part.
Contributions, cotisations, déficits, ce sont des choses bien différentes. Présenter ces 100 milliards comme du déficit n'est tout simplement pas honnête.
Au contraire : ces subventions d'équilibre versées par l'Etat signifient clairement que, pour équilibrer le système, il faudrait, soit augmenter le niveau global des cotisations de 85 milliards, soit baisser le niveau des pensions pour le même montant. Cela montre que les besoins de financement sont énormes.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 18:19
par Corvo
jeandu53 a écrit : 28 juin 2026 13:13
Nicolas Baverez : « L’insoutenable préférence française pour la retraite »
CHRONIQUE - Les retraites sont devenues en France, du fait de la démagogie de la classe politique, l’instrument de la spoliation des jeunes. Au mépris de la compétitivité de notre pays et de son avenir.
Trente-cinq ans après le livre blanc de 1991, le spectre des retraites hante plus que jamais la vie politique française, programmant l’implosion des finances publiques, alimentant la guerre des générations, délégitimant les institutions représentatives. Avec pour symbole le psychodrame de la réforme portée en 2023 par Élisabeth Borne, qui relevait à 64 ans l’âge de départ à la retraite. Votée dans un climat de tensions et de violences, elle a été suspendue par ceux-là mêmes qui en avaient défendu le caractère indispensable - fait sans précédent sous la Ve République, qui restera comme l’une des pires trahisons des quinquennats d’Emmanuel Macron, pourtant fertiles en la matière.
Pour toutes ces raisons, il ne fait aucun doute que la réforme du système de retraite a vocation à se trouver au cœur de la campagne présidentielle de 2027, qui a été présentée comme devant permettre aux citoyens de trancher le débat mis en apesanteur par leurs dirigeants. Mais il n’y a pour l’heure pas plus de campagne que de débat. Et nul ne se préoccupe des retraites comme des finances publiques.
Le contraste est total avec l’Allemagne, où le chancelier, Merz, quand bien même la dette publique est limitée à 63 % du PIB contre 117,5 % en France, a rompu avec l’immobilisme et la procrastination de sa grande coalition pour proposer une réforme majeure du système de retraite.
(...)
Rien de tel en France, où la situation est pourtant critique. Les dépenses de retraite s’élèvent à 422 milliards d’euros, soit 14,1 % du PIB contre 12 % en moyenne dans l’Union, représentant 24,3 % des dépenses publiques. Le système repose sur trois caractéristiques sans équivalent dans les pays développés, qui sont autant d’impasses. La manipulation comptable, tout d’abord : le déficit officiel ressortit à 8 milliards d’euros, mais il ne prend pas en compte quelque 85 milliards de subventions de l’État. Le véritable déficit est donc proche de 100 milliards d’euros - soit la quasi-totalité du déficit autorisé par les critères de Maastricht. Il a généré la moitié des 1300 milliards de dettes accumulés par Emmanuel Macron depuis son élection de 2017.
La générosité extrême des pensions, ensuite, puisque le taux de remplacement atteint 72 % contre 55 % en Allemagne ou 54 % au Royaume-Uni, avec pour effet d’assurer aux retraités un revenu moyen supérieur de 10 % à celui des actifs, ce qui constitue une arme de dissuasion massive contre le travail. Le monopole de la répartition, enfin, qui débouche sur l’accumulation de 12 300 milliards d’euros d’engagements de retraite, qui s’ajoutent aux 3 500 milliards de dette publique dans le passif de l’État.
La France est donc devant un choix très clair. Soit réformer le système des retraites pour assurer sa stabilité. Soit programmer à bref délai un choc financier majeur, du type de celui subi par l’Italie en 2011
Cette exception française des retraites est devenue insoutenable. Insoutenabilité démographique, avec, pour la première fois depuis 1945, 6000 décès de plus que les naissances en 2025 et une fécondité en chute libre ramenée à 1,56 enfant par femme ; en 2026, les plus de 65 ans seront aussi nombreux que les moins de 20 ans, ne laissant que 1,6 actif par retraité contre 4 pour 1 en 1945. Insoutenabilité économique avec une croissance très faible, une productivité stagnante depuis dix ans, un taux d’emploi limité à 69,5 % contre 77,5 % en Allemagne, un chômage structurel touchant près de 10 % de la population active. Insoutenabilité financière avec une dette de 117,5 % du PIB, dont le service explose avec la hausse des taux, mobilisant 77 milliards d’euros en 2026 et plus de 100 milliards dès 2029. Insoutenabilité opérationnelle avec la cannibalisation des missions régaliennes de l’État, réduites à 3,6 % du PIB, mais aussi de l’enseignement, puisque 30 des 90 milliards de dépenses éducatives sont affectées aux pensions des enseignants. Insoutenabilité politique et sociale avec la spoliation des générations futures et l’alimentation des colères qui fournissent le terreau du populisme.
La France est donc devant un choix très clair. Soit réformer le système des retraites pour assurer sa stabilité. Soit programmer à bref délai un choc financier majeur, du type de celui subi par l’Italie en 2011.
Le sauvetage du système des retraites passe par des mesures qui lui sont propres, mais aussi par son insertion dans un projet de redressement de l’économie française et de reprise de contrôle des finances publiques. La première priorité consiste à rétablir la vérité des comptes en faisant la transparence sur l’ampleur des transferts de l’État. Le rééquilibrage du système de répartition implique d’associer la désindexation partielle et ciblée des pensions d’une part, le relèvement de l’âge de départ à la retraite en fonction de la progression de l’espérance de vie. Simultanément, les inégalités entre les régimes devront être fortement réduites, particulièrement entre secteur privé et secteur public. Enfin, le socle de la répartition a vocation à être complété par la mise en place d’une retraite par capitalisation, dont la gestion pourrait être confiée aux partenaires sociaux - à l’image de l’Agirc-Arrco, dont le pilotage s’avère bien plus performant et responsable que celui du régime général. La création d’un régime de capitalisation - que préfigure la réussite du PER, qui compte plus de 13 millions de contrats portant sur 150 milliards d’euros - constitue par ailleurs un levier décisif.
Les retraites sont devenues en France, du fait de la démagogie de la classe politique, l’instrument de la spoliation des jeunes et de la perte de la maîtrise de notre destin. Elles symbolisent l’effondrement d’une nation qui refuse d’investir, d’innover et de se transformer pour répondre aux défis du XXIe siècle, préférant vivre dans le passé et se ruiner pour le sanctuariser, donnant tout aux pensions et rien aux berceaux. Érigeons les retraites en laboratoire d’un nouveau pacte entre les générations comme entre l’État, les entreprises et les citoyens, au service de la compétitivité, de la sécurité et de la souveraineté de la France.
SOURCE :
https://www.lefigaro.fr/vox/economie/ni ... e-20260627
L'article est peut-être un peu long pour ceux d'entre vous qui préfèrent quand il y a des images ou des dessins, ou quand ça parle du RN. Mais pourtant, il rappelle et décrit une situation très importante : la France consacre un effort financier démesuré pour le financement des retraites, et c'est au détriment des jeunes, de notre économie, de l'avenir.
Z'inquiétez pas une fois arrivé au pouvoir le RN va s'occuper de tout ça.

Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 18:41
par jeandu53
Et non, justement, le RN ne fera rien. Comme je l'ai déjà dit à maintes reprises, le RN est un parti qui, dans sa quête de normalisation, se banalise.
Cela vaut pour certains sujets de société tels que la peine de mort (on en a parlé dans un autre fil), mais cela vaut aussi sur l'économie (on a beaucoup parlé des inflexions de Bardella), et cela vaut notamment pour les retraites.
Pour rappel, lors des discussions sur la dernière loi de finances, les députés RN se sont opposés à la tentative du gouvernement de désindexation des pensions, ils ont même menacé de voter une motion de censure si le gouvernement persistait. Donc sur les retraites, le RN ne fera rien de révolutionnaire : on a compris qu'il ne reviendra pas sur les mesures d'âge, mais on sait aussi qu'il ne fera rien qui puisse déplaire aux retraités.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 19:10
par Cépajuste
jeandu53 a écrit : 28 juin 2026 18:00
Au contraire : ces subventions d'équilibre versées par l'Etat signifient clairement que, pour équilibrer le système, il faudrait, soit augmenter le niveau global des cotisations de 85 milliards, soit baisser le niveau des pensions pour le même montant. Cela montre que les besoins de financement sont énormes.
Non, ce n'est pas
"pour équilibrer le système" que l'État verse ces dotations, mais pour financer des choix politiques qui ne doivent pas être supportés par les cotisants.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 19:12
par papibilou
La retraite est un élément majeur des problèmes financiers de notre pays. Ce n'est pas le seul.
- faire baisser les bonnes pensions actuelles, on le sait, on le comprend, permettra de réduire le déficit.
- faire baisser les futures pensions aussi, en donnant un âge pivot de 64 ans et une baisse de 10% par année si on part avant.
- mais c'est tout le système social qui pose problème: la santé, le chômage. Donc par exemple réduire la durée d'indemnisation du chômage alors que 500 000 emplois ne sont pas pourvus peut sembler logique.
- mais les aides aux entreprises, estimées par certains à plus de 200 milliards peuvent et doivent être réduites. Si on ne dépense " que" 150 milliards au lieu de 200, on récupère 1 tiers du déficit annuel.
Bref tout un programme présidentiel.
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 20:14
par le chimple
jeandu53 a écrit : 28 juin 2026 13:23
Non, le problème, c'est aussi, et surtout, le niveau général des pensions. Si les pensions étaient plus faibles, on économiserait facilement 30 ou 40 milliards d'euros. Avec de telles économies, on pourrait réduire le taux de cotisation et réduire aussi les déficits, voire investir dans des secteurs d'avenir.
Pas trop d'accord sur la réduction des pensions .
On va commencer par la décision suicidaire à des fins électoralistes de faire voter la retraite à 60 ans pour tous , alors que cette décision aurait été réservée aux métiers pénibles , qui quand à eux méritent de prendre la retraite à 60 ans !
Nous en serions pas là !
Ensuite vient se greffer , toujours à cause de la gauche suicidaire , les 35 heures et les RTT !
On ne bosse pas assez longtemps en France !
Il suffit de regarder la majorité des autres pays européens !
Oui pour faire des économies , principalement dans certains pans du social , dans le mille feuille administratif ( doublons ) , et dans ces administrations , se consacrer au métier , dégraisser la bureaucratie et enfin , revoir les privilèges des élus , des ex élus et leur nombre !
Faut il parler de sujets qui fâchent comme la retraite par capitalisation ??
On y vient avec de plus en plus de retraites " complémentaires " privées !
Re: L’insoutenable préférence française pour la retraite
Posté : 28 juin 2026 20:27
par Fonck1
ne vous inquiétez pas, contrairement à ce qu'ils disent, le RN va s'en occuper.
il va s'occuper de vos retraites....pour se les mettre dans les poches, ils ne savent faire que ça.