Jean-Luc Mélenchon propose de refaire la carte des régions, voici ce que cache son redécoupage
Posté : 02 juillet 2026 16:06
"Le candidat de La France insoumise propose de supprimer les régions actuelles pour en créer de nouvelles, imaginées autour des fleuves et des rivières.
Par Marceau Taburet
Fini l’Île-de-France, les Pays de la Loire, la Normandie et les Hauts-de-France ? La carte de France pourrait bien changer si Jean-Luc Mélenchon remporte l’élection présidentielle de 2027. Le candidat de La France insoumise propose de remettre la carte des régions totalement à plat, de supprimer celles existantes et d’en créer de nouvelles.
« Les régions actuelles sont issues de l’ancien monde. Elles n’ont aucun sens », a-t-il expliqué ce jeudi lors d’une conférence de presse. L’idée avait été évoquée pour la première fois lors du meeting de Saint-Denis le 6 juin, où il avait créé la surprise car il s’agit d’une proposition nouvelle, imaginée depuis longtemps par des hydrologues, des géographes, des chercheurs et des collectifs mais rarement abordée par des responsables politiques.
Mélenchon veut lier les régions à l’eau
Pour Jean-Luc Mélenchon, les nouvelles régions doivent être bâties autour des cours d’eau (fleuves, rivières…). Un point de départ rendu, selon lui, nécessaire par la crise climatique. « L’éco-région inscrit, dans l’organisation de l’État, le fait qu’on prenne en charge dans la durée la gestion de la crise écologique et de la crise climatique », a-t-il assuré, rappelant que « la plupart des départements français portent le nom de rivière ». « Toutes les villes se sont construites autour de leur cours d’eau ».
Le candidat n’a pas dévoilé le nom qu’il souhaiterait donner aux nouvelles régions, ni détaillé le processus qui mènerait au changement. Concrètement, les nouvelles régions, un peu moins nombreuses qu’actuellement, se construiraient autour des bassins-versants, au nombre de six. Il s’agit de zones géographiques au sein desquelles l’écoulement de l’eau converge vers un fleuve, puis vers un estuaire. Par exemple, une nouvelle grande région est imaginée autour de Paris, incluant aussi bien Cherbourg à l’ouest que Troyes ou Auxerre à l’est. L’idée : respecter le tracé de la Loire.
« Les régions actuelles reposent sur un modèle de compétitivité des territoires. Elles ont été conçues sur un ancien modèle : c’est tout le charabia du néolibéralisme », regrette Jean-Luc Mélenchon. Le découpage imaginé par François Hollande en 2014 repose avant tout sur des considérations administratives et politiques. Il fallait par exemple que Nantes et Rennes ne soient pas dans la même région, malgré certaines demandes, pour ne pas mettre les deux villes en concurrence et faire perdre à l’une son statut de métropole.
Selon les députés Claire Lejeune et Gabriel Amard, qui mènent la réflexion sur le sujet au sein de La France insoumise, la réforme Hollande avait « pour but de favoriser “l’attractivité”, “la compétitivité” et “la puissance économique” face au marché européen ». Mais pour Jean-Luc Mélenchon, le dérèglement climatique impose de changer de logiciel. « L’impératif écologique n’est plus négociable », estime-t-il, convaincu que les nouvelles régions seront « en première ligne » pour « alerter, proposer et mettre en œuvre la bifurcation écologique ».
Quid du sentiment d’appartenance régionale ?
Car en plus de redessiner leurs frontières, l’ex-député des Bouches-du-Rhône propose de redéfinir les missions et les compétences des régions. Elles seraient chargées de veiller à « la qualité des terres », à « la pollution des eaux » ou à l’utilisation des pesticides. « La protection de l’eau est beaucoup plus facile si vous embrassez, dans une même unité territoriale, les acteurs de l’amont et les conséquences de l’aval », défend Claire Lejeune auprès de franceinfo.
Ce n’est pas vraiment une surprise de voir Jean-Luc Mélenchon s’emparer de ce sujet, puisque lors de la dernière campagne présidentielle, il avait tenté de mettre en lumière la raréfaction de l’eau. Sans vraiment y parvenir. « L’eau est le cycle central de la vie des êtres humains et de la biodiversité », a-t-il encore expliqué jeudi. Assurant qu’il fallait acter « la centralité de l’eau » dans la prise de décision politique.
Reste que le projet est encore balbutiant… et se heurtera inévitablement à des réticences. Si Jean-Luc Mélenchon était élu Président, il verrait se dresser face à lui de nombreux opposants, l’appartenance à une région plutôt qu’à une autre suscitant toujours de gros débats. En Bretagne, en Alsace ou dans le Nord, et de manière générale partout où il existe un sentiment de fierté régionale, les nouveaux tracés pourraient crisper. Regrouper Bordeaux et Toulouse au sein d’une même région, ou au contraire séparer Marseille et Nice, ne se fera pas sans une levée de boucliers d’habitants et d’élus locaux. En attendant, le débat est ouvert."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 82221.html
Par Marceau Taburet
Fini l’Île-de-France, les Pays de la Loire, la Normandie et les Hauts-de-France ? La carte de France pourrait bien changer si Jean-Luc Mélenchon remporte l’élection présidentielle de 2027. Le candidat de La France insoumise propose de remettre la carte des régions totalement à plat, de supprimer celles existantes et d’en créer de nouvelles.
« Les régions actuelles sont issues de l’ancien monde. Elles n’ont aucun sens », a-t-il expliqué ce jeudi lors d’une conférence de presse. L’idée avait été évoquée pour la première fois lors du meeting de Saint-Denis le 6 juin, où il avait créé la surprise car il s’agit d’une proposition nouvelle, imaginée depuis longtemps par des hydrologues, des géographes, des chercheurs et des collectifs mais rarement abordée par des responsables politiques.
Mélenchon veut lier les régions à l’eau
Pour Jean-Luc Mélenchon, les nouvelles régions doivent être bâties autour des cours d’eau (fleuves, rivières…). Un point de départ rendu, selon lui, nécessaire par la crise climatique. « L’éco-région inscrit, dans l’organisation de l’État, le fait qu’on prenne en charge dans la durée la gestion de la crise écologique et de la crise climatique », a-t-il assuré, rappelant que « la plupart des départements français portent le nom de rivière ». « Toutes les villes se sont construites autour de leur cours d’eau ».
Le candidat n’a pas dévoilé le nom qu’il souhaiterait donner aux nouvelles régions, ni détaillé le processus qui mènerait au changement. Concrètement, les nouvelles régions, un peu moins nombreuses qu’actuellement, se construiraient autour des bassins-versants, au nombre de six. Il s’agit de zones géographiques au sein desquelles l’écoulement de l’eau converge vers un fleuve, puis vers un estuaire. Par exemple, une nouvelle grande région est imaginée autour de Paris, incluant aussi bien Cherbourg à l’ouest que Troyes ou Auxerre à l’est. L’idée : respecter le tracé de la Loire.
« Les régions actuelles reposent sur un modèle de compétitivité des territoires. Elles ont été conçues sur un ancien modèle : c’est tout le charabia du néolibéralisme », regrette Jean-Luc Mélenchon. Le découpage imaginé par François Hollande en 2014 repose avant tout sur des considérations administratives et politiques. Il fallait par exemple que Nantes et Rennes ne soient pas dans la même région, malgré certaines demandes, pour ne pas mettre les deux villes en concurrence et faire perdre à l’une son statut de métropole.
Selon les députés Claire Lejeune et Gabriel Amard, qui mènent la réflexion sur le sujet au sein de La France insoumise, la réforme Hollande avait « pour but de favoriser “l’attractivité”, “la compétitivité” et “la puissance économique” face au marché européen ». Mais pour Jean-Luc Mélenchon, le dérèglement climatique impose de changer de logiciel. « L’impératif écologique n’est plus négociable », estime-t-il, convaincu que les nouvelles régions seront « en première ligne » pour « alerter, proposer et mettre en œuvre la bifurcation écologique ».
Quid du sentiment d’appartenance régionale ?
Car en plus de redessiner leurs frontières, l’ex-député des Bouches-du-Rhône propose de redéfinir les missions et les compétences des régions. Elles seraient chargées de veiller à « la qualité des terres », à « la pollution des eaux » ou à l’utilisation des pesticides. « La protection de l’eau est beaucoup plus facile si vous embrassez, dans une même unité territoriale, les acteurs de l’amont et les conséquences de l’aval », défend Claire Lejeune auprès de franceinfo.
Ce n’est pas vraiment une surprise de voir Jean-Luc Mélenchon s’emparer de ce sujet, puisque lors de la dernière campagne présidentielle, il avait tenté de mettre en lumière la raréfaction de l’eau. Sans vraiment y parvenir. « L’eau est le cycle central de la vie des êtres humains et de la biodiversité », a-t-il encore expliqué jeudi. Assurant qu’il fallait acter « la centralité de l’eau » dans la prise de décision politique.
Reste que le projet est encore balbutiant… et se heurtera inévitablement à des réticences. Si Jean-Luc Mélenchon était élu Président, il verrait se dresser face à lui de nombreux opposants, l’appartenance à une région plutôt qu’à une autre suscitant toujours de gros débats. En Bretagne, en Alsace ou dans le Nord, et de manière générale partout où il existe un sentiment de fierté régionale, les nouveaux tracés pourraient crisper. Regrouper Bordeaux et Toulouse au sein d’une même région, ou au contraire séparer Marseille et Nice, ne se fera pas sans une levée de boucliers d’habitants et d’élus locaux. En attendant, le débat est ouvert."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 82221.html