L'imposture du RN
Posté : 17 juillet 2026 13:31
Je vous invite à lire l'article ci-dessous dévoilant l'imposture du programme du RN. Je copie-colle la fin de l'article qui résume très bien tout le reste :
"Des mesures qui augmenteraient les inégalités sociales
Reste que l’imposture est totale !
À l’Assemblée nationale, les positions du RN sont claires. Dès le début de leur mandat, ses députés ont par exemple voté contre l’augmentation du Smic (20 juillet 2023), contre l’indexation des salaires sur l’inflation (20 juillet 2023), contre le gel des loyers (21 juillet 2023), contre le rétablissement de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) (23 juillet 2023). À la même période, ils se sont abstenus sur la création d’une garantie d’autonomie pour les étudiants (25 juillet 2023) ou sur la revalorisation des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté (25 juillet 2023), ainsi que sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires de 10% (26 juillet 2023)7.
Quant aux mesures sociales avancées par le RN, elles sont autant de leurres. Dans la proposition 5 du programme du parti d’extrême droite pour l’élection présidentielle de 2022, il entend permettre aux entreprises d’augmenter les salaires de 10% en les exonérant de cotisations patronales (pour les salaires allant jusqu’à trois fois le Smic). Or, non seulement elle serait facultative, laissée au libre choix de chaque entreprise, mais en plus elle repose sur des exonérations de cotisation, ce qui aurait un coût important pour les finances publiques tout en créant une trappe à bas salaires.
Le RN propose également un ensemble de mesures visant à soutenir les propriétaires fonciers, alors que l’accès au patrimoine est aujourd’hui la principale source d’inégalités8. Cela se retrouve dans sa proposition 16 de suppression de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), comme dans sa proposition 17 consistant à lancer un plan de réhabilitation de l’habitat ancien grâce à des aides efficaces ou à créer un fonds de garantie des loyers pour protéger les propriétaires. Toutes ces propositions visent les populations les plus aisées et non les plus précaires.
S’agissant des jeunes, le RN ne propose pas – là encore – de soutenir les plus vulnérables mais bien les plus aisés. Dans sa proposition 7, il promet l’exonération d’impôt sur le revenu de tous les jeunes actifs jusqu’à 30 ans, ainsi que la suppression de l’impôt sur les sociétés pour les entrepreneurs de moins de 30 ans pendant les cinq premières années, au motif qu’il y aurait dans les deux cas un risque de départ à l’étranger. Pour les jeunes en insertion, il s’engage à créer un chèque-formation mensuel de 200 à 300 euros pour les apprentis, les alternants et leurs employeurs, ce qui dans les faits revient à subventionner les entreprises.
En matière de retraites, les avancées sont très limitées voire floues. Le RN prévoit une réindexation des retraites sur l’inflation, qui bénéficierait surtout – et encore une fois – aux plus aisés. La revalorisation du minimum vieillesse ne serait que de 10%. Quant au départ à la retraite à 60 ans, il est réservé aux personnes qui ont travaillé avant 20 ans et ce pendant quarante annuités. Enfin, s’agissant des Ehpad, il annonce une croissance forte de la présence de personnel médical, sans donner de chiffre. Ce flou se retrouve dans plusieurs des propositions concernant le handicap, à l’instar d’un grand plan sur l’accès à la scolarité pour les enfants touchés par le handicap ou de la loi sur l’accès à tous les lieux et transports publics sur lesquels il n’y a aucune précision.
Enfin, la mesure 22 du RN – la dernière – consiste à créer un ministère de la lutte contre les fraudes, sans les différencier, alors qu’en 2019 la fraude sociale était estimée à 2,3 milliards d’euros contre entre 80 et 100 milliards d’euros pour la fraude fiscale9. Ainsi le RN met-il l’accent, à travers cette mesure populiste, sur la chasse aux fraudes plutôt que de s’intéresser au non-recours aux droits, qui est pourtant massif (on l’estime à environ 35% des bénéficiaires potentiels pour le RSA par exemple10) et constitue un problème pour l’accès à la citoyenneté et la confiance dans les institutions. Ce faisant, il risque l’accroître en entretenant la confusion entre la fraude, les indus et les contreparties.
Conclusion
À l’examen, le programme du Rassemblement national est donc plus anti-social qu’anti-système, des traits que l’on retrouve très nettement dans les pays où l’extrême droite gouverne, comme l’Italie de Giorgia Meloni. Rien d’étonnant à ce qu’un axe (bien peu social !) apparaisse de plus en plus clairement entre certains milieux d’affaires et le RN au nom d’une « union des droites » qui est surtout une revanche des extrêmes droites, le tout en s’appuyant sur des divisions et fractures qu’il s’emploie à exploiter bien plus qu’il n’a réellement l’intention de les résoudre.
Articuler urgences écologiques et nouvelles solidarités est pourtant le point majeur de ce virage climatique que nos pays doivent rapidement mettre en œuvre à présent, cela sans se fracturer davantage. Mensonger sur ses intentions sociales et bâti sur les tensions – notamment à l’encontre des étrangers –, le programme du Rassemblement national va exactement à rebours de cela. En ce sens et si ce moment devait venir, il ne peut que se retourner contre les classes moyennes et populaires, contre le peuple. "
https://www.jean-jaures.org/publication ... -national/
"Des mesures qui augmenteraient les inégalités sociales
Reste que l’imposture est totale !
À l’Assemblée nationale, les positions du RN sont claires. Dès le début de leur mandat, ses députés ont par exemple voté contre l’augmentation du Smic (20 juillet 2023), contre l’indexation des salaires sur l’inflation (20 juillet 2023), contre le gel des loyers (21 juillet 2023), contre le rétablissement de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) (23 juillet 2023). À la même période, ils se sont abstenus sur la création d’une garantie d’autonomie pour les étudiants (25 juillet 2023) ou sur la revalorisation des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté (25 juillet 2023), ainsi que sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires de 10% (26 juillet 2023)7.
Quant aux mesures sociales avancées par le RN, elles sont autant de leurres. Dans la proposition 5 du programme du parti d’extrême droite pour l’élection présidentielle de 2022, il entend permettre aux entreprises d’augmenter les salaires de 10% en les exonérant de cotisations patronales (pour les salaires allant jusqu’à trois fois le Smic). Or, non seulement elle serait facultative, laissée au libre choix de chaque entreprise, mais en plus elle repose sur des exonérations de cotisation, ce qui aurait un coût important pour les finances publiques tout en créant une trappe à bas salaires.
Le RN propose également un ensemble de mesures visant à soutenir les propriétaires fonciers, alors que l’accès au patrimoine est aujourd’hui la principale source d’inégalités8. Cela se retrouve dans sa proposition 16 de suppression de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), comme dans sa proposition 17 consistant à lancer un plan de réhabilitation de l’habitat ancien grâce à des aides efficaces ou à créer un fonds de garantie des loyers pour protéger les propriétaires. Toutes ces propositions visent les populations les plus aisées et non les plus précaires.
S’agissant des jeunes, le RN ne propose pas – là encore – de soutenir les plus vulnérables mais bien les plus aisés. Dans sa proposition 7, il promet l’exonération d’impôt sur le revenu de tous les jeunes actifs jusqu’à 30 ans, ainsi que la suppression de l’impôt sur les sociétés pour les entrepreneurs de moins de 30 ans pendant les cinq premières années, au motif qu’il y aurait dans les deux cas un risque de départ à l’étranger. Pour les jeunes en insertion, il s’engage à créer un chèque-formation mensuel de 200 à 300 euros pour les apprentis, les alternants et leurs employeurs, ce qui dans les faits revient à subventionner les entreprises.
En matière de retraites, les avancées sont très limitées voire floues. Le RN prévoit une réindexation des retraites sur l’inflation, qui bénéficierait surtout – et encore une fois – aux plus aisés. La revalorisation du minimum vieillesse ne serait que de 10%. Quant au départ à la retraite à 60 ans, il est réservé aux personnes qui ont travaillé avant 20 ans et ce pendant quarante annuités. Enfin, s’agissant des Ehpad, il annonce une croissance forte de la présence de personnel médical, sans donner de chiffre. Ce flou se retrouve dans plusieurs des propositions concernant le handicap, à l’instar d’un grand plan sur l’accès à la scolarité pour les enfants touchés par le handicap ou de la loi sur l’accès à tous les lieux et transports publics sur lesquels il n’y a aucune précision.
Enfin, la mesure 22 du RN – la dernière – consiste à créer un ministère de la lutte contre les fraudes, sans les différencier, alors qu’en 2019 la fraude sociale était estimée à 2,3 milliards d’euros contre entre 80 et 100 milliards d’euros pour la fraude fiscale9. Ainsi le RN met-il l’accent, à travers cette mesure populiste, sur la chasse aux fraudes plutôt que de s’intéresser au non-recours aux droits, qui est pourtant massif (on l’estime à environ 35% des bénéficiaires potentiels pour le RSA par exemple10) et constitue un problème pour l’accès à la citoyenneté et la confiance dans les institutions. Ce faisant, il risque l’accroître en entretenant la confusion entre la fraude, les indus et les contreparties.
Conclusion
À l’examen, le programme du Rassemblement national est donc plus anti-social qu’anti-système, des traits que l’on retrouve très nettement dans les pays où l’extrême droite gouverne, comme l’Italie de Giorgia Meloni. Rien d’étonnant à ce qu’un axe (bien peu social !) apparaisse de plus en plus clairement entre certains milieux d’affaires et le RN au nom d’une « union des droites » qui est surtout une revanche des extrêmes droites, le tout en s’appuyant sur des divisions et fractures qu’il s’emploie à exploiter bien plus qu’il n’a réellement l’intention de les résoudre.
Articuler urgences écologiques et nouvelles solidarités est pourtant le point majeur de ce virage climatique que nos pays doivent rapidement mettre en œuvre à présent, cela sans se fracturer davantage. Mensonger sur ses intentions sociales et bâti sur les tensions – notamment à l’encontre des étrangers –, le programme du Rassemblement national va exactement à rebours de cela. En ce sens et si ce moment devait venir, il ne peut que se retourner contre les classes moyennes et populaires, contre le peuple. "
https://www.jean-jaures.org/publication ... -national/