Mort de la journaliste Amal Khalil au Liban : des ONG accusent Israël de « crime de guerre »
Posté : 07 août 2026 09:34
CQFD
Amnesty International et Human Rights Watch estiment que « l’armée israélienne savait ou aurait dû savoir que » la journaliste de « Al-Akhbar » et sa collègue Zeinab Faraj « étaient des civiles, mais les a ensuite ciblées ».
6 août 2026 à 19h15
L’armée israélienne a-t-elle délibérément ciblé des civiles le 22 avril 2026 dans la ville d’Al-Tiri, au sud du Liban ? C’est ce que dénoncent les ONG Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), dans une enquête publiée jeudi 6 août. Les deux organisations ont enquêté sur la mort de la journaliste Amal Khalil à la suite d’une frappe aérienne qui a également grièvement blessé sa collègue Zeinab Faraj.
Amal Khalil, 42 ans, travaillait pour le quotidien libanais Al-Akhbar. Le 22 avril, elle était en train d’exercer sa profession avec sa collègue de 21 ans, selon Amnesty International : « Ayant appris que l’armée israélienne s’était retirée du village d’Al-Tiri, elles se sont rendues sur place pour vérifier cette information. »
Les deux femmes suivent alors un véhicule dans lequel sont présents deux hommes qu’elles connaissent : « Ali Nabil Bazzi, le moukhtar, le maire local, de Bint Jbeil, et Mohammed Hourani, son ami et un habitant déplacé », selon Amnesty. Vers 14 h 30, une première frappe touche le véhicule des deux hommes, « deux membres militaires du Hezbollah » qui ont été « visés et éliminés », selon l’armée israélienne qui a répondu à l’ONG.
Les deux femmes auraient alors quitté leur véhicule pour aller se réfugier près d’un bâtiment voisin où elles s’abritent contre un muret sous un toit abîmé, car des drones auraient survolé la zone leur faisant craindre une nouvelle frappe. « Les drones sont passés à travers le toit effondré et se sont approchés très près. À moins d’un mètre de nous. Je me couvrais le visage, en repensant à une vidéo que j’avais vue où un drone avait tué quelqu’un de cette manière. Je croyais qu’il allait exploser juste devant moi. Les drones ne transportaient pas d’explosifs visibles, mais faisaient du surplace, semant constamment la peur », a rapporté Zeinab Faraj à Amnesty.
Trois frappes en tout
La présence de drones est déterminante selon l’ONG, car cela « signifie que l’armée israélienne savait, ou aurait dû savoir, que les deux individus qu’elle a déclaré cibler en raison de leur implication présumée dans les activités militaires du Hezbollah avaient été tués sur le coup. À ce moment-là, les cibles visées ayant été éliminées et des drones israéliens survolant le lieu où se trouvaient les deux femmes non armées en tenue civile, les forces israéliennes auraient dû annuler les frappes et permettre aux journalistes de se mettre à l’abri ».
Une heure plus tard environ, une seconde frappe aurait touché le véhicule des deux journalistes, garé à quelques mètres seulement de leur cachette selon des photographies géolocalisées par Human Rights Watch. Elles auraient été blessées par l’explosion. « Des éclats de verre et des débris sont arrivés vers nous. J’ai eu l’impression que mon oreille allait éclater. Elle [Amal Khalil – ndlr] saignait abondamment du nez et de la tête, et était blessée par des éclats d’obus au bras et à la cuisse ; elle ne pouvait plus bouger la jambe », a raconté Zeinab Faraj.
Les deux journalistes se seraient alors réfugiées dans le bâtiment en se glissant sous un volet roulant endommagé. Vers 16 h 25, une troisième frappe touche l’édifice qui s’effondre, ensevelissant les deux femmes.
https://www.mediapart.fr/journal/intern ... -de-guerre

Des journalistes brandissent des journaux sur lesquels figure le portrait d’Amal Khalil, tuée le 22 avril 2026 par une frappe aérienne israélienne, lors d’un sit-in pour dénoncer son assassinat et celui d’autres journalistes, à Beyrouth, le jeudi 23 avril 2026. © Photo Hussein Malla / AP / SIPA
Amnesty International et Human Rights Watch estiment que « l’armée israélienne savait ou aurait dû savoir que » la journaliste de « Al-Akhbar » et sa collègue Zeinab Faraj « étaient des civiles, mais les a ensuite ciblées ».
6 août 2026 à 19h15
L’armée israélienne a-t-elle délibérément ciblé des civiles le 22 avril 2026 dans la ville d’Al-Tiri, au sud du Liban ? C’est ce que dénoncent les ONG Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), dans une enquête publiée jeudi 6 août. Les deux organisations ont enquêté sur la mort de la journaliste Amal Khalil à la suite d’une frappe aérienne qui a également grièvement blessé sa collègue Zeinab Faraj.
Amal Khalil, 42 ans, travaillait pour le quotidien libanais Al-Akhbar. Le 22 avril, elle était en train d’exercer sa profession avec sa collègue de 21 ans, selon Amnesty International : « Ayant appris que l’armée israélienne s’était retirée du village d’Al-Tiri, elles se sont rendues sur place pour vérifier cette information. »
Les deux femmes suivent alors un véhicule dans lequel sont présents deux hommes qu’elles connaissent : « Ali Nabil Bazzi, le moukhtar, le maire local, de Bint Jbeil, et Mohammed Hourani, son ami et un habitant déplacé », selon Amnesty. Vers 14 h 30, une première frappe touche le véhicule des deux hommes, « deux membres militaires du Hezbollah » qui ont été « visés et éliminés », selon l’armée israélienne qui a répondu à l’ONG.
Les deux femmes auraient alors quitté leur véhicule pour aller se réfugier près d’un bâtiment voisin où elles s’abritent contre un muret sous un toit abîmé, car des drones auraient survolé la zone leur faisant craindre une nouvelle frappe. « Les drones sont passés à travers le toit effondré et se sont approchés très près. À moins d’un mètre de nous. Je me couvrais le visage, en repensant à une vidéo que j’avais vue où un drone avait tué quelqu’un de cette manière. Je croyais qu’il allait exploser juste devant moi. Les drones ne transportaient pas d’explosifs visibles, mais faisaient du surplace, semant constamment la peur », a rapporté Zeinab Faraj à Amnesty.
Trois frappes en tout
La présence de drones est déterminante selon l’ONG, car cela « signifie que l’armée israélienne savait, ou aurait dû savoir, que les deux individus qu’elle a déclaré cibler en raison de leur implication présumée dans les activités militaires du Hezbollah avaient été tués sur le coup. À ce moment-là, les cibles visées ayant été éliminées et des drones israéliens survolant le lieu où se trouvaient les deux femmes non armées en tenue civile, les forces israéliennes auraient dû annuler les frappes et permettre aux journalistes de se mettre à l’abri ».
Une heure plus tard environ, une seconde frappe aurait touché le véhicule des deux journalistes, garé à quelques mètres seulement de leur cachette selon des photographies géolocalisées par Human Rights Watch. Elles auraient été blessées par l’explosion. « Des éclats de verre et des débris sont arrivés vers nous. J’ai eu l’impression que mon oreille allait éclater. Elle [Amal Khalil – ndlr] saignait abondamment du nez et de la tête, et était blessée par des éclats d’obus au bras et à la cuisse ; elle ne pouvait plus bouger la jambe », a raconté Zeinab Faraj.
Les deux journalistes se seraient alors réfugiées dans le bâtiment en se glissant sous un volet roulant endommagé. Vers 16 h 25, une troisième frappe touche l’édifice qui s’effondre, ensevelissant les deux femmes.
https://www.mediapart.fr/journal/intern ... -de-guerre

Des journalistes brandissent des journaux sur lesquels figure le portrait d’Amal Khalil, tuée le 22 avril 2026 par une frappe aérienne israélienne, lors d’un sit-in pour dénoncer son assassinat et celui d’autres journalistes, à Beyrouth, le jeudi 23 avril 2026. © Photo Hussein Malla / AP / SIPA
