Les Anglais taxent les électriques au kilomètre. Bientôt la France ?
Posté : 13 août 2026 07:32
"Rouler en électrique, si on charge chez soi, offre un coût au kilomètre sans concurrence, notamment face au pétrole fortement taxé. Une sorte d’avantage fiscal selon le Royaume-Uni, qui a décidé d’instaurer une nouvelle taxe au kilomètre, l'Electric Vehicle Excise Duty. Combien de temps faudra-t-il à la France pour en faire autant ?
"A chaque fois que vous faites le plein d’essence, vous payez des taxes. Beaucoup de taxes, et notamment la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) qui rapporte environ 16 milliards d'euros nets par an à l'État français, pour un produit brut total d'environ 31 à 32 milliards d'euros par an lorsqu'on inclut les parts reversées aux collectivités territoriales et à l'AFIT France.

Votre voisin qui roule en électrique, lui, fait le “plein” de watts de sa Twingo électrique pour environ 5€. Soyons clairs, l’Etat ne va pas se passer de ces recettes liées au pétrole. Devant la généralisation des véhicules électriques, qui représentent 35% des ventes en juillet en France, il faudra trouver une solution pour faire payer les électro-mobilistes. Et notre pays pourrait bien s’inspirer de nos voisins anglais.
Fin des cadeaux
C'était l'un des derniers avantages fiscaux majeurs pour les conducteurs de voitures électriques au Royaume-Uni. Depuis avril 2025, c'est fini : les EV paient désormais la Vehicle Excise Duty (VED), la taxe annuelle de circulation.
Et ce n'est que le début. À partir d'avril 2028, une nouvelle taxe au kilomètre, l'Electric Vehicle Excise Duty (eVED), viendra s'ajouter, marquant un tournant dans la politique britannique de mobilité décarbonée.
Une fiscalité qui se durcit progressivement
Jusqu'en 2025, rouler électrique en Grande-Bretagne rimait avec absence totale de taxe routière. Une exonération conçue pour stimuler l'adoption des véhicules zéro émission, alors que le parc restait marginal.
Mais avec plus de 1,8 million d'EV immatriculés fin 2025 et près d'un quart des ventes de neuves, le gouvernement a jugé le moment venu de rééquilibrer la charge fiscale.
L'eVED : une taxe au kilomètre inédite
Le document officiel du HM Treasury détaillant la nouvelle taxe au kilomètre applicable à partir du 1ᵉʳ avril 2028 précise le fonctionnement et le tarif de cette nouvelle taxe. L'Electric Vehicle Excise Duty (eVED) introduit un principe inédit au Royaume-Uni : une taxation basée sur l'usage réel, et non plus seulement sur la détention du véhicule.
À compter du 1ᵉʳ avril 2028, tous les conducteurs de voitures électriques à batterie (BEV), hybrides rechargeables (PHEV) et à hydrogène (HFCEV) devront déclarer leur kilométrage annuel et payer :
-3 pence par mile (environ 4,7 centimes d'euro/km) pour les voitures 100% électriques.
-1,5 pence par mile (environ 2,3 centimes d'euro/km) pour les PHEV hybrides rechargeables.
Combien vont-ils payer chaque année ?
Ces taux seront indexés chaque année sur l'inflation (CPI) pour préserver leur valeur réelle. Un conducteur parcourant 8 500 miles par an (environ 13 700 km) paiera ainsi autour de 255 £ d'eVED, soit environ la moitié de ce qu'un utilisateur de thermique acquitté en taxe sur les carburants, selon les calculs du Trésor. Ce qui correspond à environ 300 € par an.
Combien vont-il relever le kilométrage ?
Encore fallait-il trouver un moyen de connaître le kilométrage parcouru par chaque automobiliste concerné. Quand il s’agit de taxer, les idées ne manquent pas et les anglais s'appuient sur les relevés de compteur déjà collectés lors des contrôles techniques (MOT). A chaque contrôle technique, le kilométrage sera communiqué à une base de données.
Un signal fort
L'Office for Budget Responsibility (OBR) anticipe un manque à gagner de plusieurs milliards de livres d'ici 2030 si rien n'est fait. Il s’agit de recréer une contribution équivalente à celle des thermiques, tout en conservant un avantage relatif pour l'électrique.
Le gouvernement insiste sur l'équité : « Tous les véhicules contribuent à la congestion et à l'usure des routes », rappelle le document officiel, justifiant que les EV participent aussi au financement du réseau routier.
Un modèle qui pourrait faire école
La réforme britannique pourrait inspirer d'autres pays européens confrontés au même dilemme : comment financer les routes sans taxe sur les carburants, tout en maintenant l'attractivité de l'électrique ? Et surtout, comment se passer du jour au lendemain des 30 milliards de taxes sur le pétrole pour un pays comme la France ?
Parions que l’Etat français va observer de très près ce qui se passe en Angleterre. Une chose est certaine : l'ère de l'électrique quasiment gratuite touche à sa fin."
https://www.leprogres.fr/magazine-autom ... -la-france
"A chaque fois que vous faites le plein d’essence, vous payez des taxes. Beaucoup de taxes, et notamment la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) qui rapporte environ 16 milliards d'euros nets par an à l'État français, pour un produit brut total d'environ 31 à 32 milliards d'euros par an lorsqu'on inclut les parts reversées aux collectivités territoriales et à l'AFIT France.

Votre voisin qui roule en électrique, lui, fait le “plein” de watts de sa Twingo électrique pour environ 5€. Soyons clairs, l’Etat ne va pas se passer de ces recettes liées au pétrole. Devant la généralisation des véhicules électriques, qui représentent 35% des ventes en juillet en France, il faudra trouver une solution pour faire payer les électro-mobilistes. Et notre pays pourrait bien s’inspirer de nos voisins anglais.
Fin des cadeaux
C'était l'un des derniers avantages fiscaux majeurs pour les conducteurs de voitures électriques au Royaume-Uni. Depuis avril 2025, c'est fini : les EV paient désormais la Vehicle Excise Duty (VED), la taxe annuelle de circulation.
Et ce n'est que le début. À partir d'avril 2028, une nouvelle taxe au kilomètre, l'Electric Vehicle Excise Duty (eVED), viendra s'ajouter, marquant un tournant dans la politique britannique de mobilité décarbonée.
Une fiscalité qui se durcit progressivement
Jusqu'en 2025, rouler électrique en Grande-Bretagne rimait avec absence totale de taxe routière. Une exonération conçue pour stimuler l'adoption des véhicules zéro émission, alors que le parc restait marginal.
Mais avec plus de 1,8 million d'EV immatriculés fin 2025 et près d'un quart des ventes de neuves, le gouvernement a jugé le moment venu de rééquilibrer la charge fiscale.
L'eVED : une taxe au kilomètre inédite
Le document officiel du HM Treasury détaillant la nouvelle taxe au kilomètre applicable à partir du 1ᵉʳ avril 2028 précise le fonctionnement et le tarif de cette nouvelle taxe. L'Electric Vehicle Excise Duty (eVED) introduit un principe inédit au Royaume-Uni : une taxation basée sur l'usage réel, et non plus seulement sur la détention du véhicule.
À compter du 1ᵉʳ avril 2028, tous les conducteurs de voitures électriques à batterie (BEV), hybrides rechargeables (PHEV) et à hydrogène (HFCEV) devront déclarer leur kilométrage annuel et payer :
-3 pence par mile (environ 4,7 centimes d'euro/km) pour les voitures 100% électriques.
-1,5 pence par mile (environ 2,3 centimes d'euro/km) pour les PHEV hybrides rechargeables.
Combien vont-ils payer chaque année ?
Ces taux seront indexés chaque année sur l'inflation (CPI) pour préserver leur valeur réelle. Un conducteur parcourant 8 500 miles par an (environ 13 700 km) paiera ainsi autour de 255 £ d'eVED, soit environ la moitié de ce qu'un utilisateur de thermique acquitté en taxe sur les carburants, selon les calculs du Trésor. Ce qui correspond à environ 300 € par an.
Combien vont-il relever le kilométrage ?
Encore fallait-il trouver un moyen de connaître le kilométrage parcouru par chaque automobiliste concerné. Quand il s’agit de taxer, les idées ne manquent pas et les anglais s'appuient sur les relevés de compteur déjà collectés lors des contrôles techniques (MOT). A chaque contrôle technique, le kilométrage sera communiqué à une base de données.
Un signal fort
L'Office for Budget Responsibility (OBR) anticipe un manque à gagner de plusieurs milliards de livres d'ici 2030 si rien n'est fait. Il s’agit de recréer une contribution équivalente à celle des thermiques, tout en conservant un avantage relatif pour l'électrique.
Le gouvernement insiste sur l'équité : « Tous les véhicules contribuent à la congestion et à l'usure des routes », rappelle le document officiel, justifiant que les EV participent aussi au financement du réseau routier.
Un modèle qui pourrait faire école
La réforme britannique pourrait inspirer d'autres pays européens confrontés au même dilemme : comment financer les routes sans taxe sur les carburants, tout en maintenant l'attractivité de l'électrique ? Et surtout, comment se passer du jour au lendemain des 30 milliards de taxes sur le pétrole pour un pays comme la France ?
Parions que l’Etat français va observer de très près ce qui se passe en Angleterre. Une chose est certaine : l'ère de l'électrique quasiment gratuite touche à sa fin."
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