Une association LGBT portée par des élus RN dissoute après deux mois "sans avoir fait aucun bruit, sans aucune info"
Posté : 23 août 2026 06:30
Un p'tit tour et puis s'en va....
Créée en mai 2026 par des élus Rassemblement National à Harnes (Pas-de-Calais), l'association Gays et Lesbiennes du Bassin Minier a été dissoute après deux mois d'existence. Le temps d'une "appropriation politique", regrette Mickael Billebaut, président de l'association de défense des droits LGBT "Couleur".
Publié le 23/08/2026 à 06h00
L'annonce est presque passée inaperçue. Le 28 juillet 2026, la dissolution de l'association Gays et Lesbienne du Bassin Minier a été confirmée au Journal Officiel, deux mois après sa création.
Une disparition du paysage associatif, "sans avoir fait aucun bruit, sans aucune info, ils avaient besoin d'un écran de fumée pour se donner une couverture", analyse Mickael Billebaut, président de l'association Couleur, qui défend les droits LGBTQIA+ dans l'ex-bassin minier. C'est lui qui a découvert cette annonce.
Rien que deux mois
Toute la polémique remonte au mois d'avril 2026, lorsque Couleur apprend l'annulation de son ciné-débat prévu à Harnes (Pas-de-Calais) depuis plus de six mois sur le thème de la culture drag. Immédiatement, Mickael Billebaut tente d'entrer en contact avec la municipalité RN, en vain.
Quelques jours plus tard, le 24 avril 2026, la Ville de Harnes communique sur sa page Facebook l'organisation d'une semaine de lutte contre l'intolérance et les LGBTQIA+ phobies. Couleur s'interroge donc dans l'espace commentaires : "quelle est l'association qui sera présente ?". Une question une nouvelle fois laissée sans réponse.
Tout s'éclaircit le 13 mai 2026, avec la création officielle de l'association Gays et Lesbiennes du Bassin Minier, dont le statut sera publié quelque temps après au Journal Officiel. Sur Instagram, le député Bruno Clavet décrit une association soutenant "l'accompagnement et le soutien juridique pour les jeunes expulsés de chez eux en collaboration avec les bailleurs et les municipalités".
D'après nos confrères du journal Basta!, "son conseil d'administration comprend quatre membres, tous RN", dont Thomas Menuge, adjoint à l'urbanisme et à la communication de Harnes, Valérie Marcos, première adjointe à Liévin, Alexis Audan, conseiller municipal de Lens et Dorian Damiens, conseiller municipal d'Hénin Beaumont.
Dans le cadre de la semaine de lutte contre l'intolérance et les LGBTQIA+ phobies, c'est donc cette toute nouvelle association qui organise le 17 mai, sa propre projection de courts métrages au cinéma de Harnes, suivi d'un débat. Et puis, plus rien, jusqu'à sa dissolution au mois de juillet.
Une appropriation politique
L'existence éclair de Gays et Lesbiennes du Bassin Minier interroge Mickael Billebaut, président de Couleur. "Ça pose la question de : est-ce qu'ils veulent exclure les assos ?". D'autant plus qu'il assure avoir "tendu la main" à la mairie jusqu'au dernier moment pour les aider à préparer ce débat, en vain. "Ils ne voulaient pas d'une association dont ils ne maîtrisaient pas les paroles".
Le 17 mai, lors du ciné-débat, une contre-manifestation a donc eu lieu devant la salle de cinéma "Jacques Prévert" de Harnes. "Quand on a manifesté, il y avait dans le cinéma une trentaine de personnes, dont une majorité était des élus ou des militants RN", se rappelle Mickael Billebaut. Et c'est ce qu'il dénonce dans cette histoire : une forme de "censure" et "d'appropriation politique" de la lutte LGBT par le Rassemblement National.
"Le RN et l'extrême droite prônent l'homonationalisme où on met en avant des hommes et des femmes blanches cisgenres", regrette-t-il. Rien que dans le nom de l'association, "où sont les personnes bi ? Où sont les personnes intersexes ? Où sont les personnes trans ?". "Aujourd'hui, quand Donald Trump par exemple efface la lettre T de la communauté, ça montre le fait de vouloir invisibiliser une partie de la communauté qui dérange", or "notre communauté est indivisible".
"On a toujours été une association qui n'a qu'une seule volonté : se battre pour avoir les mêmes droits que tout le monde. Nos luttes sont politiques mais elles doivent rester apartisanes". Depuis sa création en 2023, Couleur agit en milieu scolaire, propose une ligne d'écoute et sillonne le Pas-de-Calais pour défendre les droits LGBTQIA+.
Contacté le 20 août 2026, Anthony Garénaux-Glinkowski, maire RN de Harnes (Pas-de-Calais), n'a pas donné suite à nos sollicitations.
https://france3-regions.franceinfo.fr/h ... 04500.html
Créée en mai 2026 par des élus Rassemblement National à Harnes (Pas-de-Calais), l'association Gays et Lesbiennes du Bassin Minier a été dissoute après deux mois d'existence. Le temps d'une "appropriation politique", regrette Mickael Billebaut, président de l'association de défense des droits LGBT "Couleur".
Publié le 23/08/2026 à 06h00
L'annonce est presque passée inaperçue. Le 28 juillet 2026, la dissolution de l'association Gays et Lesbienne du Bassin Minier a été confirmée au Journal Officiel, deux mois après sa création.
Une disparition du paysage associatif, "sans avoir fait aucun bruit, sans aucune info, ils avaient besoin d'un écran de fumée pour se donner une couverture", analyse Mickael Billebaut, président de l'association Couleur, qui défend les droits LGBTQIA+ dans l'ex-bassin minier. C'est lui qui a découvert cette annonce.
Rien que deux mois
Toute la polémique remonte au mois d'avril 2026, lorsque Couleur apprend l'annulation de son ciné-débat prévu à Harnes (Pas-de-Calais) depuis plus de six mois sur le thème de la culture drag. Immédiatement, Mickael Billebaut tente d'entrer en contact avec la municipalité RN, en vain.
Quelques jours plus tard, le 24 avril 2026, la Ville de Harnes communique sur sa page Facebook l'organisation d'une semaine de lutte contre l'intolérance et les LGBTQIA+ phobies. Couleur s'interroge donc dans l'espace commentaires : "quelle est l'association qui sera présente ?". Une question une nouvelle fois laissée sans réponse.
Tout s'éclaircit le 13 mai 2026, avec la création officielle de l'association Gays et Lesbiennes du Bassin Minier, dont le statut sera publié quelque temps après au Journal Officiel. Sur Instagram, le député Bruno Clavet décrit une association soutenant "l'accompagnement et le soutien juridique pour les jeunes expulsés de chez eux en collaboration avec les bailleurs et les municipalités".
D'après nos confrères du journal Basta!, "son conseil d'administration comprend quatre membres, tous RN", dont Thomas Menuge, adjoint à l'urbanisme et à la communication de Harnes, Valérie Marcos, première adjointe à Liévin, Alexis Audan, conseiller municipal de Lens et Dorian Damiens, conseiller municipal d'Hénin Beaumont.
Dans le cadre de la semaine de lutte contre l'intolérance et les LGBTQIA+ phobies, c'est donc cette toute nouvelle association qui organise le 17 mai, sa propre projection de courts métrages au cinéma de Harnes, suivi d'un débat. Et puis, plus rien, jusqu'à sa dissolution au mois de juillet.
Une appropriation politique
L'existence éclair de Gays et Lesbiennes du Bassin Minier interroge Mickael Billebaut, président de Couleur. "Ça pose la question de : est-ce qu'ils veulent exclure les assos ?". D'autant plus qu'il assure avoir "tendu la main" à la mairie jusqu'au dernier moment pour les aider à préparer ce débat, en vain. "Ils ne voulaient pas d'une association dont ils ne maîtrisaient pas les paroles".
Le 17 mai, lors du ciné-débat, une contre-manifestation a donc eu lieu devant la salle de cinéma "Jacques Prévert" de Harnes. "Quand on a manifesté, il y avait dans le cinéma une trentaine de personnes, dont une majorité était des élus ou des militants RN", se rappelle Mickael Billebaut. Et c'est ce qu'il dénonce dans cette histoire : une forme de "censure" et "d'appropriation politique" de la lutte LGBT par le Rassemblement National.
"Le RN et l'extrême droite prônent l'homonationalisme où on met en avant des hommes et des femmes blanches cisgenres", regrette-t-il. Rien que dans le nom de l'association, "où sont les personnes bi ? Où sont les personnes intersexes ? Où sont les personnes trans ?". "Aujourd'hui, quand Donald Trump par exemple efface la lettre T de la communauté, ça montre le fait de vouloir invisibiliser une partie de la communauté qui dérange", or "notre communauté est indivisible".
"On a toujours été une association qui n'a qu'une seule volonté : se battre pour avoir les mêmes droits que tout le monde. Nos luttes sont politiques mais elles doivent rester apartisanes". Depuis sa création en 2023, Couleur agit en milieu scolaire, propose une ligne d'écoute et sillonne le Pas-de-Calais pour défendre les droits LGBTQIA+.
Contacté le 20 août 2026, Anthony Garénaux-Glinkowski, maire RN de Harnes (Pas-de-Calais), n'a pas donné suite à nos sollicitations.
https://france3-regions.franceinfo.fr/h ... 04500.html