Vincent Bolloré attaque en justice les magistrats qui l’ont renvoyé au tribunal dans une affaire de corruption
Posté : 02 septembre 2026 06:33
L'empire contre attaque.
Pour éloigner son procès prévu en décembre au tribunal de Paris, le milliardaire d’extrême droite s’en prend aux juges qui ont décidé de son renvoi pour son soutien supposé au président du Togo en échange de la gestion du port de Lomé.
Médias repris en main, parlementaires influencés, maison d’édition en coupes réglées, ONG dans le viseur, liste noire du cinéma… Et maintenant les magistrats ? Vincent Bolloré a déposé plainte le 21 mai contre des juges du tribunal de Paris, a révélé le Monde lundi 31 août, pour «association de malfaiteurs», mais aussi «entrave à l’exercice de la justice», «abus d’autorité» et de «manquement à la probité».
Le contexte est celui du procès pour corruption qui vise l’homme d’affaires d’extrême droite pour ses activités au Togo, où son groupe est soupçonné d’avoir conseillé en 2010 Faure Gnassingbé dans sa campagne présidentielle victorieuse et obtenu en échange la gestion du port de Lomé. Et plus précisément d’une audience publique du 26 février 2021.
Ce jour-là, pour s’éviter un long procès pénal, Vincent Bolloré et ses coaccusés, Gilles Alix, ancien directeur général du groupe Bolloré, et Jean-Philippe Dorent, directeur international de l’agence Havas, filiale de Bolloré, avaient sollicité une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité – procédure permettant de juger rapidement l’auteur d’une infraction – et plaidé coupable. En échange de quoi, selon les termes négociés avec le Parquet national financier, ils acceptaient de payer 375 000 euros d’amende.
Mais le tribunal a refusé d’homologuer cette comparution, estimant que les peines étaient «inadaptées au regard de la gravité des faits reprochés», ceux-ci ayant «gravement porté atteinte à l’ordre public économique» et «à la souveraineté du Togo». Considérant qu’il était «nécessaire qu’ils soient jugés» par un tribunal correctionnel, la juge Isabelle Prévost-Desprez a renvoyé le dossier à l’instruction. Un revers procédural que le milliardaire de 72 ans avait contesté jusqu’en cassation. La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a finalement validé la procédure fin novembre 2023, et ainsi ouvert la voie à un nouveau procès pénal.
«Goût amer»
«L’épisode, largement relaté dans la presse, a laissé un goût amer à l’industriel. Il use, depuis, de toutes les méthodes possibles pour empêcher la tenue de son futur procès, au motif que sa présomption d’innocence aurait été irrémédiablement bafouée», écrit le Monde, pour qui la plainte de l’industriel breton est un «baroud d’honneur», une «ultime contestation» et un changement de stratégie : cette fois, il s’attaque directement aux magistrats, Isabelle Prévost-Desprez, qui avait présidé la séance de février 2021, et Stéphane Noël, alors président du tribunal.
Puisqu’il n’est désormais plus possible d’échapper au procès, qui doit avoir lieu dans trois mois, du 7 au 17 décembre au tribunal judiciaire de Paris, Vincent Bolloré tente de jouer la montre.
Autre requête rejetée
A écouter les avocats de l’homme d’affaires, Céline Astolfe, Pierre Cornut-Gentille et Jean Veil, le refus d’homologation de la procédure de plaider-coupable était un «plan prémédité» de la part de certains magistrats, avec une «formation de jugement composée à dessein» pour refuser la procédure. Auprès du Monde, les avocats ont affirmé que «l’atteinte irrémédiable» portée à la «présomption d’innocence» de leur client «et à la parole donnée, rend impossible la tenue d’un procès équitable».
Reste à savoir ce que penseront les magistrats de cette procédure singulière. Le 29 juillet, la Cour de cassation avait rejeté une autre requête en «suspicion légitime» des conseils du milliardaire, qui reprenaient des arguments similaires.
https://www.liberation.fr/societe/polic ... SWQM7PNC4/
Pour éloigner son procès prévu en décembre au tribunal de Paris, le milliardaire d’extrême droite s’en prend aux juges qui ont décidé de son renvoi pour son soutien supposé au président du Togo en échange de la gestion du port de Lomé.
Médias repris en main, parlementaires influencés, maison d’édition en coupes réglées, ONG dans le viseur, liste noire du cinéma… Et maintenant les magistrats ? Vincent Bolloré a déposé plainte le 21 mai contre des juges du tribunal de Paris, a révélé le Monde lundi 31 août, pour «association de malfaiteurs», mais aussi «entrave à l’exercice de la justice», «abus d’autorité» et de «manquement à la probité».
Le contexte est celui du procès pour corruption qui vise l’homme d’affaires d’extrême droite pour ses activités au Togo, où son groupe est soupçonné d’avoir conseillé en 2010 Faure Gnassingbé dans sa campagne présidentielle victorieuse et obtenu en échange la gestion du port de Lomé. Et plus précisément d’une audience publique du 26 février 2021.
Ce jour-là, pour s’éviter un long procès pénal, Vincent Bolloré et ses coaccusés, Gilles Alix, ancien directeur général du groupe Bolloré, et Jean-Philippe Dorent, directeur international de l’agence Havas, filiale de Bolloré, avaient sollicité une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité – procédure permettant de juger rapidement l’auteur d’une infraction – et plaidé coupable. En échange de quoi, selon les termes négociés avec le Parquet national financier, ils acceptaient de payer 375 000 euros d’amende.
Mais le tribunal a refusé d’homologuer cette comparution, estimant que les peines étaient «inadaptées au regard de la gravité des faits reprochés», ceux-ci ayant «gravement porté atteinte à l’ordre public économique» et «à la souveraineté du Togo». Considérant qu’il était «nécessaire qu’ils soient jugés» par un tribunal correctionnel, la juge Isabelle Prévost-Desprez a renvoyé le dossier à l’instruction. Un revers procédural que le milliardaire de 72 ans avait contesté jusqu’en cassation. La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a finalement validé la procédure fin novembre 2023, et ainsi ouvert la voie à un nouveau procès pénal.
«Goût amer»
«L’épisode, largement relaté dans la presse, a laissé un goût amer à l’industriel. Il use, depuis, de toutes les méthodes possibles pour empêcher la tenue de son futur procès, au motif que sa présomption d’innocence aurait été irrémédiablement bafouée», écrit le Monde, pour qui la plainte de l’industriel breton est un «baroud d’honneur», une «ultime contestation» et un changement de stratégie : cette fois, il s’attaque directement aux magistrats, Isabelle Prévost-Desprez, qui avait présidé la séance de février 2021, et Stéphane Noël, alors président du tribunal.
Puisqu’il n’est désormais plus possible d’échapper au procès, qui doit avoir lieu dans trois mois, du 7 au 17 décembre au tribunal judiciaire de Paris, Vincent Bolloré tente de jouer la montre.
Autre requête rejetée
A écouter les avocats de l’homme d’affaires, Céline Astolfe, Pierre Cornut-Gentille et Jean Veil, le refus d’homologation de la procédure de plaider-coupable était un «plan prémédité» de la part de certains magistrats, avec une «formation de jugement composée à dessein» pour refuser la procédure. Auprès du Monde, les avocats ont affirmé que «l’atteinte irrémédiable» portée à la «présomption d’innocence» de leur client «et à la parole donnée, rend impossible la tenue d’un procès équitable».
Reste à savoir ce que penseront les magistrats de cette procédure singulière. Le 29 juillet, la Cour de cassation avait rejeté une autre requête en «suspicion légitime» des conseils du milliardaire, qui reprenaient des arguments similaires.
https://www.liberation.fr/societe/polic ... SWQM7PNC4/



