Présidentielle 2027 : Eric Zemmour déborde Sarah Knafo et prépare son entrée en campagne
Posté : 02 septembre 2026 17:27
Monsieur Z comme Zgeg le retour...
Le patron de Reconquête, présent mardi pour le lancement du livre de sa compagne, a promis à la presse une accélération politique. En attendant, il se délecte des frictions au sein du Rassemblement national, dont il espère profiter.
Dans une galerie parisienne, ce mardi 1er septembre, Eric Zemmour tient une conférence de presse à l’occasion de la sortie du livre de Sarah Knafo. Depuis des mois, le monde politico-médiatique s’amuse de voir l’auteur du Premier sexe être seul à ne comprendre que sa compagne l’éclipse. Ce soir, pourtant, tout le monde semble avoir oublié l’eurodéputée, venue vendre son livre, le Casse du siècle. Peu importent les affiches placardées un peu partout, qui promettent d’entrer dans cette «enquête» sur la «gabegie» en «victime» pour en «sortir en juge».
Après quelques mots prononcés par l’autrice, comme une formalité, les journalistes se pressent vers Zemmour, disposé à leur donner ce qu’ils veulent. Le presque candidat d’extrême droite, au milieu des convives de Reconquête qui, comme toujours, ne respirent pas la France qui souffre, explique qu’il va accélérer. Le polémiste a assisté amer au premier débat présidentiel, organisé par le Medef le 27 août. Son équipe a bien tenté de lui faire une place. «Il faut être candidat», les a-t-on éconduits.
Rendez-vous est donc donné, jeudi 10 septembre à la foire de Châlons-en-Champagne pour marquer une étape de sa candidature. «Il y a cinq ans, j’ai vraiment hésité, raconte-t-il. Aujourd’hui, je sais les erreurs que j’ai faites. Par exemple, j’ai trop tardé à déclarer ma candidature.» A-t-il seulement envisagé de laisser sa place à Sarah Knafo ? «Je me pose toutes les questions», élude-t-il, préférant vanter un vrai binôme pour mieux attaquer ses concurrents. «Le départ de Durvye est un point fondamental, savoure-t-il, en référence à l’éviction du conseiller économique de Jordan Bardella, révélée par Libération. Bardella n’est non seulement pas candidat, mais en plus il est marginalisé.»
«Un Bardella sous testo, ça aurait été plus compliqué pour nous»
Le 7 juillet, après Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy, Eric Zemmour était probablement le plus heureux des hommes. Avec la décision de justice qui permettait à la première d’entrer en campagne, son ancien concurrent tenait sa revanche. Depuis, il jubile en suivant les troubles internes qui, juge-t-il, élargissent son espace politique. «Meloni le dit bien : Marine Le Pen est socialiste, progressiste et elle pense que l’islam est compatible avec la République, avance-t-il. Le problème, c’est que les gens qui votent pour moi hésitent à voter pour elle car ils pensent que c’est la même chose mais c’est faux. J’ai des désaccords de fond avec Marine Le Pen.»
Parti dans l’une de ses habituelles tirades sur l’islam, le polémiste est interrompu par les éditorialistes Eugénie Bastié et Elisabeth Lévy. «Eric, excuse-nous, il y a ton fan club», se signale la première, quelques minutes avant qu’Eric Naulleau ne tape lui aussi sur l’épaule de son ancien partenaire qui reprend : «Je ne veux pas que mon pays soit musulman.» En homme cohérent, il soutient donc, comme le RN, l’interdiction du voile dans l’espace public mais aussi celle de la kippa. «Calotte», préfère d’ailleurs Zemmour, nostalgique du temps où l’assimilation faisant encore son effet, les juifs parlaient de «communion» et non de «bar-mitvah».
«C’est vrai qu’un Bardella sous testo, avec des accents libéraux, ça aurait été plus compliqué pour nous, mais Zemmour y serait allé quand même, il n’a jamais hésité depuis 2022», assure une proche de l’essayiste. Dans son entourage, certains accusent Sarah Knafo d’avoir laissé le doute s’installer en le mettant de côté. «Dès qu’il parle à des journalistes, ils n’ont plus aucun doute sur son ambition mais Sarah a pris soin de les tenir à distance», affirme la même source.
«Brise-glace»
Zemmour lui, est persuadé que les échos sur la concurrence interne de son couple viennent des cadres du RN. «Il pense que tous ses malheurs viennent de Marine Le Pen», s’amuse un interlocuteur de l’écosystème. Knafo agace pourtant jusqu’en interne, trop sûre d’elle, trop orgueilleuse depuis les municipales à Paris. Comme Zemmour avant elle, l’eurodéputée est une bulle médiatique, poussée notamment par Vincent Bolloré, lassé de son compagnon. Mais quelle traduction électorale ?
Dans tous les sondages, le binôme de Reconquête est loin, très loin derrière celui du RN. «Elle va avoir Bardella dans les jambes pour trente ans», juge un cadre de droite. Preuve de la fébrilité du mouvement, certains militants rôdent autour du RN sans oser franchir le pas. «Ce n’est plus pareil qu’en 2021», admet l’un d’eux avant de relativiser : «Le camp national peut se permettre d’avoir deux candidats. Reconquête ratisse plus large et Zemmour permet à Marine Le Pen d’être plus soft. Il y a comme une répartition des rôles, il fait brise-glace.» Voici donc le couple réduit au rôle de défricheurs, au service de leurs meilleurs ennemis.
https://www.liberation.fr/politique/pre ... EJZ65GIAE/
Le patron de Reconquête, présent mardi pour le lancement du livre de sa compagne, a promis à la presse une accélération politique. En attendant, il se délecte des frictions au sein du Rassemblement national, dont il espère profiter.
Dans une galerie parisienne, ce mardi 1er septembre, Eric Zemmour tient une conférence de presse à l’occasion de la sortie du livre de Sarah Knafo. Depuis des mois, le monde politico-médiatique s’amuse de voir l’auteur du Premier sexe être seul à ne comprendre que sa compagne l’éclipse. Ce soir, pourtant, tout le monde semble avoir oublié l’eurodéputée, venue vendre son livre, le Casse du siècle. Peu importent les affiches placardées un peu partout, qui promettent d’entrer dans cette «enquête» sur la «gabegie» en «victime» pour en «sortir en juge».
Après quelques mots prononcés par l’autrice, comme une formalité, les journalistes se pressent vers Zemmour, disposé à leur donner ce qu’ils veulent. Le presque candidat d’extrême droite, au milieu des convives de Reconquête qui, comme toujours, ne respirent pas la France qui souffre, explique qu’il va accélérer. Le polémiste a assisté amer au premier débat présidentiel, organisé par le Medef le 27 août. Son équipe a bien tenté de lui faire une place. «Il faut être candidat», les a-t-on éconduits.
Rendez-vous est donc donné, jeudi 10 septembre à la foire de Châlons-en-Champagne pour marquer une étape de sa candidature. «Il y a cinq ans, j’ai vraiment hésité, raconte-t-il. Aujourd’hui, je sais les erreurs que j’ai faites. Par exemple, j’ai trop tardé à déclarer ma candidature.» A-t-il seulement envisagé de laisser sa place à Sarah Knafo ? «Je me pose toutes les questions», élude-t-il, préférant vanter un vrai binôme pour mieux attaquer ses concurrents. «Le départ de Durvye est un point fondamental, savoure-t-il, en référence à l’éviction du conseiller économique de Jordan Bardella, révélée par Libération. Bardella n’est non seulement pas candidat, mais en plus il est marginalisé.»
«Un Bardella sous testo, ça aurait été plus compliqué pour nous»
Le 7 juillet, après Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy, Eric Zemmour était probablement le plus heureux des hommes. Avec la décision de justice qui permettait à la première d’entrer en campagne, son ancien concurrent tenait sa revanche. Depuis, il jubile en suivant les troubles internes qui, juge-t-il, élargissent son espace politique. «Meloni le dit bien : Marine Le Pen est socialiste, progressiste et elle pense que l’islam est compatible avec la République, avance-t-il. Le problème, c’est que les gens qui votent pour moi hésitent à voter pour elle car ils pensent que c’est la même chose mais c’est faux. J’ai des désaccords de fond avec Marine Le Pen.»
Parti dans l’une de ses habituelles tirades sur l’islam, le polémiste est interrompu par les éditorialistes Eugénie Bastié et Elisabeth Lévy. «Eric, excuse-nous, il y a ton fan club», se signale la première, quelques minutes avant qu’Eric Naulleau ne tape lui aussi sur l’épaule de son ancien partenaire qui reprend : «Je ne veux pas que mon pays soit musulman.» En homme cohérent, il soutient donc, comme le RN, l’interdiction du voile dans l’espace public mais aussi celle de la kippa. «Calotte», préfère d’ailleurs Zemmour, nostalgique du temps où l’assimilation faisant encore son effet, les juifs parlaient de «communion» et non de «bar-mitvah».
«C’est vrai qu’un Bardella sous testo, avec des accents libéraux, ça aurait été plus compliqué pour nous, mais Zemmour y serait allé quand même, il n’a jamais hésité depuis 2022», assure une proche de l’essayiste. Dans son entourage, certains accusent Sarah Knafo d’avoir laissé le doute s’installer en le mettant de côté. «Dès qu’il parle à des journalistes, ils n’ont plus aucun doute sur son ambition mais Sarah a pris soin de les tenir à distance», affirme la même source.
«Brise-glace»
Zemmour lui, est persuadé que les échos sur la concurrence interne de son couple viennent des cadres du RN. «Il pense que tous ses malheurs viennent de Marine Le Pen», s’amuse un interlocuteur de l’écosystème. Knafo agace pourtant jusqu’en interne, trop sûre d’elle, trop orgueilleuse depuis les municipales à Paris. Comme Zemmour avant elle, l’eurodéputée est une bulle médiatique, poussée notamment par Vincent Bolloré, lassé de son compagnon. Mais quelle traduction électorale ?
Dans tous les sondages, le binôme de Reconquête est loin, très loin derrière celui du RN. «Elle va avoir Bardella dans les jambes pour trente ans», juge un cadre de droite. Preuve de la fébrilité du mouvement, certains militants rôdent autour du RN sans oser franchir le pas. «Ce n’est plus pareil qu’en 2021», admet l’un d’eux avant de relativiser : «Le camp national peut se permettre d’avoir deux candidats. Reconquête ratisse plus large et Zemmour permet à Marine Le Pen d’être plus soft. Il y a comme une répartition des rôles, il fait brise-glace.» Voici donc le couple réduit au rôle de défricheurs, au service de leurs meilleurs ennemis.
https://www.liberation.fr/politique/pre ... EJZ65GIAE/