Y a-t-il du racisme "dans tous les partis" politiques, comme l'affirme le RN Louis Alliot ?
Posté : 11 septembre 2026 09:57
Le RN sur la première marche du podium. Mais qui en doutait ?...
Le Rassemblement national a exclu un policier de Carcassonne, membre de son service d'ordre, après une polémique raciste. Mais le parti se défend en disant qu'il y a des racistes "dans tous les partis" politiques. franceinfo démêle le vrai du faux.
Publié le 11/09/2026 09:11
Le Rassemblement national est dans la tourmente, après qu'un membre de son service d'ordre, policier à Carcassonne, a été filmé en train de proférer des insultes racistes, transphobes et misogynes. Le parti a décidé de l'exclure et se défend dans les médias d'attirer des racistes. À la question : "Pourquoi les attirez-vous ?", le maire de Perpignan Louis Aliot répond jeudi 10 septembre sur franceinfo que, des racistes, "il y en a partout, dans tous les partis". Vrai ou Faux ?
Des propos assez trompeurs car, s'il y a bel et bien des polémiques racistes dans les autres partis politiques, elles sont sans commune mesure avec les dizaines et dizaines de cas qui ont été recensés au RN.
Au Rassemblement national, les polémiques racistes se comptent par dizaines, sans même revenir aux origines du parti – cofondé par un ancien Waffen-SS sous le nom de Front national – et à son premier leader Jean-Marie Le Pen, habitué de la provocation raciste et antisémite, qui a notamment déclaré que la Shoah était un "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Depuis que sa fille, Marine Le Pen, a repris la tête du parti et en a exclu son père, les provocations sont moins outrancières, mais elles ne sont pas moins nombreuses.
Des législatives aux municipales, le RN toujours confronté à des candidats problématiques
Ne serait-ce que lors des élections législatives de 2024, Médiapart et Streetpress ont compté 109 candidats RN problématiques. Parmi eux, près de 70 avaient tenu des propos racistes ou étaient proches de néonazis, les autres étaient homophobes ou misogynes. On peut citer le cas de Grégory Renard, candidat pour devenir suppléant dans le Morbihan, qui employait sur les réseaux sociaux le terme de "bogmoule", substitut de l'insulte raciste "bougnoule" pour éviter la censure des réseaux sociaux. Ou d'Antoine Oliviero, toujours dans le Morbihan, surnommé "le néonazi" par ses propres militants RN locaux. Ou de Julie Apricena, dans le Cher, qui a posé avec un t-shirt floqué d'un slogan suprémaciste blanc avec des skinheads néonazis. Ou de Daniel Grenon, dans l'Yonne, qui estimait que les Maghrébins, "ces gens-là [n'avaient] pas leur place dans les hauts lieux". Ou de Grégoire de Fournas qui a été exclu 15 jours de l'Assemblée nationale pour avoir interrompu la prise de parole du député LFI Carlos Bilongo par la phrase "qu'il retourne en Afrique". La liste est longue.
Avant les municipales de mars 2026, le Rassemblement national a mis en place des commissions nationales d'investiture pour éviter de reproduire le fiasco des élections législatives. Les réseaux sociaux des candidats ont été passés en revue, surveillés. Le parti expliquait alors au Monde qu'il ne voulait pas de candidats racistes ou complotistes. Malgré cela, lors de ces élections, Médiapart a encore trouvé plus d'une vingtaine de candidats ayant déjà tenu des propos ouvertement racistes.
Quelques cas au Parti socialiste et à La France insoumise
En comparaison, les affaires dans les autres partis sont peu nombreuses, bien qu'elles existent. Louis Aliot a cité sur franceinfo deux exemples au sein du Parti socialiste. "Je pense au maire socialiste qui a parlé de maire Youpine. Je pense à la secrétaire départementale dans le Rhône du Parti socialiste qui a été exclue pour des propos racistes sur les Noirs", a-t-il énoncé sur franceinfo. Des exemples qui existent bel et bien. Il s'agit d'abord de Bernard Bazinet, maire d'Augignac en Dordogne, qui a estimé en décembre sur Facebook que la France était "trop youpine" pour boycotter l'Eurovision à laquelle des artistes israéliens participent. Il a été suspendu du PS et condamné par la justice pour injure publique raciale. Il s'agit ensuite de Christiane Constant, première secrétaire fédérale du PS dans le Rhône qui a proféré des propos racistes dans un message téléphonique après son élection : "On a éliminé tous ces macaques." Elle reconnaît des propos malheureux, mais nie tout racisme. Elle a été démise de ses fonctions.
En fouillant dans les archives de la presse, on trouve au moins deux autres exemples de polémiques racistes au PS pendant ces dix dernières années. En 2017, le PS a exclu une figure du parti, Gérard Filoche, car il avait partagé sur les réseaux sociaux un photomontage antisémite publié initialement sur le site de l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. La conseillère municipale de Perpignan Annabelle Brunet (PS-Place publique) a aussi été accusée d'avoir fait un salut nazi en plein conseil municipal en juin 2026 pour dénoncer une mesure de la mairie RN.
Ces dix dernières années, certains membres de La France insoumise ont aussi été épinglés pour des propos antisémites. Ainsi, l'investiture de Reda Belkadi pour les législatives de 2024 dans le Loir-et-Cher lui a été retirée par le parti à cause de tweets antisémites. L'investiture d'Yves Bouteiller aux municipales de 2026 à Romilly-sur-Seine, dans l'Aube, lui a été enlevée pour les mêmes raisons, il avait notamment qualifié le député socialiste Jérôme Guedj de "salopard sioniste". Le chef de file du mouvement à Tourcoing, dans le Nord, Dalil Diab, a été contraint de présenter des excuses pour son soutien passé à Dieudonné M'Bala M'Bala, selon Le Monde.
Jean-Luc Mélenchon est lui-même régulièrement épinglé pour des propos qui empruntent aux discours antisémites et pour son ambiguïté sur le sujet. La Ligue des droits de l'Homme a ainsi condamné sa façon d'ironiser sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein et de plusieurs personnalités juives en février 2026. Des propos "conspirationnistes et antisémites" selon la LDH.
Des polémiques racistes aussi à droite
La droite a également été marquée par plusieurs polémiques racistes ces dix dernières années. En 2019, la députée européenne Les Républicains Nadine Morano qualifiait dans un tweet la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye de "Sénégalaise très bien née" en "tenue de cirque". En 2021, le maire LR de Chalon-sur-Saône Gilles Platret a affirmé sur Cnews qu'il y avait une "épuration ethnique" en cours dans certains quartiers et qu'un certain "bloc musulman" cherchait à chasser les autres. Le régulateur de l'audiovisuel avait été saisi. La même année, Étienne Blanc est contraint de démissionner de la présidence du groupe municipal d'opposition à Lyon après des propos polémiques sur Vichy. Il s'est demandé si, "en signant l'armistice, on [n'avait] pas donné aux Juifs les moyens de protection qui, pendant deux ans, permettaient de fuir le régime nazi".
On peut aussi citer Max Guazzini, le colistier de Rachida Dati aux municipales 2026 à Paris, qui a comparé la victoire de Zohran Mamdani, premier maire musulman de New York, aux attentats du 11 septembre 2001. Ou encore Isabelle Balkany, qui a surnommé un employé municipal vietnamien de Levallois-Perret "grain de riz" et "petit boat people". Des propos tenus dans les années 2000, mais révélés dans les années 2020. Ou encore l'un des proches collaborateurs du maire LR de La Baule-Escoublac Franck Louvrier, qui tient des propos racistes et complotistes, selon Politis.
https://www.franceinfo.fr/replay-radio/ ... 65828.html
Le Rassemblement national a exclu un policier de Carcassonne, membre de son service d'ordre, après une polémique raciste. Mais le parti se défend en disant qu'il y a des racistes "dans tous les partis" politiques. franceinfo démêle le vrai du faux.
Publié le 11/09/2026 09:11
Le Rassemblement national est dans la tourmente, après qu'un membre de son service d'ordre, policier à Carcassonne, a été filmé en train de proférer des insultes racistes, transphobes et misogynes. Le parti a décidé de l'exclure et se défend dans les médias d'attirer des racistes. À la question : "Pourquoi les attirez-vous ?", le maire de Perpignan Louis Aliot répond jeudi 10 septembre sur franceinfo que, des racistes, "il y en a partout, dans tous les partis". Vrai ou Faux ?
Des propos assez trompeurs car, s'il y a bel et bien des polémiques racistes dans les autres partis politiques, elles sont sans commune mesure avec les dizaines et dizaines de cas qui ont été recensés au RN.
Au Rassemblement national, les polémiques racistes se comptent par dizaines, sans même revenir aux origines du parti – cofondé par un ancien Waffen-SS sous le nom de Front national – et à son premier leader Jean-Marie Le Pen, habitué de la provocation raciste et antisémite, qui a notamment déclaré que la Shoah était un "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Depuis que sa fille, Marine Le Pen, a repris la tête du parti et en a exclu son père, les provocations sont moins outrancières, mais elles ne sont pas moins nombreuses.
Des législatives aux municipales, le RN toujours confronté à des candidats problématiques
Ne serait-ce que lors des élections législatives de 2024, Médiapart et Streetpress ont compté 109 candidats RN problématiques. Parmi eux, près de 70 avaient tenu des propos racistes ou étaient proches de néonazis, les autres étaient homophobes ou misogynes. On peut citer le cas de Grégory Renard, candidat pour devenir suppléant dans le Morbihan, qui employait sur les réseaux sociaux le terme de "bogmoule", substitut de l'insulte raciste "bougnoule" pour éviter la censure des réseaux sociaux. Ou d'Antoine Oliviero, toujours dans le Morbihan, surnommé "le néonazi" par ses propres militants RN locaux. Ou de Julie Apricena, dans le Cher, qui a posé avec un t-shirt floqué d'un slogan suprémaciste blanc avec des skinheads néonazis. Ou de Daniel Grenon, dans l'Yonne, qui estimait que les Maghrébins, "ces gens-là [n'avaient] pas leur place dans les hauts lieux". Ou de Grégoire de Fournas qui a été exclu 15 jours de l'Assemblée nationale pour avoir interrompu la prise de parole du député LFI Carlos Bilongo par la phrase "qu'il retourne en Afrique". La liste est longue.
Avant les municipales de mars 2026, le Rassemblement national a mis en place des commissions nationales d'investiture pour éviter de reproduire le fiasco des élections législatives. Les réseaux sociaux des candidats ont été passés en revue, surveillés. Le parti expliquait alors au Monde qu'il ne voulait pas de candidats racistes ou complotistes. Malgré cela, lors de ces élections, Médiapart a encore trouvé plus d'une vingtaine de candidats ayant déjà tenu des propos ouvertement racistes.
Quelques cas au Parti socialiste et à La France insoumise
En comparaison, les affaires dans les autres partis sont peu nombreuses, bien qu'elles existent. Louis Aliot a cité sur franceinfo deux exemples au sein du Parti socialiste. "Je pense au maire socialiste qui a parlé de maire Youpine. Je pense à la secrétaire départementale dans le Rhône du Parti socialiste qui a été exclue pour des propos racistes sur les Noirs", a-t-il énoncé sur franceinfo. Des exemples qui existent bel et bien. Il s'agit d'abord de Bernard Bazinet, maire d'Augignac en Dordogne, qui a estimé en décembre sur Facebook que la France était "trop youpine" pour boycotter l'Eurovision à laquelle des artistes israéliens participent. Il a été suspendu du PS et condamné par la justice pour injure publique raciale. Il s'agit ensuite de Christiane Constant, première secrétaire fédérale du PS dans le Rhône qui a proféré des propos racistes dans un message téléphonique après son élection : "On a éliminé tous ces macaques." Elle reconnaît des propos malheureux, mais nie tout racisme. Elle a été démise de ses fonctions.
En fouillant dans les archives de la presse, on trouve au moins deux autres exemples de polémiques racistes au PS pendant ces dix dernières années. En 2017, le PS a exclu une figure du parti, Gérard Filoche, car il avait partagé sur les réseaux sociaux un photomontage antisémite publié initialement sur le site de l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. La conseillère municipale de Perpignan Annabelle Brunet (PS-Place publique) a aussi été accusée d'avoir fait un salut nazi en plein conseil municipal en juin 2026 pour dénoncer une mesure de la mairie RN.
Ces dix dernières années, certains membres de La France insoumise ont aussi été épinglés pour des propos antisémites. Ainsi, l'investiture de Reda Belkadi pour les législatives de 2024 dans le Loir-et-Cher lui a été retirée par le parti à cause de tweets antisémites. L'investiture d'Yves Bouteiller aux municipales de 2026 à Romilly-sur-Seine, dans l'Aube, lui a été enlevée pour les mêmes raisons, il avait notamment qualifié le député socialiste Jérôme Guedj de "salopard sioniste". Le chef de file du mouvement à Tourcoing, dans le Nord, Dalil Diab, a été contraint de présenter des excuses pour son soutien passé à Dieudonné M'Bala M'Bala, selon Le Monde.
Jean-Luc Mélenchon est lui-même régulièrement épinglé pour des propos qui empruntent aux discours antisémites et pour son ambiguïté sur le sujet. La Ligue des droits de l'Homme a ainsi condamné sa façon d'ironiser sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein et de plusieurs personnalités juives en février 2026. Des propos "conspirationnistes et antisémites" selon la LDH.
Des polémiques racistes aussi à droite
La droite a également été marquée par plusieurs polémiques racistes ces dix dernières années. En 2019, la députée européenne Les Républicains Nadine Morano qualifiait dans un tweet la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye de "Sénégalaise très bien née" en "tenue de cirque". En 2021, le maire LR de Chalon-sur-Saône Gilles Platret a affirmé sur Cnews qu'il y avait une "épuration ethnique" en cours dans certains quartiers et qu'un certain "bloc musulman" cherchait à chasser les autres. Le régulateur de l'audiovisuel avait été saisi. La même année, Étienne Blanc est contraint de démissionner de la présidence du groupe municipal d'opposition à Lyon après des propos polémiques sur Vichy. Il s'est demandé si, "en signant l'armistice, on [n'avait] pas donné aux Juifs les moyens de protection qui, pendant deux ans, permettaient de fuir le régime nazi".
On peut aussi citer Max Guazzini, le colistier de Rachida Dati aux municipales 2026 à Paris, qui a comparé la victoire de Zohran Mamdani, premier maire musulman de New York, aux attentats du 11 septembre 2001. Ou encore Isabelle Balkany, qui a surnommé un employé municipal vietnamien de Levallois-Perret "grain de riz" et "petit boat people". Des propos tenus dans les années 2000, mais révélés dans les années 2020. Ou encore l'un des proches collaborateurs du maire LR de La Baule-Escoublac Franck Louvrier, qui tient des propos racistes et complotistes, selon Politis.
https://www.franceinfo.fr/replay-radio/ ... 65828.html