Même aux sénatoriales, le RN trouve des « brebis galeuses » à investir
Posté : 24 septembre 2026 12:19
"Parmi elles, un ancien membre d’un groupuscule néonazi, autrefois à la tête d’une librairie d’extrême droite vendant des ouvrages antisémites.
178. C’est le nombre de sièges remis en jeu dans le cadre des élections sénatoriales prévues ce dimanche 27 septembre. Peu suivi des Français en raison de son fonctionnement complexe, le scrutin intéresse particulièrement le RN, qui cherche à s’ancrer de façon plus significative au Sénat. Le parti présidé par Jordan Bardella a par ailleurs de grandes chances de compter assez de sénateurs pour y constituer un groupe, une première dans l’histoire du parti d’extrême droite qui compte, à ce jour, seulement trois élus au Palais du Luxembourg.
Grâce à son alliance avec l’UDR d’Éric Ciotti, le RN espère en compter dix au minimum dimanche soir. Avec une stratégie consistant à draguer les maires sans étiquettes élus en zone rurale, en jouant notamment sur la « normalisation » revendiquée par la formation lepéniste qui, sur le plan électoral, ambitionne d’absorber les électeurs traditionnellement acquis à la droite LR. Or, pour que cela fonctionne, le parti doit montrer patte blanche et convaincre qu’il a rompu avec son passé sulfureux. Un récit récemment écorné par l’affaire de Carcassonne et mis à mal par plusieurs investitures décidées par le RN.
Car, comme on l’a vu aux législatives, puis aux municipales, le parti de Jordan Bardella a manifestement du mal à se séparer de ses fameuses « brebis galeuses », jetant une lumière crue sur son ancrage idéologique et ses racines historiques. Parmi elles, Eric Miné. Candidat en deuxième position sur la liste RN des Français établis hors de France, le sexagénaire a grenouillé dans ce que l’extrême droite produit de pire, rappelle Le Canard enchaîné. Parmi ses faits d’armes, on peut citer la gérance de la librairie L’æncre, dans laquelle on trouvait des ouvrages néonazis et antisémites. Comme l’écrivait Le Monde en 2014, Eric Miné est aussi « passé par la FANE, groupuscule néonazi des années 1970, puis par l’Œuvre française ».
En 2013, ce même personnage « était l’une des trois figures de proue (...) d’un éphémère Collectif des libertés publiques créé pour soutenir Serge Ayoub après la dissolution des JNR et de Troisième voie consécutive à la mort du jeune Clément Méric », notait encore le quotidien du soir. Sa plume, contre le mariage pour tous, tranche de façon radicale avec l’image que souhaite afficher le RN aujourd’hui. Voici ce qu’il écrivait à ce sujet sur le site d’extrême droite Boulevard Voltaire : « les "pédés se fricotant dans les buissons, à l’affût dans les gares des appelés du contingent – ou, à défaut, de nos jours, des migrants en déshérence –, louant à l’occasion les services d’éphèbes compréhensifs, cela commençait à faire désordre. Ramenons vite tous ces homos en rut dans la voie sereine d’un foyer marital ». Classe.
Casiers judiciaires
Sans surprise, le profil du candidat RN a provoqué l’indignation, notamment à gauche. « Répétons-le : il n’y a pas de brebis galeuse. Le RN c’est la haine », a dénoncé dans un tweet le député LFI Paul Vannier, en détaillant le CV de l’intéressé. Indignation partagée par son collègue Thomas Portes, qui dénonce le « silence des médias » à son sujet.
Éric Miné n’est pas le seul à avoir attiré l’attention de la presse. Investi en Corrèze, Valéry Elophe a été épinglé par Les Jours pour sa propension à répandre des propos orduriers sur les réseaux sociaux. Ce qui lui a valu une condamnation définitive pour « injures publiques », après qu’il a qualifié plusieurs syndicats ayant participé en novembre 2023 à un rassemblement en hommage aux victimes civiles à Gaza « d’idiots utiles et collabos des terroristes du Hamas ».
L’homme est coutumier des commentaires qui révèlent le logiciel que le RN cherche à enterrer, entre propos climatosceptiques et observations aux relents homophobes. À noter que sa condamnation définitive pour « injures publiques » va également à l’encontre des critères fixés par Jordan Bardella. En novembre 2024, le président du RN déclarait précisément ceci : « ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro 1 lorsqu’on souhaite être parlementaire de la République ». Manifestement, ce souci de l’intégrité ne s’applique pas à Valéry Elophe, pas plus qu’à Thierry d’Aigremont. Candidat dans le Vaucluse, l’homme de 63 ans n’est pas un inconnu de la justice. « Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis dans le cadre d’une enquête sur des vols en réunion commis, en 2007 et 2008, dans l’Hérault et dans le Var », détaillait Le Monde en février 2023. Un passé judiciaire que le RN ne peut pas ignorer, puisque son avocat n’était autre que… Hervé de Lépinau, actuel député RN du Vaucluse."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 29247.html
178. C’est le nombre de sièges remis en jeu dans le cadre des élections sénatoriales prévues ce dimanche 27 septembre. Peu suivi des Français en raison de son fonctionnement complexe, le scrutin intéresse particulièrement le RN, qui cherche à s’ancrer de façon plus significative au Sénat. Le parti présidé par Jordan Bardella a par ailleurs de grandes chances de compter assez de sénateurs pour y constituer un groupe, une première dans l’histoire du parti d’extrême droite qui compte, à ce jour, seulement trois élus au Palais du Luxembourg.
Grâce à son alliance avec l’UDR d’Éric Ciotti, le RN espère en compter dix au minimum dimanche soir. Avec une stratégie consistant à draguer les maires sans étiquettes élus en zone rurale, en jouant notamment sur la « normalisation » revendiquée par la formation lepéniste qui, sur le plan électoral, ambitionne d’absorber les électeurs traditionnellement acquis à la droite LR. Or, pour que cela fonctionne, le parti doit montrer patte blanche et convaincre qu’il a rompu avec son passé sulfureux. Un récit récemment écorné par l’affaire de Carcassonne et mis à mal par plusieurs investitures décidées par le RN.
Car, comme on l’a vu aux législatives, puis aux municipales, le parti de Jordan Bardella a manifestement du mal à se séparer de ses fameuses « brebis galeuses », jetant une lumière crue sur son ancrage idéologique et ses racines historiques. Parmi elles, Eric Miné. Candidat en deuxième position sur la liste RN des Français établis hors de France, le sexagénaire a grenouillé dans ce que l’extrême droite produit de pire, rappelle Le Canard enchaîné. Parmi ses faits d’armes, on peut citer la gérance de la librairie L’æncre, dans laquelle on trouvait des ouvrages néonazis et antisémites. Comme l’écrivait Le Monde en 2014, Eric Miné est aussi « passé par la FANE, groupuscule néonazi des années 1970, puis par l’Œuvre française ».
En 2013, ce même personnage « était l’une des trois figures de proue (...) d’un éphémère Collectif des libertés publiques créé pour soutenir Serge Ayoub après la dissolution des JNR et de Troisième voie consécutive à la mort du jeune Clément Méric », notait encore le quotidien du soir. Sa plume, contre le mariage pour tous, tranche de façon radicale avec l’image que souhaite afficher le RN aujourd’hui. Voici ce qu’il écrivait à ce sujet sur le site d’extrême droite Boulevard Voltaire : « les "pédés se fricotant dans les buissons, à l’affût dans les gares des appelés du contingent – ou, à défaut, de nos jours, des migrants en déshérence –, louant à l’occasion les services d’éphèbes compréhensifs, cela commençait à faire désordre. Ramenons vite tous ces homos en rut dans la voie sereine d’un foyer marital ». Classe.
Casiers judiciaires
Sans surprise, le profil du candidat RN a provoqué l’indignation, notamment à gauche. « Répétons-le : il n’y a pas de brebis galeuse. Le RN c’est la haine », a dénoncé dans un tweet le député LFI Paul Vannier, en détaillant le CV de l’intéressé. Indignation partagée par son collègue Thomas Portes, qui dénonce le « silence des médias » à son sujet.
Éric Miné n’est pas le seul à avoir attiré l’attention de la presse. Investi en Corrèze, Valéry Elophe a été épinglé par Les Jours pour sa propension à répandre des propos orduriers sur les réseaux sociaux. Ce qui lui a valu une condamnation définitive pour « injures publiques », après qu’il a qualifié plusieurs syndicats ayant participé en novembre 2023 à un rassemblement en hommage aux victimes civiles à Gaza « d’idiots utiles et collabos des terroristes du Hamas ».
L’homme est coutumier des commentaires qui révèlent le logiciel que le RN cherche à enterrer, entre propos climatosceptiques et observations aux relents homophobes. À noter que sa condamnation définitive pour « injures publiques » va également à l’encontre des critères fixés par Jordan Bardella. En novembre 2024, le président du RN déclarait précisément ceci : « ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro 1 lorsqu’on souhaite être parlementaire de la République ». Manifestement, ce souci de l’intégrité ne s’applique pas à Valéry Elophe, pas plus qu’à Thierry d’Aigremont. Candidat dans le Vaucluse, l’homme de 63 ans n’est pas un inconnu de la justice. « Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis dans le cadre d’une enquête sur des vols en réunion commis, en 2007 et 2008, dans l’Hérault et dans le Var », détaillait Le Monde en février 2023. Un passé judiciaire que le RN ne peut pas ignorer, puisque son avocat n’était autre que… Hervé de Lépinau, actuel député RN du Vaucluse."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 29247.html