On n'est au courant de rien : la seule maire RN d'Alsace fait face à une fronde au sein de sa propre majorité municipale
Posté : 25 septembre 2026 06:30
Onze conseillers municipaux, donc six issus de la majorité du Rassemblement national, ont demandé à ce que les délégations de la maire Raphaële Schober lui soient retirées. À peine six mois après son élection, sa majorité est paralysée.
Si le Rassemblement national (RN) misait sur l'échelle municipale pour se forger une réputation de sérieux, la tâche semble mal engagée en Alsace. La seule maire élue en mars dernier à Wittelsheim, Raphaële Schober, doit - déjà - gérer une fronde interne potentiellement explosive pour la suite de son mandat.
Le mercredi 16 septembre, la direction générale des services de la Ville a ainsi reçu une demande d'ajout d'un point à l'ordre du jour du prochain conseil municipal : la suppression des délégations de la maire. La démarche a été signée par onze élus dont six issus de la majorité d'extrême-droite.
Si un conseil municipal n'a pas la possibilité de destituer une maire - seul l'Etat le peut - le code général des collectivités publiques permet en revanche de lui enlever les pouvoirs qui lui ont été délégués en début de mandat (par exemple, le fait de réaliser des emprunts ou de passer des marchés publics). "Depuis le début du mandat, aucune action n'a été entreprise dans ces domaines, explique Nicolas Benoin, premier adjoint et à l'initiative de la fronde. C'est aussi symbolique : c'est le moyen dont nous disposons pour dire publiquement que la maire ne doit plus exercer."
Un mandat contrarié dès le début
Dès le lendemain et prenant la mesure de la gravité de la crise, la maire fait parvenir à l'ensemble des conseillers municipaux sa décision de reporter le prochain conseil municipal, initialement prévu au 24 septembre, à une date ultérieure. "Je compte prendre la parole sur toute cette affaire la semaine prochaine", nous a-t-elle indiqué ce mercredi 23 septembre, conformément à ses réponses au journal l'Alsace, où l'information est d'abord parue.
Le tribunal administratif de Strasbourg doit étudier le 29 septembre deux recours en annulation concernant son élection, déposés dès le printemps dernier. "Il y a effectivement cette échéance, mais aussi le fait que je me dois, par ma fonction, de prendre du recul par rapport à tout ce qui se dit", glisse-t-elle tout de même.
Comment est-on arrivé à une telle situation de paralysie en quelques mois ? Selon Nicolas Benoin, qui assure que "tout se passait merveilleusement bien pendant la campagne", les choses se sont détériorées dès le mois d'avril. "Elle a mis en place une sorte d'oligarchie : toutes les décisions étaient prises au sein d'un petit cercle de trois personnes. Ceux qui n'en faisaient pas partie n'étaient au courant de rien."
"La démocratie remise en question"
Mis à l'écart très tôt alors qu'il avait été choisi comme premier adjoint, Nicolas Benoin a lui aussi été bousculé dans la foulée des élections. Le préfet du Haut-Rhin Emmanuel Aubry et l'ancien maire Yves Goepfert pointent dans leur requête son inéligibilité en tant qu'officier de police judiciaire exerçant un mandat de conseiller municipal dans une commune de son ressort.
Mais que l'élection la victoire historique du RN (à 17 voix près) soit potentiellement annulée à cause de sa présence n'a, selon lui, pas joué dans sa mise à l'écart. "Du moins, ce n'est pas mon impression : il faudrait le lui demander à elle", glisse Nicolas Benoin. Peut-être Raphaële Schober l'évoquera-t-elle dans sa prochaine prise de parole.
Quoi qu'il en soit, la fronde ne se limite pas au premier adjoint. La demande de retrait des délégations de la maire a été signée par onze conseillers municipaux, dont six de la majorité. "Je suis horrifiée de ce qui se passe, déplore Agnès Andris, élue RN. C'est un exercice du pouvoir dirigiste, on n'est jamais consultés, on apprend ce qui se passe par le biais des réseaux sociaux. La démocratie est remise en question."
Un début de mandat chaotique dont le Rassemblement national, lancé dans une quête de crédibilité et de sérieux en vue de la présidentielle en 2027, se serait bien passé. Bien entendu, Nicolas Benoin comme Agnès Andris assurent que la crise n'est en aucun cas représentative de l'exercice du pouvoir du RN, et que le problème "vient de la personne". "Wittelsheim, c'est comme un grand village, je ne suis pas sûr que les électeurs fassent le lien avec le parti", veut croire Agnès Andris.
Seules les urnes le diront, et elles pourraient délivrer leur verdict bien vite si le tribunal administratif venait à annuler l'élection le 29 septembre.
https://france3-regions.franceinfo.fr/g ... 21826.html
Si le Rassemblement national (RN) misait sur l'échelle municipale pour se forger une réputation de sérieux, la tâche semble mal engagée en Alsace. La seule maire élue en mars dernier à Wittelsheim, Raphaële Schober, doit - déjà - gérer une fronde interne potentiellement explosive pour la suite de son mandat.
Le mercredi 16 septembre, la direction générale des services de la Ville a ainsi reçu une demande d'ajout d'un point à l'ordre du jour du prochain conseil municipal : la suppression des délégations de la maire. La démarche a été signée par onze élus dont six issus de la majorité d'extrême-droite.
Si un conseil municipal n'a pas la possibilité de destituer une maire - seul l'Etat le peut - le code général des collectivités publiques permet en revanche de lui enlever les pouvoirs qui lui ont été délégués en début de mandat (par exemple, le fait de réaliser des emprunts ou de passer des marchés publics). "Depuis le début du mandat, aucune action n'a été entreprise dans ces domaines, explique Nicolas Benoin, premier adjoint et à l'initiative de la fronde. C'est aussi symbolique : c'est le moyen dont nous disposons pour dire publiquement que la maire ne doit plus exercer."
Un mandat contrarié dès le début
Dès le lendemain et prenant la mesure de la gravité de la crise, la maire fait parvenir à l'ensemble des conseillers municipaux sa décision de reporter le prochain conseil municipal, initialement prévu au 24 septembre, à une date ultérieure. "Je compte prendre la parole sur toute cette affaire la semaine prochaine", nous a-t-elle indiqué ce mercredi 23 septembre, conformément à ses réponses au journal l'Alsace, où l'information est d'abord parue.
Le tribunal administratif de Strasbourg doit étudier le 29 septembre deux recours en annulation concernant son élection, déposés dès le printemps dernier. "Il y a effectivement cette échéance, mais aussi le fait que je me dois, par ma fonction, de prendre du recul par rapport à tout ce qui se dit", glisse-t-elle tout de même.
Comment est-on arrivé à une telle situation de paralysie en quelques mois ? Selon Nicolas Benoin, qui assure que "tout se passait merveilleusement bien pendant la campagne", les choses se sont détériorées dès le mois d'avril. "Elle a mis en place une sorte d'oligarchie : toutes les décisions étaient prises au sein d'un petit cercle de trois personnes. Ceux qui n'en faisaient pas partie n'étaient au courant de rien."
"La démocratie remise en question"
Mis à l'écart très tôt alors qu'il avait été choisi comme premier adjoint, Nicolas Benoin a lui aussi été bousculé dans la foulée des élections. Le préfet du Haut-Rhin Emmanuel Aubry et l'ancien maire Yves Goepfert pointent dans leur requête son inéligibilité en tant qu'officier de police judiciaire exerçant un mandat de conseiller municipal dans une commune de son ressort.
Mais que l'élection la victoire historique du RN (à 17 voix près) soit potentiellement annulée à cause de sa présence n'a, selon lui, pas joué dans sa mise à l'écart. "Du moins, ce n'est pas mon impression : il faudrait le lui demander à elle", glisse Nicolas Benoin. Peut-être Raphaële Schober l'évoquera-t-elle dans sa prochaine prise de parole.
Quoi qu'il en soit, la fronde ne se limite pas au premier adjoint. La demande de retrait des délégations de la maire a été signée par onze conseillers municipaux, dont six de la majorité. "Je suis horrifiée de ce qui se passe, déplore Agnès Andris, élue RN. C'est un exercice du pouvoir dirigiste, on n'est jamais consultés, on apprend ce qui se passe par le biais des réseaux sociaux. La démocratie est remise en question."
Un début de mandat chaotique dont le Rassemblement national, lancé dans une quête de crédibilité et de sérieux en vue de la présidentielle en 2027, se serait bien passé. Bien entendu, Nicolas Benoin comme Agnès Andris assurent que la crise n'est en aucun cas représentative de l'exercice du pouvoir du RN, et que le problème "vient de la personne". "Wittelsheim, c'est comme un grand village, je ne suis pas sûr que les électeurs fassent le lien avec le parti", veut croire Agnès Andris.
Seules les urnes le diront, et elles pourraient délivrer leur verdict bien vite si le tribunal administratif venait à annuler l'élection le 29 septembre.
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