Plus de la moitié des 230 cadres du RN épinglés pour racisme ou antisémitisme
Posté : 12 octobre 2026 13:24
Vous ne pourrez plus dire...
« De la manipulation », pour Marine Le Pen. « Des salissures », renchérit le député Rassemblement national (RN) Jean-Philippe Tanguy. Face aux écrits antisémites de Jordan Bardella, authentifiés et révélés fin septembre par Mediapart, l’état-major du parti nie en bloc. Quelques semaines plus tôt, devant les vidéos de Midi Libre montrant les propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne et membre du service d’ordre du RN, la direction du parti bottait déjà en touche. « On a 150 000 adhérents, vous ne savez pas la vie, l’œuvre, les propos des uns ou des autres », répondait son porte-parole André Kotarac.
À ces déclarations, nous opposons des faits. Les cas de racisme et d’antisémitisme parmi les dirigeants, cadres, collaborateurs et élus du RN ont été documentés par de nombreux médias (Libération, Mediapart, Les Jours, StreetPress, l’Humanité). Nous avons réalisé une synthèse inédite de ces cas, répertoriés dans une seule base de données qui sera mise à jour autant que nécessaire dans les mois qui viennent.
Le résultat est effarant. Sur les 230 cadres et parlementaires du RN, 127 sont pointés du doigt (57%) pour des propos ou des actes racistes ou antisémites, pour des liens avec des organisations, personnalités ou comptes en ligne épinglés pour les mêmes raisons, ou pour l’embauche de proches collaborateurs eux-mêmes concernés (Notre méthodologie est détaillée en bas de l’article.) Ces personnes décident de la stratégie du RN et/ou votent les lois à l’Assemblée nationale, au Sénat ou au Parlement européen.
Le degré de gravité de chaque fait est bien sûr variable. Être membre actif d’un groupe Facebook noyé de contenus racistes n’est pas comparable avec le fait d’avoir d’avoir été filmé en faisant des saluts nazis ou d’avoir été condamné à de la prison ferme pour violences avec arme contre des personnes qui disent avoir été insultées de « sales Nègres ». Notre infographie interactive permet de naviguer parmi 127 de ces cas épinglés et d’en savoir plus sur ces personnes élues dans l’appareil du RN.
Le racisme et l’antisémitisme sont malheureusement présents partout sur l’échiquier politique, mais pas dans les mêmes proportions. Notre statistiques exclusives et l’analyse qui les suit démontrent leur caractère structurel au sein du RN et permet de constater qu’ils y trouvent un écho sans commune mesure par rapport au reste de l’offre politique.
Notre analyse relève donc que plus de la moitié (57 %) des cadres du RN sont épinglés pour racisme et antisémitisme. Ce n’est pas tout. Plus on s’approche du haut de la pyramide de l’organisation du RN, plus on trouve une proportion importante de personnes épinglées. C’est le cas de :
8 des 11 membres du Bureau exécutif du RN (73 %), véritable centre de décision opérationnel du parti.
35 des 47 membres du Bureau national (74%), qui fixe les grandes orientations politiques du parti.
72 des 123 membres du Conseil national (59 %), qui approuve la désignation des membres des bureaux et se prononce sur les grandes orientations du parti.
14 des 19 membres de la Commission d’investiture (74 %), chargée d’accorder l’investiture du parti pour les différentes élections.
6 des 8 membres (75 %) de la Commission des conflits, qui veille au respect du règlement du parti et sanctionne les manquements.
Concernant les parlementaires, notre enquête relève que 66 % des eurodéputés (19 sur 29), 61 % des députés (73 sur 119) et 23 % des sénateurs (3 sur 13) ont été épinglés dans des enquêtes de presse pour des cas de racisme et d’antisémitisme.
Derrière les chiffres, l’ultra-violence antisémite et raciste
Ces données regroupent des faits d’une violence glaçante. Premier aperçu :
Membre du Conseil national du RN, le député Frédéric Boccaletti a été condamné à de la prison ferme pour violence avec arme lors d’un collage d’affiches d’extrême droite, après une altercation avec cinq hommes qui disent avoir été insultés de « sales Nègres ». On lui reproche aussi d’avoir tenu une librairie vendant des ouvrages antisémites et négationnistes.
Membre du Bureau national du RN, Caroline Parmentier, chargée depuis 2019 de la dédiabolisation du parti, a selon Mediapart publié pendant trente ans des écrits antisémites, racistes et homophobes. Elle s’y attaque au « lobby juif » autant qu’aux « bohémiens galeux », elle apporte son soutien au collaborationniste Philippe Pétain qu’elle disait encore « défendre » en 2018. Son mentor, Jean Madiran, est ouvertement antisémite. L’une des cibles de Caroline Parmentier est la femme politique rescapée de la Shoah, Simone Veil.
Ancien directeur général du RN, Gilles Pennelle a, selon le JDD, été lié à un groupe « néopaïen racialiste qui se réclame du courant völkisch, l’une des matrices idéologiques du nazisme ». Le Monde rapportait en 2023 que le même Gilles Pennelle, aujourd’hui député européen, a publié des textes « aux côtés d’auteurs connus pour leur antisémitisme – certains condamnés pour incitation à la haine raciale ».
Désormais présidente du nouveau groupe Rassemblement national au Sénat, Edwige Diaz a répondu en 2022 à une interview télévisée à côté d’une citation du « petit Führer français » Jacques Doriot encadrée dans son bureau. En 2016, selon l’AFP, une vidéo avait montré Edwige Diaz faisant un salut nazi lors d’une université d’été du FN. Elle nie : son bras tendu visait selon elle à indiquer où était garée sa voiture.




égende : la Une de l’Humanité le 8 janvier 2025 après la mort de Jean-Marie Le Pen, montrant le couteau de ce tortionnaire en Algérie.


En 2018, Steve Bannon, alors conseiller de Donald Trump est l’invité d’honneur d’un congrès du RN en 2018. Il fait ce geste bras tendu. En 2025, alors qu’on lui reproche un autre salut nazi, Steve Bannon lui-même rappelera : «J’ai déjà fait le même geste devant le Front National il y a 7 ans !»
https://bonpote.com/plus-de-la-moitie-d ... semitisme/
« De la manipulation », pour Marine Le Pen. « Des salissures », renchérit le député Rassemblement national (RN) Jean-Philippe Tanguy. Face aux écrits antisémites de Jordan Bardella, authentifiés et révélés fin septembre par Mediapart, l’état-major du parti nie en bloc. Quelques semaines plus tôt, devant les vidéos de Midi Libre montrant les propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne et membre du service d’ordre du RN, la direction du parti bottait déjà en touche. « On a 150 000 adhérents, vous ne savez pas la vie, l’œuvre, les propos des uns ou des autres », répondait son porte-parole André Kotarac.
À ces déclarations, nous opposons des faits. Les cas de racisme et d’antisémitisme parmi les dirigeants, cadres, collaborateurs et élus du RN ont été documentés par de nombreux médias (Libération, Mediapart, Les Jours, StreetPress, l’Humanité). Nous avons réalisé une synthèse inédite de ces cas, répertoriés dans une seule base de données qui sera mise à jour autant que nécessaire dans les mois qui viennent.
Le résultat est effarant. Sur les 230 cadres et parlementaires du RN, 127 sont pointés du doigt (57%) pour des propos ou des actes racistes ou antisémites, pour des liens avec des organisations, personnalités ou comptes en ligne épinglés pour les mêmes raisons, ou pour l’embauche de proches collaborateurs eux-mêmes concernés (Notre méthodologie est détaillée en bas de l’article.) Ces personnes décident de la stratégie du RN et/ou votent les lois à l’Assemblée nationale, au Sénat ou au Parlement européen.
Le degré de gravité de chaque fait est bien sûr variable. Être membre actif d’un groupe Facebook noyé de contenus racistes n’est pas comparable avec le fait d’avoir d’avoir été filmé en faisant des saluts nazis ou d’avoir été condamné à de la prison ferme pour violences avec arme contre des personnes qui disent avoir été insultées de « sales Nègres ». Notre infographie interactive permet de naviguer parmi 127 de ces cas épinglés et d’en savoir plus sur ces personnes élues dans l’appareil du RN.
Le racisme et l’antisémitisme sont malheureusement présents partout sur l’échiquier politique, mais pas dans les mêmes proportions. Notre statistiques exclusives et l’analyse qui les suit démontrent leur caractère structurel au sein du RN et permet de constater qu’ils y trouvent un écho sans commune mesure par rapport au reste de l’offre politique.
Notre analyse relève donc que plus de la moitié (57 %) des cadres du RN sont épinglés pour racisme et antisémitisme. Ce n’est pas tout. Plus on s’approche du haut de la pyramide de l’organisation du RN, plus on trouve une proportion importante de personnes épinglées. C’est le cas de :
8 des 11 membres du Bureau exécutif du RN (73 %), véritable centre de décision opérationnel du parti.
35 des 47 membres du Bureau national (74%), qui fixe les grandes orientations politiques du parti.
72 des 123 membres du Conseil national (59 %), qui approuve la désignation des membres des bureaux et se prononce sur les grandes orientations du parti.
14 des 19 membres de la Commission d’investiture (74 %), chargée d’accorder l’investiture du parti pour les différentes élections.
6 des 8 membres (75 %) de la Commission des conflits, qui veille au respect du règlement du parti et sanctionne les manquements.
Concernant les parlementaires, notre enquête relève que 66 % des eurodéputés (19 sur 29), 61 % des députés (73 sur 119) et 23 % des sénateurs (3 sur 13) ont été épinglés dans des enquêtes de presse pour des cas de racisme et d’antisémitisme.
Derrière les chiffres, l’ultra-violence antisémite et raciste
Ces données regroupent des faits d’une violence glaçante. Premier aperçu :
Membre du Conseil national du RN, le député Frédéric Boccaletti a été condamné à de la prison ferme pour violence avec arme lors d’un collage d’affiches d’extrême droite, après une altercation avec cinq hommes qui disent avoir été insultés de « sales Nègres ». On lui reproche aussi d’avoir tenu une librairie vendant des ouvrages antisémites et négationnistes.
Membre du Bureau national du RN, Caroline Parmentier, chargée depuis 2019 de la dédiabolisation du parti, a selon Mediapart publié pendant trente ans des écrits antisémites, racistes et homophobes. Elle s’y attaque au « lobby juif » autant qu’aux « bohémiens galeux », elle apporte son soutien au collaborationniste Philippe Pétain qu’elle disait encore « défendre » en 2018. Son mentor, Jean Madiran, est ouvertement antisémite. L’une des cibles de Caroline Parmentier est la femme politique rescapée de la Shoah, Simone Veil.
Ancien directeur général du RN, Gilles Pennelle a, selon le JDD, été lié à un groupe « néopaïen racialiste qui se réclame du courant völkisch, l’une des matrices idéologiques du nazisme ». Le Monde rapportait en 2023 que le même Gilles Pennelle, aujourd’hui député européen, a publié des textes « aux côtés d’auteurs connus pour leur antisémitisme – certains condamnés pour incitation à la haine raciale ».
Désormais présidente du nouveau groupe Rassemblement national au Sénat, Edwige Diaz a répondu en 2022 à une interview télévisée à côté d’une citation du « petit Führer français » Jacques Doriot encadrée dans son bureau. En 2016, selon l’AFP, une vidéo avait montré Edwige Diaz faisant un salut nazi lors d’une université d’été du FN. Elle nie : son bras tendu visait selon elle à indiquer où était garée sa voiture.




égende : la Une de l’Humanité le 8 janvier 2025 après la mort de Jean-Marie Le Pen, montrant le couteau de ce tortionnaire en Algérie.


En 2018, Steve Bannon, alors conseiller de Donald Trump est l’invité d’honneur d’un congrès du RN en 2018. Il fait ce geste bras tendu. En 2025, alors qu’on lui reproche un autre salut nazi, Steve Bannon lui-même rappelera : «J’ai déjà fait le même geste devant le Front National il y a 7 ans !»
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