Pont dans l'Oise : quand les médias en font trop...

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Jean de Meung
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Pont dans l'Oise : quand les médias en font trop...

Message par Jean de Meung » 14 août 2019 18:54

Spécial "anniversaire" du pont de Gènes...

Crépy-en-Valois, dans l'Oise, un pont en voie d'effondrement, selon les médias et des tas de témoins tous au fait de la technique.

Tout d'abord une vidéo, un reportage de 2018 diffusé à la suite de l'effondrement du pont de Gènes en Italie.

https://www.qwant.com/?q=pont%20cr%C3%A ... e51ff4fab1

Ensuite, ce reportage des journaux télévisés des jours derniers... Désolé, chez moi cette vidéo ne passe pas, j'espère ne pas m'être trompé de lien.

https://www.francetvinfo.fr/monde/itali ... 65643.html

Et si on démontait un peu tout ça ? Si on renvoyait les médias à leur cœur de métier : l'info, et non le sensationnel ? Et si on disait à tous ces spécialistes lambda de plutôt la fermer ?

Dans le premier reportage, on voit passer des PL, 800/jours selon le journaliste. On y voit en effet d'importants désordres, notamment sur les superstructures qui ont obligé la SNCF à mettre un dispositif anti-chute de bloc sur leur voie. Notez déjà qu'il n'est pas question du tablier: c'est la partie de l'ouvrage qui supporte le trafic, soit routier, soit ferroviaire, et il est structurel, c-à-d qu'il participe pleinement à la vie et à la pérennité de l'ouvrage.

Dans le second reportage, récent, anniversaire oblige, anxiogène et alarmiste, le pont est en voie d'écroulement latent. Du maire au simple passant, tous des spécialises en ouvrage d'art. On note quand même que depuis l'an dernier, il y a eu des restrictions de circulation et les > à 3,5t doivent faire un détour. On nous montre toujours les mêmes superstructures encore aussi peu en forme, mais on ne sait toujours pas ce qu'il en est du tablier, surtout en dessous, l'intrados. C'est lui rappelez-vous qui assure la pérennité du pont, principalement, avec les appuis (culées et piles).

Puis on y entend M. le maire qui se plaint à juste titre de cette querelle qu'il existerait entre le département et la SNCF/RFF, faisant qu'aucun des deux ne se sentiraient concernés par l'état de l'ouvrage, lequel ne doit quand même pas être à deux doigts d'un effondrement car sinon il y a belle lurette que les uns et les autres en auraient interdit le passage, surtout à une époque où le moindre ongle incarné mal soigné vaut un procès au pédicure.

Maintenant, quelques informations.

A qui appartient l'ouvrage ?
Normalement, c'est la voie portée qui prime. Si c'est une RD qui enjambe la voie ferrée, l'entretien de l'ouvrage est de la responsabilité du Conseil départemental (CD). Personne ne donne cette info dans le reportage. Et dans chaque département il existe une cellule spécifique dédiée à la surveillance des ouvrages d'art quand ceux-ci relèvent du département, cellule qui fait les rapports et les alertes qu'il faut.

Quid de la SNCF ?
La SNCF (ou plutôt RFF, car le réseau c'est RFF, la SCNCF, elle, elle transporte les voyageurs et affrète les trais), dont les voies passent en-dessous a probablement demandé au CD de faire poser des grilles anti chute de blocs afin de protéger ses trains, il n'est même pas sûr qu'elle y a mis le moindre franc. D'ailleurs, lorsqu'il est question de travaux à proximité d'une voie ferrée, ce n'est jamais simple, RFF ou la SNCF sont les rois des casse-bonbons et il faut impérativement respecter LEURS procédures !

Que peut faire le maire ? Si l"ouvrage est situé sur sa commune, Il peut toujours faire procéder à une inspection détaillée de l'ouvrage, à la condition que CD et RFF/SNCF se montrent coopératifs, ce qui est loin d'être gagné (il faut aussi ausculter le dessous du pont). Cela coûterait environ 4000€, à la louche. Mettons qu'il la fasse et qu'il obtienne un rapport suffisamment éloquent pour qu'il puisse renvoyer les uns et les autres à leurs responsabilités, et le voilà dégagé de toutes responsabilité en cas d'effondrement soudain du pont, ce qui paraît peu probable dans l'immédiat.

Par contre, et quoi qu'il arrive, ce n'est jamais bon que l'eau puisse pénétrer dans le béton d'un ouvrage, à termes les aciers s'oxydent et c'est là qu'apparaissent les pathologies dont certaines demandent parfois des travaux urgents de remise en état.

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