""La suite de nos révélations arrive", promet Fabrice Arfi de Mediapart, après les accusations d'antisémitisme contre Jordan Bardella
Jordan Bardella nie et annonce le dépôt de plusieurs plaintes contre le journal d'investigation. Fabrice Arfi, co-responsable du pôle "enquêtes" de Mediapart, se dit prêt à rendre publiques les preuves, en temps voulu.
Fabrice Arfi, coresponsable des enquêtes à Mediapart, le 30 septembre 2026 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Mediapart a révélé(Nouvelle fenêtre) lundi des propos antisémites sans équivoque que Jordan Bardella aurait tenu du temps de ses débuts au Front national il y a treize ans. Des accusations que le journal d'investigation maintient. Fabrice Arfi, co-responsable du pôle "enquêtes" de Mediapart promet mercredi 30 septembre sur franceinfo que "la suite des révélations arrive".
"Il y aura une démonstration de ce que nous avons écrit", assure Fabrice Arfi. Le journaliste précise que cette enquête est le fruit de plusieurs mois de travail depuis le printemps, auprès de "sources documentaires" et de "sources humaines différentes". "On ne va pas mettre la réputation du journal en jeu sur des informations aussi sensibles, si nous ne sommes pas sûrs à 200 %", poursuit-il.
L'enquête s'appuie notamment sur des mails, des "conversations privées sur des plateformes comme Facebook et Messenger", détaille Fabrice Arfi. Selon le journal d'investigation, Jordan Bardella est notamment l'auteur de plusieurs phrases comme "Les banques sont toutes détenues par des Juifs", "Le Juif doit dominer (sic) les autres peuples, les écraser et les voler".
Des "faux grossiers" dont le but serait de le "tuer politiquement", dément depuis Jordan Bardella qui dénonce "les prémices d'une guerre totale" contre le RN. Le président du parti a annoncé mardi le dépôt de plusieurs plaintes contre le journal d'investigation, l'une en diffamation et l'autre pour faux et usage de faux, "s'il y a des éléments écrits" publiés par Mediapart. Mais Fabrice Arfi précise "ne pas en avoir connaissance" pour l'heure.
Les menaces "me glissent dessus"
Faisant bloc derrière Jordan Bardella, Marine Le Pen a conseillé à Mediapart "d'enfiler son costard en Kevlar parce qu'il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent". Le Kevlar, c'est cette fibre qui constitue les gilets pare-balles. L'emploi de ce vocabulaire traduit un désir de "jouer au petit soldat", analyse Fabrice Arfi.
"Quand le mauvais exemple vient de si haut, ça peut toujours donner de mauvaises idées à des gens qui peuvent grandir dans un environnement politique où la violence existe", déplore-t-il. "Il y a une partie de moi qui, avec la rédaction, est sidérée de voir que quelqu'un qui veut présider à la destinée de la nation s'adresse ainsi aux journalistes", réagit Fabrice Arfi. "Une autre partie de moi fait que ce genre de menaces à peine déguisées me glisse dessus comme un jaune d'œuf sur une toile cirée si j'ose dire", ajoute le journaliste. Fabrice Arfi précise qu'il n'envisage pas, de son côté, de donner des suites judiciaires à ces menaces.".
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