On est en train de faire une com phénoménale au RN avec cette fadaise
cela va se constater dans les prochains sondage
Encore quelques fadaises de ce type et MLP sera élue des le premier tour
Jordan Bardella accusé d’avoir tenu de nombreux propos antisémites à ses débuts au FN
- Kelenner
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Re: Jordan Bardella accusé d’avoir tenu de nombreux propos antisémites à ses débuts au FN
Non mais il n'y a rien qui tient la route dans ta ligne de défense. Pour pouvoir excuser des propos de cette nature, il faudrait au préalable que Bardella les reconnaisse : or, il les nie, donc s'ils s'avèrent en définitive véridiques (et connaissant Mediapart, tu dois savoir qu'il y a de très fortes chances pour qu'ils le soient), l'excuse de minorité ne peut plus tenir. Quel serait l'intérêt pour Mediapart de produire sciemment une fausse accusation de cette nature, en sachant très bien qu'ils allaient devoir la démontrer de manière irréfutable, alors qu'ils sont auréolés de nombreuses révélations fracassantes sur les politiques, de Cahuzac à Sarkozy ? Ca ne fait aucun sens. Reste l'hypothèse qu'ils auraient été abusés par des faussaires particulièrement habiles, mais parlant de journalistes d'investigations ultra chevronnés, qui ont réussi l'exploit de démontrer les liens entre Sarkozy et Khadafi, ce serait très étonnant.papibilou a écrit : 29 septembre 2026 20:48Mais comment faîtes vous pour inventer les propos que l'on n'a pas tenu et laisser croire qu'ils ont vraiment été écrits ? Votre conclusion est parfaitement abusive et je suis gentil.djep a écrit : 29 septembre 2026 19:51
Bref, si l'accusation est vraie c'est excusable pour l'accusé ; par contre, si l'accusation est fausse, c'est très grave pour l'accusateur.![]()
Donc je vais la rectifier:
- si l'accusation est vraie, c'est excusable d'avoir prononcé ces propos il y a 14 ans à l'âge qu'il avait.
- mais si l'accusation est vraie il aura eu tort de les nier et apparaîtra comme un menteur et il devra attendre longtemps pour revenir au premier plan.
- si l'accusation est fausse et a été produite par mediapart de bonne foi, c'est excusable. Si elle a été produite en sachant qu'elle était fausse, alors oui, c'est grave et ça décrédibilisera mediapart pour longtemps.
- enfin, si Bardella est resté antisémite, c'est gravissime car il essaye de le cacher. S'il ne l'est plus parce qu'il a évolué et mûri c'est regrettable de lui faire une "querelle d'allemand" ( j'aime bien ces vieilles expressions). Et ça ce sera dur à prouver, dans un sens ou dans un autre.
Et puis l'excuse de minorité reste extrêmement fragile, compte tenu de la gravité des propos en question. Bardella aurait eu entre 17 et 20 ans au moment des faits, donc peut-être n'est-il même plus mineur, et en tout cas il n'avait pas 12 ans. On ne parle pas de quelques vagues clichés un peu douteux, mais de l'antisémitisme complotiste le plus crasse, nauséabond et outrancier qu'il soit : celui de Soral, des authentiques néo-nazis, du GUD dont on sait avec certitude que Bardella a été un proche, et qu'il compte toujours parmi son entourage de nombreuses personnes issues de cette mouvance. Désolé mais si les faits sont avérés, ce qu'on saura très vite, il faudrait être assez naïf pour croire qu'il ait pu changer du tout au tout, même s'il a mis depuis de l'eau dans son vin.
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Re: Jordan Bardella accusé d’avoir tenu de nombreux propos antisémites à ses débuts au FN
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation.
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Re: Jordan Bardella accusé d’avoir tenu de nombreux propos antisémites à ses débuts au FN
Émission spéciale : nos révélations sur Jordan Bardella
Après nos révélations sur les écrits antisémites de Jordan Bardella, le Rassemblement national menace « Mediapart ». Notre émission spéciale avec les journalistes qui ont enquêté.
À l’air libre
29 septembre 2026 à 18h57
Lundi, Mediapart a révélé des écrits antisémites de Jordan Bardella. Une enquête dévastatrice pour le patron du Rassemblement national (RN), premier ministre putatif de Marine Le Pen en cas de victoire en 2027.
Une preuve de plus que du Front national au RN, le parti d’extrême droite n’a pas changé.
Dans « À l’air libre », quatre de nos journalistes reviennent sur le fond de cette enquête, fruit d’un travail de plusieurs mois, documenté et sourcé. Et sur les propos gravissimes qu’elle révèle.
https://www.mediapart.fr/journal/politi ... n-bardella
Après nos révélations sur les écrits antisémites de Jordan Bardella, le Rassemblement national menace « Mediapart ». Notre émission spéciale avec les journalistes qui ont enquêté.
À l’air libre
29 septembre 2026 à 18h57
Lundi, Mediapart a révélé des écrits antisémites de Jordan Bardella. Une enquête dévastatrice pour le patron du Rassemblement national (RN), premier ministre putatif de Marine Le Pen en cas de victoire en 2027.
Une preuve de plus que du Front national au RN, le parti d’extrême droite n’a pas changé.
Dans « À l’air libre », quatre de nos journalistes reviennent sur le fond de cette enquête, fruit d’un travail de plusieurs mois, documenté et sourcé. Et sur les propos gravissimes qu’elle révèle.
https://www.mediapart.fr/journal/politi ... n-bardella
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Re: Jordan Bardella accusé d’avoir tenu de nombreux propos antisémites à ses débuts au FN
Quant à 17 ans on s'engage dans un parti raciste xénophobe et antisémite comme le FN on sait parfaitement à quoi s'en tenir.
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Re: Jordan Bardella accusé d’avoir tenu de nombreux propos antisémites à ses débuts au FN
Le RN, un rempart contre l’antisémitisme ?
Au-delà de l’enquête de Mediapart sur Bardella, que vaut la prétention du RN à se présenter en protecteur des Juifs de France ? L’analyse de l’historien et chercheur associé à l’institut Jonathas de Bruxelles Marc Knobel.
La lutte contre l’antisémitisme ne saurait servir de certificat de respectabilité politique
Le 28 septembre, Mediapart a publié une enquête attribuant à Jordan Bardella des messages antisémites datant de 2013. La gravité de ces propos impose la plus grande attention ; la gravité de l’accusation impose aussi la prudence. À ce stade, nous ne pouvons pas affirmer que Jordan Bardella en est l’auteur. Mediapart dit avoir authentifié les échanges. L’intéressé les conteste formellement, dénonce des « faux grossiers » et affirme avoir déposé plainte en diffamation[1].
Cette controverse importe, mais elle en masque une plus ancienne : que vaut la prétention du Rassemblement national à se présenter comme un protecteur des Juifs de France ?
La stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen
Dès son accession à la présidence du FN, en janvier 2011, Marine Le Pen ambitionne de conquérir le pouvoir. Elle place son discours sous le signe de la République et de l’héritage de 1789. Mais, pour espérer accéder un jour à la présidence de la République, elle comprend qu’elle doit transformer le parti, tenter de rassembler la droite et se défaire de l’image léguée par son père. Le 20 août 2015, Jean-Marie Le Pen est exclu du parti qu’il a contribué à fonder. Ses propos infâmes sur les chambres à gaz, son antisémitisme et son racisme entravaient la stratégie de « dédiabolisation » menée par sa fille. Elle l’écarte, mais conserve autour d’elle plusieurs protagonistes du FN au passé sulfureux. Et l’exclusion du père ne vaut pas, à elle seule, condamnation sans réserve de tout ce qu’il a dit : dans un premier temps, Marine Le Pen s’emploie surtout à s’en démarquer.
Concernant l’antisémitisme, Louis Alliot, alors vice-président du FN, expose cette stratégie dans un entretien accordé à l’historienne Valérie Igounet en décembre 2013[2]. Il explique ce qui, selon lui, fait obstacle au vote FN : « La dédiabolisation ne porte que sur l’antisémitisme. En distribuant des tracts dans la rue, le seul plafond de verre que je voyais, ce n’était pas l’immigration, ni l’islam… D’autres sont pires que nous sur ces sujets-là. C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela… À partir du moment où vous faites sauter ce verrou idéologique, vous libérez le reste. » La dimension politicienne de cette déclaration saute aux yeux : il s’agit de lever un obstacle électoral.
Jonathan Hayoun, réalisateur de documentaires et ancien président de l’UEJF, le disait lors d’un entretien publié en 2019 : « Dans sa stratégie dite de dédiabolisation, les juifs représentent clairement une cible à neutraliser voire à séduire. Non pas tant pour le pseudo-électorat juif mais bien pour la symbolique que représenterait un dialogue possible entre le Front National et les institutions juives. Marine Le Pen y verrait donc une caution qui effacerait l’histoire et l’actualité de l’antisémitisme d’extrême droite. Les institutions juives ne sont pas dupes et tiennent en effet[3] ». Depuis 2011, Marine Le Pen poursuit cette stratégie et tente de prendre ses distances avec l’antisémitisme, non sans contradictions.
Un héritage que les communiqués n’effacent pas
Je prends acte des condamnations de l’antisémitisme prononcées par les dirigeants du RN. Elles n’effacent pourtant ni l’héritage du Front national ni les préjugés qui persistent dans une partie de son électorat.
Que Marine Le Pen et le RN veuillent se présenter comme un « rempart », un « bouclier » pour les Juifs de France me paraît profondément discutable. Il faut se souvenir de l’histoire de ce parti : le FN a longtemps fait cohabiter d’anciens collaborationnistes, des militants issus de diverses traditions de l’extrême droite, des catholiques intégristes et des courants identitaires ou néopaïens. Il ne suffit pas de changer de nom ou de discours pour régler la question de cette filiation politique. Celle-ci ne démontre pas que chaque dirigeant actuel partage les convictions de ses prédécesseurs ; elle interdit en revanche, de considérer que ce passé serait définitivement soldé.
Ce n’est d’ailleurs pas au RN de constituer un « bouclier » pour les Juifs, mais à la République, à ses institutions et à l’ensemble des forces démocratiques de garantir leur sécurité et leurs droits. Que Marine Le Pen insiste sur l’antisémitisme islamiste tout en faisant de l’immigration un thème central de son discours n’étonnera personne. De l’autre côté, les prises de position de Mathilde Panot et de responsables de LFI donnent trop souvent le sentiment que l’antisémitisme d’extrême droite retient davantage leur attention que celui qui met en cause leurs propres analyses. Au RN, c’est l’antisémitisme des musulmans ou des islamistes qui occupe le premier plan. Ces lectures sont sélectives. La réalité est plus complexe. L’antisémitisme n’appartient à aucun camp : il peut traverser une partie bien plus large du spectre politique français. Ses stéréotypes sont anciens, mais ils se recomposent au gré de l’actualité, la crise des « gilets jaunes », la pandémie de Covid-19 ou le conflit israélo-palestinien en ont fourni des exemples. Le combattre exige de le reconnaître aussi lorsqu’il dérange son propre camp.
Enfin, la posture protectrice du RN doit être confrontée à ses propositions. Marine Le Pen a défendu l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement, qui aurait aussi touché l’abattage casher. Cette position ne peut toutefois être présentée comme une mesure actuellement arrêtée du parti : en 2024, Sébastien Chenu a affirmé que l’abattage rituel resterait autorisé en cas de victoire du RN. La question du port de la kippa dans l’espace public appelle la même précision : interrogé à ce sujet, il a renvoyé le débat à plus tard. Ces variations justifient que l’on demande au RN des engagements clairs sur la liberté de culte, plutôt que de lui décerner sur parole un brevet de protection. Sa xénophobie, son enfermement identitaire et sa proximité avec d’autres extrêmes droites européennes posent, au-delà même de l’antisémitisme, la question de l’équilibre démocratique dont les Juifs de France dépendent aussi[4].
Des préjugés qui persistent
La rupture proclamée par le RN ne se mesure pas seulement aux déclarations de ses dirigeants. Elle se lit aussi dans les préjugés présents chez certains de ses électeurs, sympathisants et militants. L’étude « Radiographie de l’antisémitisme en France », publiée en 2022 par l’American Jewish Committee, la Fondation pour l’innovation politique et l’Ifop, ne permet ni d’assigner une opinion à tous les électeurs ni de réduire l’antisémitisme à une seule famille politique. Elle montre toutefois que certains préjugés demeurent fortement présents dans différents segments de l’électorat[5]. L’affirmation selon laquelle « les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l’économie et de la finance » est partagée par 39 % des électeurs de Marine Le Pen et 33 % des proches du RN, contre 26 % de l’ensemble des personnes interrogées. Elle l’est également par 33 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 34 % des proches de LFI. Parmi les proches du RN, 20 % estiment que l’on parle trop de l’antisémitisme.
Une respectabilité venue d’Israël ?
Le RN cherche ailleurs la respectabilité que son bilan ne lui donne pas. L’invitation de Jordan Bardella et de Marion Maréchal à une conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem, en mars 2025, en a été une illustration. J’écrivais alors que, pour de nombreux amis d’Israël, cette invitation était perçue comme « une provocation et un manque d’empathie » envers les Français juifs qui combattent l’extrême droite. Dans Le Point, je constatais qu’un événement consacré à la lutte contre l’antisémitisme s’était transformé en tribune pour des dirigeants d’extrême droite en quête de respectabilité[6].
La rencontre du 15 avril 2026 entre Marine Le Pen et l’ambassadeur d’Israël relève, à mes yeux, de la même logique : j’écrivais dans Marianne qu’elle n’avait « rien d’un banal geste protocolaire ». Ces gestes diplomatiques peuvent répondre à des calculs politiques ; ils ne sauraient tenir lieu de certificat. Et les Juifs de France n’ont pas à être tenus pour solidaires des choix d’un gouvernement étranger, encore moins à servir de caution politique à un rapprochement avec le RN.
Combattre sans réserve
Je refuse toute lutte sélective contre l’antisémitisme, qui le dénonce chez l’un et le minimise chez l’autre. Mais il y aurait une autre confusion : dédouaner l’extrême droite de ce qu’elle est et de ce qu’elle porte au seul motif qu’elle prétend aujourd’hui combattre l’antisémitisme. Que l’enquête de Mediapart soit confirmée ou démentie, la question de fond reste entière. Un parti ne devient pas l’ami des Juifs parce qu’il le proclame, ni parce qu’un gouvernement étranger le reçoit.
https://laregledujeu.org/2026/09/29/516 ... semitisme/

Jordan Bardella et Jean-Marie Le Pen en décembre 2013. Photo : Anthony Micallef.
Au-delà de l’enquête de Mediapart sur Bardella, que vaut la prétention du RN à se présenter en protecteur des Juifs de France ? L’analyse de l’historien et chercheur associé à l’institut Jonathas de Bruxelles Marc Knobel.
La lutte contre l’antisémitisme ne saurait servir de certificat de respectabilité politique
Le 28 septembre, Mediapart a publié une enquête attribuant à Jordan Bardella des messages antisémites datant de 2013. La gravité de ces propos impose la plus grande attention ; la gravité de l’accusation impose aussi la prudence. À ce stade, nous ne pouvons pas affirmer que Jordan Bardella en est l’auteur. Mediapart dit avoir authentifié les échanges. L’intéressé les conteste formellement, dénonce des « faux grossiers » et affirme avoir déposé plainte en diffamation[1].
Cette controverse importe, mais elle en masque une plus ancienne : que vaut la prétention du Rassemblement national à se présenter comme un protecteur des Juifs de France ?
La stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen
Dès son accession à la présidence du FN, en janvier 2011, Marine Le Pen ambitionne de conquérir le pouvoir. Elle place son discours sous le signe de la République et de l’héritage de 1789. Mais, pour espérer accéder un jour à la présidence de la République, elle comprend qu’elle doit transformer le parti, tenter de rassembler la droite et se défaire de l’image léguée par son père. Le 20 août 2015, Jean-Marie Le Pen est exclu du parti qu’il a contribué à fonder. Ses propos infâmes sur les chambres à gaz, son antisémitisme et son racisme entravaient la stratégie de « dédiabolisation » menée par sa fille. Elle l’écarte, mais conserve autour d’elle plusieurs protagonistes du FN au passé sulfureux. Et l’exclusion du père ne vaut pas, à elle seule, condamnation sans réserve de tout ce qu’il a dit : dans un premier temps, Marine Le Pen s’emploie surtout à s’en démarquer.
Concernant l’antisémitisme, Louis Alliot, alors vice-président du FN, expose cette stratégie dans un entretien accordé à l’historienne Valérie Igounet en décembre 2013[2]. Il explique ce qui, selon lui, fait obstacle au vote FN : « La dédiabolisation ne porte que sur l’antisémitisme. En distribuant des tracts dans la rue, le seul plafond de verre que je voyais, ce n’était pas l’immigration, ni l’islam… D’autres sont pires que nous sur ces sujets-là. C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela… À partir du moment où vous faites sauter ce verrou idéologique, vous libérez le reste. » La dimension politicienne de cette déclaration saute aux yeux : il s’agit de lever un obstacle électoral.
Jonathan Hayoun, réalisateur de documentaires et ancien président de l’UEJF, le disait lors d’un entretien publié en 2019 : « Dans sa stratégie dite de dédiabolisation, les juifs représentent clairement une cible à neutraliser voire à séduire. Non pas tant pour le pseudo-électorat juif mais bien pour la symbolique que représenterait un dialogue possible entre le Front National et les institutions juives. Marine Le Pen y verrait donc une caution qui effacerait l’histoire et l’actualité de l’antisémitisme d’extrême droite. Les institutions juives ne sont pas dupes et tiennent en effet[3] ». Depuis 2011, Marine Le Pen poursuit cette stratégie et tente de prendre ses distances avec l’antisémitisme, non sans contradictions.
Un héritage que les communiqués n’effacent pas
Je prends acte des condamnations de l’antisémitisme prononcées par les dirigeants du RN. Elles n’effacent pourtant ni l’héritage du Front national ni les préjugés qui persistent dans une partie de son électorat.
Que Marine Le Pen et le RN veuillent se présenter comme un « rempart », un « bouclier » pour les Juifs de France me paraît profondément discutable. Il faut se souvenir de l’histoire de ce parti : le FN a longtemps fait cohabiter d’anciens collaborationnistes, des militants issus de diverses traditions de l’extrême droite, des catholiques intégristes et des courants identitaires ou néopaïens. Il ne suffit pas de changer de nom ou de discours pour régler la question de cette filiation politique. Celle-ci ne démontre pas que chaque dirigeant actuel partage les convictions de ses prédécesseurs ; elle interdit en revanche, de considérer que ce passé serait définitivement soldé.
Ce n’est d’ailleurs pas au RN de constituer un « bouclier » pour les Juifs, mais à la République, à ses institutions et à l’ensemble des forces démocratiques de garantir leur sécurité et leurs droits. Que Marine Le Pen insiste sur l’antisémitisme islamiste tout en faisant de l’immigration un thème central de son discours n’étonnera personne. De l’autre côté, les prises de position de Mathilde Panot et de responsables de LFI donnent trop souvent le sentiment que l’antisémitisme d’extrême droite retient davantage leur attention que celui qui met en cause leurs propres analyses. Au RN, c’est l’antisémitisme des musulmans ou des islamistes qui occupe le premier plan. Ces lectures sont sélectives. La réalité est plus complexe. L’antisémitisme n’appartient à aucun camp : il peut traverser une partie bien plus large du spectre politique français. Ses stéréotypes sont anciens, mais ils se recomposent au gré de l’actualité, la crise des « gilets jaunes », la pandémie de Covid-19 ou le conflit israélo-palestinien en ont fourni des exemples. Le combattre exige de le reconnaître aussi lorsqu’il dérange son propre camp.
Enfin, la posture protectrice du RN doit être confrontée à ses propositions. Marine Le Pen a défendu l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement, qui aurait aussi touché l’abattage casher. Cette position ne peut toutefois être présentée comme une mesure actuellement arrêtée du parti : en 2024, Sébastien Chenu a affirmé que l’abattage rituel resterait autorisé en cas de victoire du RN. La question du port de la kippa dans l’espace public appelle la même précision : interrogé à ce sujet, il a renvoyé le débat à plus tard. Ces variations justifient que l’on demande au RN des engagements clairs sur la liberté de culte, plutôt que de lui décerner sur parole un brevet de protection. Sa xénophobie, son enfermement identitaire et sa proximité avec d’autres extrêmes droites européennes posent, au-delà même de l’antisémitisme, la question de l’équilibre démocratique dont les Juifs de France dépendent aussi[4].
Des préjugés qui persistent
La rupture proclamée par le RN ne se mesure pas seulement aux déclarations de ses dirigeants. Elle se lit aussi dans les préjugés présents chez certains de ses électeurs, sympathisants et militants. L’étude « Radiographie de l’antisémitisme en France », publiée en 2022 par l’American Jewish Committee, la Fondation pour l’innovation politique et l’Ifop, ne permet ni d’assigner une opinion à tous les électeurs ni de réduire l’antisémitisme à une seule famille politique. Elle montre toutefois que certains préjugés demeurent fortement présents dans différents segments de l’électorat[5]. L’affirmation selon laquelle « les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l’économie et de la finance » est partagée par 39 % des électeurs de Marine Le Pen et 33 % des proches du RN, contre 26 % de l’ensemble des personnes interrogées. Elle l’est également par 33 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 34 % des proches de LFI. Parmi les proches du RN, 20 % estiment que l’on parle trop de l’antisémitisme.
Une respectabilité venue d’Israël ?
Le RN cherche ailleurs la respectabilité que son bilan ne lui donne pas. L’invitation de Jordan Bardella et de Marion Maréchal à une conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem, en mars 2025, en a été une illustration. J’écrivais alors que, pour de nombreux amis d’Israël, cette invitation était perçue comme « une provocation et un manque d’empathie » envers les Français juifs qui combattent l’extrême droite. Dans Le Point, je constatais qu’un événement consacré à la lutte contre l’antisémitisme s’était transformé en tribune pour des dirigeants d’extrême droite en quête de respectabilité[6].
La rencontre du 15 avril 2026 entre Marine Le Pen et l’ambassadeur d’Israël relève, à mes yeux, de la même logique : j’écrivais dans Marianne qu’elle n’avait « rien d’un banal geste protocolaire ». Ces gestes diplomatiques peuvent répondre à des calculs politiques ; ils ne sauraient tenir lieu de certificat. Et les Juifs de France n’ont pas à être tenus pour solidaires des choix d’un gouvernement étranger, encore moins à servir de caution politique à un rapprochement avec le RN.
Combattre sans réserve
Je refuse toute lutte sélective contre l’antisémitisme, qui le dénonce chez l’un et le minimise chez l’autre. Mais il y aurait une autre confusion : dédouaner l’extrême droite de ce qu’elle est et de ce qu’elle porte au seul motif qu’elle prétend aujourd’hui combattre l’antisémitisme. Que l’enquête de Mediapart soit confirmée ou démentie, la question de fond reste entière. Un parti ne devient pas l’ami des Juifs parce qu’il le proclame, ni parce qu’un gouvernement étranger le reçoit.
https://laregledujeu.org/2026/09/29/516 ... semitisme/

Jordan Bardella et Jean-Marie Le Pen en décembre 2013. Photo : Anthony Micallef.