Le problème c'est que trop de gens pensent que "emploi manuel" rime avec peu de qualification. Sauf que ne pas travailler dans un bureau ne veut pas dire que nous pouvons nous passer de longues années d'études.
La plupart des chômeurs le sont car ils ne sont pas correctement formés. Soit il leur manque des diplômes, soit ils n'ont pas le savoir-être recherché dans tel ou tel emploi.
2 EXEMPLES:
a) En France il y a des industries qui prospèrent et qui recherchent de la main d'oeuvre. Ce sont en priorité L'aéronautique, l'industrie pharmaceutique et la production/distribution d’électricité et de gaz (
http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan ... ncaise.php)
Ces industries ont besoin d'ouvriers qualifiés.
Il faut donc s'entendre sur ces définitions (voir les définitions de l'INSEE). Mais pour l'essentiel un ouvrier qualifier doit posséder un diplôme dans son domaine, alors qu'un ouvrier non qualifié n'en a pas besoin.
La tendance est à la destruction d'emploi d'ouvrier non qualifié, mais à la création d'emploi d'ouvriers qualifié, notamment dans l'industrie de pointe.
On est donc dans une situation où, si l'on veut travailler de ses mains à la création de produits concrets, nous n'avons d'autre choix aujourd’hui que de faire des études (formations) pointues dans le domaine dans lequel nous voulons travailler. Être ouvrier c'est possible, mais pas n'importe comment et n'importe où. On peut être ouvrier chez Airbus mais plus à l'usine de chaussure du coin.
b) Le cas des travailleurs non qualifiés
De manière concomitante, les emplois ouvriers non qualifiés détruits sont reconstruits dans le secteur tertiaire non qualifié. Bref, la personne qui, il y a 30 ans aurait pu fabriquer à la chaine des poutrelles métalliques, ou coller des semelles, va avoir la possibilité aujourd’hui de travailler comme auxiliaire de vie, comme serveur, vendeur ect voir
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP796.pdf
Et c'est là que le bas blesse!!!! Les nouveaux secteurs non qualifiés destinés aux simples d'esprit où aux feignants qui n'ont pas voulu faire d'étude, demandent des compétences que ne demandaient pas les anciens boulots non qualifiés.
Quand on travail comme un bœuf à porter des trucs ou devant sa chaine de montage, peu importe que l'on soit un débile fini ou un analphabète notoire.
Hors un petit boulot comme auxiliaire de vie ou comme vendeur demande à ce que l'on ai un langage châtié, une bonne prestance, que l'on sache lire écrire et compter correctement, que l'on soit propre sur soi ect;Hors (et je parle d'expérience) combien de personnes non seulement ne possède pas de diplôme, mais sont d'une bêtise crasse (il y a aussi des diplômés débiles ,sauf qu'ils ont selon l'INSEE infiniment plus de chance de ne pas être des chômeurs...eux)?
Dans les différents petits boulot que j'ai pratiqué pour financer mes deux licences j'ai rencontré de nombreuses personnes, certaines d'entre elles n'avaient pas la moindre conversation. Mon ancien patron dans ma boite de déménagement (quand j'étais étudiant pendant les vacances) voulait systématiquement bosser avec moi car disait-il "toi tu ne me parle pas à longueur de temps de tes problèmes de cassos et t'as une conversation agréable en plus de bosser!".
Aujourd'hui, étant malade j'ai mis en stand by mes études et je bosse comme auxiliaire de vie auprès de personnes handicapés...combien de jeunes j'ai vu défilé dans mon taf qui ne sont pas resté un mois car:
1) ils n'avaient pas de conversation et les handicapés ne les trouvaient pas intéressant.
2) ils avaient de mauvaises manières.
3) ils n'étaient pas de bon conseil auprès des handicapés et les mettaient, par leur manque d'esprit critique, dans des situations à risque
4) leur absence de culture et d'ouverture d'esprit augmentaient leur propension à avoir recours à des préjugés et des idées toutes faites pour juger de situations complexes, ce qui les rendaient incapables de comprendre les besoins et spécificités réelles des handicapés: Exemple, un traumatisé crânien commence à parler de sexe de manière cru, l'auxiliaire de vie "neuhneuh"trouve ça dégueulasse et prend l'air outré alors qu'il devrait au contraire chercher à savoir si la personne handicapé n'est pas en train d'exprimer son désir de faire des rencontres...ou insulter de "crade" un handicapé qui ne se lave pas alors qu'il souffre de problème d'égo et de trouble du comportement ect ect ect
Bref, le problème c'est que les emplois non qualifiés aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier,et demande à ce que l'on ai une certaine "classe". Et ça, si les parents ne savent pas l'inculquer, il n'y a que les études pour que ça rentre!
Enfin il reste le problème de l'apprentissage.
L'apprentissage c'est beaux...mais apprendre un métier sans suivre auparavant d'études générales dans une société qui se libéralise de plus en plus, et qui ne cesse de demander toujours plus de polyvalence et d'adaptabilité, c'est la garantie de finir chômeur de longue durée tôt ou tard.
Être un bon tourneur fraiseur c'est bien, sauf qu'il n'y a que l'industrie de pointe qui embauche et que le libéralisme rend tout travail précaire, l'usine peut disparaitre du jour au lendemain et que faire dans ce cas là???? Et bien chercher un autre emploi comme commissaire priseur ou médecin, ou de manière plus réaliste, comme vrp, bibliothécaire, policier, auxiliaire de vie et démarrer une nouvelle carrière ect ect ect ect et pour ça il faut avoir des bases intellectuelles suffisamment solides pour pouvoir se retourner.