Victor?
"Les crachats du crapaud n'empêchent pas la caravane de passer." (Michel Audiard)
Moi en tous cas je ne m'exprime pas comme vous, qui ne postez que liens et injures.
Je pense et j'écris donc aussi et surtout par moi-même.
"Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement" (Boileau, je crois), même si le sujet est ardu, je l'avoue.
Tout d'abord je reposte une courbe du chômage en France, car celle que j'ai postée hier disparaît.
Labrecche a écrit :Je vous renvoie à votre énoncé du sujet ou il y est souligné en jaune la progression des marges des entreprises et la notion de profits distribuables, ce n'est pas moi qui est lancé le débat plus technique
Bien sûr, j'ai surligné en jaune que les marges progressaient, pour attirer l'attention sur le fait que croissance (du PIB) et progression des profits ne sont pas liés.
Mettons nous d'accord sur un point.
Les medias, le Medef, les gouvernements les leaders des partis de droite et de gauche, les "zexperts autoproclamés" des chaînes te télévision et les zéconomistes libéraux, nous expliquent à longueur d'années (depuis des décennies) qu'il faut des mesures pour relancer la croissance afin de faire reculer le chômage.
Ces mesures s'appellent principalement "allègement des charges", "choc (ou amélioration) de compétivité", "diminution des charges", "déréglementation du marché du travail".
Si nous acceptons (passons sur la Dette, bien que ce sujet soit lié) ces "petits" sacrifices, de plus en plus nombreux la croissance reviendra et le chômage reculera.
Oui ou non?
Je pense que vous pouvez difficilement dire le contraire.
Donc poursuivons.
Pendant la crise, les profits continuent d'augmenter.
Il ne s'agit pas seulement des grandes entreprises du CAC 40 qui distribuent des dividendes, mais, au moins pour 2015, de TOUTES les entreptises: l'article du Medef le dit bien:
En conséquence, l’excédent brut d’exploitation des sociétés non financières (EBE) a progressé plus rapidement que la valeur ajoutée (+2,1%, après +1,7%), tirant à la hausse le taux de marge : 31,4 % de la valeur ajoutée (31,1 % au trimestre précédent), son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2011.
Sociétés non financières, cela veut bien dire les entreprises et non pas les banques ou les fonds d'investissement et autres compagnies d'assurance?
Oui ou non?
Donc, il
peut y avoir un "excédent" et des profits supérieurs "à la valeur ajoutée", qui tirent à la hausse le taux de marge.
Comment s'étonner alors qu'il n'y ait pas de croissance?
En effet, seules ces marges, ces excédents motivent les entreprises et non les créations d'emplois en elles-mêmes, dans l'intérêt général.
Labrecche a écrit :Je vais donc être plus précis sur la définition de l'épargne brute c'est l'EBE auquel on retranche la part d'IS et les dividendes, c'est-à-dire les gains que l'entreprise conserve pour réaliser ses besoins, que se soit le fond de roulement, le remboursement de la part du capital de ses emprunts ou ses investissements, dont la courbe indique le niveau qui est financé sur fonds propres, toute la partie supérieure de la courbe de l'autofinancement correspond aux financements par emprunts ou accroissement de capital qui jouent encore plus négativement sur la santé de l'entreprise puisqu'ils entraînent un supplément de charges avec leurs rémunérations.
Plus précis?
Peut être.
Déjà, il faudrait savoir de quelles entreprises vous parlez, VOUS.
En effet, vous nous parlez là de "retrancher la part d'impôt sur les sociétés, l'IS, mais aussi des DIVIDENDES.
Or, ceux-ci ne sont, comme vous le répétez plus bas, reversés que par les grandes entreprises du CAC 40.
Le Medef, lui parle de toutes les entreprises, sans distinguer.
Ensuite, s'il s'agit d'épargne, il ne peut s'agir, comme vous le prétendez
Labrecche a écrit :c'est-à-dire les gains que l'entreprise conserve pour réaliser ses besoins, que se soit le fond de roulement, le remboursement de la part du capital de ses emprunts ou ses investissements,dont la courbe indique le niveau qui est financé sur fonds propres,
L'épargne, tout le monde sait ce que c'est: de l'argent placé pour rapport.
En aucun cas de l'argent dépensé pour remboursement de la part du capital de ses emprunts ou investissement (n'est-ce pas deux mots différents pour nommer l'investissement) ne peut être considéré comme de l'épargne.
D'ailleurs l'investissement est rarement (pour ne pas dire jamais) effectué sur fonds propres, sinon à quoi serviraient les banques?
Dans ce cadre, ce sont les taux d'intérêt qui posent problème et non les salaires.
Voilà qui ouvre un nouveau débat très intéressant, non?
Que nous dit votre courbe, censée mieux faire comprendre?

Que le taux d'investissement est resté à peu près constant, mais que l'éparne, correspondant selon moi, à un déplacement des marges vers le Capital financier et la spéculation a augmenté globalement sur toute la période avec de petites oscillations, passant de 9 % en début de période à 14 % en fin de période.
Labrecche a écrit :Le pic s'est situé en 2007, le manque de perspective a fait que les entreprises ont réduit plus fortement leur activité que les volumes de ventes en écoulant les stocks, la plus grande part de dividendes s'explique aussi avec ceci les entreprises ont distribué une plus grande partie de leur marge puisqu'elles ne voyaient aucune perspective d'avenir dans lesquelles elles pourraient investir
Réduire leur activité?
Pas du tout, puisque l'investissement est resté constant.
Comment le capital a-t-il été investi, alors que l'emploi a diminué (ne l'oublions pas)?
Cela ne peut se faire que de deux...pardon trois façons.
-soit en achetant des machines, en mécanisant la production (ce n'est pas nouveau).
-soit en en diminuant la masse salariale (qui fait partie de l'investissement), en recourant davantage au chômage, au CDD (c'est vérifié, personne ne le conteste), en précarisant les emplois (le salaire est perçu de façon intermittente) et en exploitant davantage la productivité et le temps de travail.
-soit les deux précédentes, l'une n'excluant pas l'autre (je pense que c'est le cas)
Labrecche a écrit :Le problème des dividendes c'est qu'ils sont en majeure partie distribuées par les grands groupes(92%), comme je l'ai dit à partir d'une activité internationale.Il est difficile de savoir quel est vraiment le niveau pour une économie nationale( je n'oublie pas l'effet inverse des groupes étrangers). La part du bénéfice distribuée dans ces groupes a très nettement augmentée, je le répète surtout sous la pression de l'Etat français actionnaire qui a besoin de finance, il a voulu continué à conserver le même niveau de dividendes(4.5 milliards en 2012) et même 4.8 en 2014 soit 1 euros sur huit distribués, il ne faut pas chercher plus loin celui qui met en difficulté l'économie, les autres porteurs de capitaux(en général des épargnants) sont moins intéressés par des liquidités, étant donné que dans l'absolu ils gagnent soit en dividendes soit en accroissement de la valeur de leurs actions
Quand au niveau de l'évolution des dividendes depuis 2007, 2 valeurs contradictoires, la suite de la courbe de l'INSEE indique une baisse de ceux-ci alors que la banque de France les donnent en progression, ce qui fait qu'il est difficile de connaître la réalité, mais les deux sont en accord quand il s'agit de voir la rentabilité des ETI et PME qui elles ont un niveau de dividendes qui a chuté début des années 2000 de 8 à 1 millions pour rester stable par la suite, et c'est à ce niveau d'activité que s'explique le manque d'emplois, les grands groupes restent sur des effectifs relativement stables
Le versement des dividendes se fait-il en fonction de la nationalité des actionnaires?
Je ne crois pas.
Donc cet argument est irrecevable, surtout concernant l'Etat Français. C'est en effet contradictoire avec ce que vous dites des profits réalisés à l'étranger.
Par ailleurs ce sont les grandes entreprises du CAC 40 qui font la pluie et le beau temps pour les PME.
Sur lalongue période de la courbe, il y a eu de nombreuses ...privatisations et la part de l'Etat souvent resté actionnaire, mais minoritaire a diminué.
On a donc deux tendances opposées. La privatisation (avec un repli de l'Etat actionnaire) conduit à une augmentation régulière des dividendes.
Etonnant, non?
Labrecche a écrit :En 2000 aussi l'inflation était faible(1.2%) ce qui fait que même à ce niveau quand on bloque les salaires sur 5 ans conformément à la mise en place des 35heures les salariés ont perdu l'équivalent de 8% de salaires, c'est la même chose que vous vivez en ce moment avec le gel du point d'indice. Le cas de 2014 montre que cette inflation constitue l'ensemble de la croissance donc aucune progression de production et pas de progression de besoin en main d'oeuvre.
Aucun bénéfice pour les salairiés alors que la progression du chômage est moindre quand l'accroissement de la population active était encore au même niveau, si il faut en croire les chiffres il y a eu création 54 000 emplois équivalent temps plein. Les entreprises et les salariés ont profité tous deux de la croissance(1.1%-0.2% d'inflation)
Quand au problème de compétitivité c'est avant tout la progression des cotisations sociales de 12 points de taux directeurs qui l'ont créé au détriment de la distribution sur les salaires et de l'entreprise. Le niveau des dividendes annoncés est de 39 milliards soit 1.83% de la valeur ajoutée(selon le chiffre INSEE du PIB 2014 de 2132.4)
Non, on ne peut pas dire que l'inflation est l'essentiel de la croissance (voir ma courbe sur le PIB)
Il est faux aussi de prétendre que les 35 heures ont fait perdre une partie du salaire.
La loi prévoyait un passage aux 35 heures avec maintien du salaire antérieur. Comme le patronat a recouru aux heures supplémentaires,majorées, certains ont même vu leurs salaires augmenter puisque la majoration commençait à la 36 ème heure au lieu de la 40 ème.
Les cotisations sociales figurent sur la feuille de paye, dans la colonne de...droite.
Elles correspondent pour une grande partie à la différence entre le salaire brut (qui est DU au salarié) et le salaire net (celui qu'il perçoit réellement).
Alléger les charges, c'est donc VOLER les salariés.
L'Etat fait des cadeaux avec de l'argent qui ne lui appartient pas.
Il dit "allègement des charges" au lieu d'attaque contre les salaires et les salariés.
C'est plus sexy, mais c'est bien de cela qu'il s'agit.