latresne a écrit : 09 juin 2021 01:24
Je ne sais pas qui est le meilleur la magnifique ,intelligente et subtile animatrice Kelly ou l'opiniâtre Zemmour ? 50/50 peut être.
Latesne, tes "jugements" sont rarement justes et pointus. Peu perspicace, c'est à dire sans cette intelligence pénétrante et subtile, qui saisit ce qui échappe à la plupart... Lénifiant.
Partant du constat posé par des journalistes de tous bords, Cnews est bien devenue sous la tendre férule de Bolloré une
"chaîne d'opinion" comme en développent certains "influenceurs" pseudo journalistes, pseudo scientifiques, pseudo intellectuels sur youtube et autres. Ni plus ni mieux!
>Donc une chaîne d'opinion dans laquelle, selon ta déclaration d'allégeance à cette chaîne "d'extrême droite",
l'intelligente et subtile animatrice Kelly, n'est que la faire valoir d'un pamphlétaire qui fut divertissant avant de devenir ce bouffon obsédé par le déclin de sa France.
Lis ce sujet traité par France Culture, si tu peux accepter qu'on t'envoie à la figure, et à celle des zozos qui bavent devant leur écran tant Zemmour semble pouvoir les élever au rang de "femmes savantes", sans avoir eu à se coltiner les apprentissages qui font les vrais intellectuels:
Longtemps Éric Zemmour aura été l’intellectuel le plus divertissant de France, et cela n’est pas n’importe quoi, au pays de Voltaire. On lui pardonnait ainsi ses excès comme autant d’hyperboles, et comme on se souvenait que ce défenseur occasionnel du bon bilan humanitaire de Vichy était juif, il était le nom vivant d’un plaisant oxymore — une sorte de bouffon médiatique, au sens originel du terme, un acrobate, une figure antipodique, l’habitant d’un monde renversé : cet étonnant défenseur de la colonisation, du patriarcat et des sociétés traditionnelles faisait ainsi figure, à sa manière, de dernier représentant d’un peuple disparu, celui des mâles blancs, à l’oppression duquel il devait d’être invité partout, au point de se demander, si l’on suivait son propre raisonnement, s’il ne devait pas sa présence moins à son talent propre qu’à la discrimination positive.
Tout était divertissant chez Zemmour, jusqu’à la position qu’il occupait ainsi, presque à son corps défendant, dans le champ intellectuel : il était l’indéfendable, et il se défendait très bien. Ce penseur de la France une et indivisible était devenu, à lui seul, une minorité — la seule que celui-ci tolérait encore.
Ses interventions relevaient bien sûr du kitch intellectuel : personne ne lui avait demandé de se mettre dans des états pareils, de se mettre ainsi en scène, en flagrant délit de mauvaise foi intellectuelle ou renvoyé dans les cordes du droit pour un piètre syllogisme sur les contrôles au faciès, mais puisqu’il était là, on le regardait débattre pour échapper aux invraisemblables postures dans lesquelles l’avaient précipité, selon qu’on se sente ou non en empathie avec lui, son goût insatiable de la provocation, ou son agenda politique secret.
Il ressemblait dorénavant, sur l’étagère un peu encombrée des chaînes d’info en continu, à une idole farouche et incompréhensible.
Je crois pour ma part qu’il tentait d’échapper à son démon, un démon qui visiblement le harcelait de plus en plus et le poussait à se déplacer sans cesse sur la droite, comme pour lui échapper en vain — un démon qui s’appellerait la France.
Car rien ne serait spécialement grave, sinon pour lui-même, si l’époque n’avait pas reconnu en lui une sorte de prophète.
On a pu récemment le comparer à Drumont : un autre journaliste qui s’était soudain pris pour principal sujet d’actualité, jusqu’à attendre des faits divers qu’ils corroborent exclusivement ses obsessions antisémites, à la grande satisfaction de ses lecteurs — Drumont comme éléments du folklore intellectuel de la Belle Époque, comme gargouille du vieux Paris.
Le folklore : c’est le lieu naturel de l’extrême-droite, c’est là où son étrange sens tactique la ramène toujours, après chacune de ses confondantes défaites.
L’extrême-droite française s’est ainsi réinventée après-guerre comme éditrice de musique militaire nazie : cela ne finira jamais autrement, l'extrême-droite est un disque rayé — de ceux pourtant qu’on collectionne quand on aime se faire peur.
Mais personne n’a jamais sérieusement considéré que l'extrême-droite relevait d’une position politique sensée — c’est un coup aussi injouable que le roque en cas d’échec.
On a cependant pu voter pour elle à chaque fois que le désir de pittoresque des électeurs fatigués rencontrait, dans l'irrationalité de ses leaders, un vague désir de catastrophe — la catastrophe comme dernière preuve d'authenticité des époques troubles.
Le bouffon, soudain, n’a pas l’air plus ridicule que son temps, et plutôt que de changer l’époque, on peut paresseusement choisir, pour se venger d’elle, de lui donner le leader qui lui ressemble le plus.
En cela si Zemmour achève sous nos yeux sa mutation en figure politique, ce n’est pas à sa légendaire méchanceté qu’on le doit, mais à la méchanceté de l’époque — une époque qui ne s’aime pas, pour reprendre le titre du fin portrait que Zemmour avait autrefois dressé du président Chirac, et qui pourrait se prosterner cette fois pour une idole autrement plus affreuse : pour le seul candidat qui n’a à lui promettre que la guerre-civile et la honte.
Voilà une bien meilleure analyse du phénomène Zemmour qui émerge depuis que notre époque est secouée par les crises sociales, morales, politiques et sanitaires et désorientée par les infox, les complots, les charlatans populistes des 2 bords.
https://www.franceculture.fr/emissions/ ... ic-zemmour