C'est bien, ces maires RN, en particulier celui de Carcassonnes sont en train de lapider le travail de dédiabolisation du parti orchestré par Marine Le Pen depuis plusieurs années.
Dans tous les cas, cela fait des remous, même au sein du parti, mais le mal est fait :
""C'est dommage comme premier symbole" : des maires RN retirent le drapeau européen, un geste critiqué, y compris au sein du parti
Tout juste élus, plusieurs édiles du Rassemblement national ont retiré le drapeau européen du fronton de leur mairie. Un geste d'hostilité à l'égard des institutions européennes qui suscite des critiques des oppositions locales et interroge jusque dans les rangs du parti.
Des décisions prises sans concertation locale
Dans ces quatre communes, les conseillers municipaux d'opposition déplorent des décrochages de drapeaux décidés "sans aucune concertation" et s'interrogent sur les éventuelles conséquences sur la politique municipale en matière de subvention européenne ou de jumelage avec des communes de l'UE. "Personne n'était prévenu, ça n'avait pas été évoqué lors du conseil d'installation, qui s'est déroulé dimanche, avant sa vidéo", soupire Alix Soler-Alcaraz, conseiller municipal d'opposition socialiste à Carcassonne. "C'est de l'ordre du buzz, mais je ne suis pas sûr que ça soit une publicité positive pour la ville et son premier représentant". Rien d'étonnant de la part de "celui qui veut être le Trump occitan", estime de son côté François Mourad, conseiller municipal d'opposition Horizons. "C'est de la communication, comme s'il était encore en campagne. Or il faut désormais qu'il occupe la fonction et qu'il soit le maire de tous", juge l'élu local.
Un acte légal mais symbolique
"Ce geste n'a aucun impact concret sur le quotidien des habitants ni sur les politiques publiques locales. En revanche, il porte une charge symbolique importante et interroge sur les priorités de la majorité municipale", déplore également Denis Fourcade, élu d'opposition divers droite à Canohès. "Aucun message", "aucune discussion", regrette-t-on aussi du côté des deux groupes d'opposition au conseil municipal de Harnes, dans l'ancien bassin minier du Pas-de-Calais. "L'Europe finance des aides pour notre territoire. Le maire va-t-il refuser les subventions de l'UE ?" , s'interroge Corinne Taté, élue sur une liste citoyenne. "Quant au drapeau ukrainien, l'accrocher portait un message de solidarité", souligne-t-elle.
Sébastien Lysik, ancien adjoint de la municipalité sortante, désormais élu dans l'autre groupe d'opposition, estime lui aussi que cette décision relève davantage d'intérêts politiques nationaux que locaux. "Quel signal le maire envoie-t-il ? Quand je vois que d'autres villes RN ont aussi retiré le drapeau européen, j'ai l'impression que c'est une logique de parti. Anthony Garénaux exécute donc une directive nationale : qui dirige la ville ? Lui ou le RN ?", s'interroge-t-il.
"Le nouveau maire veut marquer son positionnement. Il frappe fort dès le début, pour dire : 'C'est nous qui sommes aux commandes'."
Corinne Taté, conseillère municipale d'opposition à Harnes (Pas-de-Calais)
à franceinfo
Au RN, on assure que le parti n'a pas donné de consignes à ses nouveaux élus locaux et que certains maires ont déjà fait de même, comme Steeve Briois, à la tête d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) depuis 2014. En 2017, Marine Le Pen avait demandé à TF1 d'enlever le drapeau européen du plateau sur lequel elle était invitée en pleine campagne présidentielle. Elle prônait alors la sortie de l'UE et de la zone euro. Près de dix ans plus tard, ces deux mesures ont disparu du corpus de la fille de Jean-Marie Le Pen, qui plaide désormais pour une "Europe des nations". Elle a toutefois défendu mardi le geste de ces quelques élus locaux, rappelant qu'il respecte le cadre légal. "Rien ne prévoit la mise en œuvre de drapeaux européens sur les mairies", a déclaré la cheffe de file des députés RN depuis l'Assemblée. "Nous ne sommes pas hors-la-loi (...) Le seul drapeau qui vaille chez nous, c'est le drapeau français, le drapeau bleu, blanc, rouge", s'est défendu Christophe Barthès, interrogé par France 2 dans son bureau de Carcassonne."
https://www.franceinfo.fr/politique/fro ... 06661.html
Je suppose que le beau sourire de J. Bardella a disparu de sa figure et il doit plutôt grincer des dents...