Moriarty a écrit :
Ok pour la french touch, c'est bien l'exemple qui confirme la règle! la culture n'a pas de frontières, il ne faut pas confondre identité et culture. Il y a des auteurs français, bien évidemment et leurs apports s'inscrivent dans une culture qui est partagée au delà de toutes les frontières nationales ou nationalistes .
La culture a des frontières, mais pas des murs. Une frontière se qualifie comme une ligne imaginaire qui sépare deux ensembles. Mais cette séparation n'implique pas forcément un caractère hermétique. C'est un peu comme les frontières d'un pays : c'est une délimitation juridique du pays, mais pas forcément un mur ou du barbelé qui empêche ce qui est hors de la frontière de passer ou ce qui est dedans d'y partir. C'est juste une façon de définir un contour à un ensemble.
J'ai l'impression que vous ne comprenez pas qu'une frontière n'est pas synonyme d'isolation ou d'hermétisme. :roll: C'est franchement dommage.
Leurs œuvres sont dans le même temps en relation avec un héritage qui dépasse les frontières, anglo saxon de le cas de la fernch touch, et elles existent avec une originalité qui transforme et qui enrichit en retour cet héritage sur lequel elles s'appuient.
La French Touch hérite bien sûr de l'electro/house anglo-saxonne. Mais elle a son identité propre. Le rap français aussi d'ailleurs. C'est ce qui fait qu'on dit qu'il existe des tendances ou des styles artistiques propres à un pays, donc une culture d'un pays. Par exemple, personne ne dirait que le style dirty south du rap américain viendrait en fait d'Allemagne. Non, c'est un style proprement américain, proprement construit dans la région du Sud-Est US appartenant à un ensemble plus vaste qu'est le rap. Tout comme le rock est un truc venu des Etats-Unis, mais qui a développé un genre très spécifique et attribué aux anglais qui est le pop-rock avec sa Britsh Invasion. Personne ne dirait que Bollywood est chinois ! C'est bien l'application de codes culturels indiens au cinéma. Et c'est normal.
Tous les pays s'accaparent la culture, la recycle, la transforme et lui donne une identité propre par influence de l'héritage et par volonté d'évolution en même temps d'un genre artistique. C'est normal, car on a ce besoin particulier de créer une culture à laquelle nous pouvons nous référer, nous identifier. Le cinéma par exemple est une invention française, les américains l'ont largement repris et créé des codes aujourd'hui qu'on connait tous, mais d'autres pays comme l'Inde y ont aussi apposé leurs propres codes, idem pour le Japon ou la Corée, etc.
La culture est un objet d'analyse à plusieurs échelles, dont une des échelles peut être un pays, a fortiori un pays comme la France qui a une tradition unitaire assez forte.
On a bien l'exemple d'une culture qui ne connait pas de frontières, on ne peut honnêtement s'accaparer cette culture avec la notion de "culture française", ce serait faire preuve encore de néo colonialisme, ce serait nier les héritages et dans le même les transformations de cet héritage
Bien sûr qu'il y a une culture française. L'affirmer ne signifie pas un néo-colonialisme. C'est n'importe quoi. :roll: Y a rien de néo-colonial d'affirmer que la French Touch ou le rap français sont français ! On peut pleinement affirmer l'existence d'une culture française sans velléité colonialiste ou impérialiste. Les Japonais ont bien leur culture, les Allemands aussi, les Espagnols aussi, etc. et n'ont pas pour autant cette soi-disant volonté de néo-colonialisme... Faut arrêter cette flagellation culpabilisante ridicule qui en vient à nier notre culture.
Faut assumer ce qu'on est, ce qu'on a fait, etc. mais pas sombrer dans le déni non plus. On a tout intérêt à reconnaître notre propre culture tout en admettant que son usage passé sur un plan politique fut parfois douteux. Mais un mésusage politique ne signifie pas qu'on doit nier la culture en conséquence. C'est à cause de cette approche d'ailleurs de déni que l'extrême-droite française surf à fond sur l'affirmation d'une dilution culturelle française, de sa disparition progressive et agite la peur d'une perte d'identité, dont la culture fait partie intégrante.
En affirmant l'absence de culture française, on conforte les nationalistes dans leur idée qu'il n'y a plus de culture française et donc pas d'identité française, donc une menace de dislocation du pays. Il faut au contraire présenter qu'il existe une culture française, qu'elle évolue, se distingue tout en ayant des origines diverses, etc. Bref, qu'il n'y a pas de réel danger, qu'on a toujours une culture sur laquelle notre identité s'appuie.