Destitution «Ses facultés mentales sont en train de s’effondrer» : Trump accusé de démence après ses propos insensés sur l’Iran
Publié le 07/04/2026 à 21h10
Insultes, contradictions, confusions… Des voix s’élèvent aux Etats-Unis, y compris chez les ultraconservateurs, pour lancer une procédure visant à déposer de force un président jugé incapable d’exercer ses fonctions.
Donald Trump n’a jamais été mesuré dans ses propos ni préoccupé de leur cohérence. Mais face à l’Iran, il a franchi un palier dans l’outrance et la confusion, au point que les attaques de ses adversaires sur sa santé mentale se font plus vives que jamais ce mardi 7 avril.
Dimanche, le républicain de 79 ans, plus vieux président jamais élu aux Etats-Unis, a écrit sur sa plateforme Truth Social : «
Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer - VOUS ALLEZ VOIR !». Et d’ajouter : «Gloire à Allah.» Puis ce mardi : «
Une civilisation entière va mourir ce soir», a-t-il averti.
Interrogée sur ces propos, qui ont alimenté des spéculations sur un recours à l’arme nucléaire, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a déclaré : «
Le Président seul sait où nous en sommes et ce qu’il va faire.»
Le dirigeant républicain a fait de sa personnalité «sans filtre» une marque de fabrique. Ses proches expliquent que ses propos les plus assourdissants sont une fine stratégie destinée à égarer l’adversaire pour conclure ses fameux deals, et ses partisans y voient un gage d’authenticité.
«
Il semble avoir perdu le contrôle»
Les opposants de Donald Trump s’interrogent au contraire sur sa santé mentale et interprètent ses dernières déclarations comme autant de preuves qu’il s’enfonce dans la démence. «Il semble avoir perdu le contrôle», a accusé le sénateur démocrate Jack Reed. «Les facultés mentales du président sont en train de s’effondrer», a dénoncé l’élue progressiste Alexandria Ocasio Cortez.
Même au sein de son camp, certaines voix commencent à s’élever. «
Le temps est venu de dire non» au président, a lancé l’influent commentateur d’extrême droite Tucker Carlson, à l’intention des cadres de la Maison Blanche et de l’armée.
L’ex-députée trumpiste Marjorie Taylor Greene, devenue féroce critique, avait estimé dimanche que Donald Trump était «devenu fou».
Rejoignant de nombreux démocrates, cette figure ultra-conservatrice a plaidé mardi pour le recours au 25e amendement.
Ce texte permet, au travers d’une procédure contraignante, de déposer de force un président jugé incapable d’exercer ses fonctions
La violence extrême des derniers propos présidentiels s’accompagne de contradictions. Ce mardi, dans le même message, il menace d’anéantir l’Iran, évoque la possibilité d’un compromis diplomatique et conclut par : «
Que Dieu bénisse le grand peuple d’Iran». Quant au «
putain de détroit d’Ormuz», Donald Trump a pourtant répété récemment que le sort de ce passage maritime stratégique lui était indifférent.
Le milliardaire s’est aussi contredit plusieurs fois sur les objectifs de l’opération militaire lancée le 28 février, la liant par exemple d’abord à un «changement de régime», avant d’assurer que cela n’était pas le cas, pour finalement dire que de toute façon le «régime» était déjà tombé.
L’ancien promoteur immobilier a dit le 26 mars qu’il se «fichait» du résultat des négociations avec des responsables iraniens. Il exige désormais au contraire que ces discussions aboutissent sous peine d’anéantir les infrastructures du pays, et a fixé pour cela plusieurs ultimatums successifs. Qu’il n’a eu de cesse de repousser - jusqu’à présent. Le dernier en date doit expirer ce mardi à 20 heures à Washington (2 heures dans la nuit de mardi à mercredi en France).
«
Un chien enragé»
Le site Axios cite ce mardi un responsable américain anonyme qui décrit Donald Trump comme un «chien enragé». Sa rhétorique en tout cas est toujours plus crue. Il a estimé récemment que l’armée américaine avait «botté le cul» de l’Iran.
Les outrances de l’ancien animateur de téléréalité débordent le cadre du conflit. Dans un déjeuner privé la semaine dernière,
dont la vidéo a été diffusée par erreur par la Maison Blanche, Donald Trump s’est moqué d’Emmanuel et de Brigitte Macron. «
Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire», a déclaré le président américain, qui pendant le même événement, réunissant des responsables religieux,
a semblé se comparer à Jésus Christ.
Au-delà des injures et des confusions, le mélange des genres pratiqué en permanence par Donald Trump interpelle, dans un pays où le déclin de l’ancien président démocrate Joe Biden a dominé la vie politique pendant des mois.
Lundi, devant des bambins venus participer à la traditionnelle chasse aux œufs de la Maison Blanche, aux côtés d’une mascotte costumée en lapin géant, il a évoqué la guerre sur un ton triomphaliste, en jugeant que l’Iran n’était «pas du tout si fort que ça».
Il est par ailleurs fréquent que lors de ses interventions publiques - passablement décousues -, il évoque dans le même élan le conflit au Moyen-Orient et des projets de décoration ou de construction qui le passionnent, comme l’édification d’une salle de bal à la Maison Blanche.
«
Nous voilà réduits à constater la folie d’un homme…», reconnaît amèrement ce mardi auprès de Libération Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français de la Défense et des Affaires étrangères. L’envoyé personnel d’Emmanuel Macron au Liban, qui fait office de vigie française au Moyen-Orient, ne peut que déplorer «l’absurdité» de la situation.
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