"Au Kremlin, les gardiens des finances alertent Poutine sur le coût "insoutenable" de la guerre
À Moscou, de hauts responsables mettent en garde le gouvernement russe contre le coût croissant de la guerre qui étrangle les finances publiques. Les partisans d'un soutien militaire sans compromis, eux, refusent toute coupe budgétaire. Le Kremlin va devoir arbitrer.
Des tensions internes minent la Russie, engagée depuis quatre ans dans une guerre contre l'Ukraine. Selon plusieurs sources et documents consultés par Bloomberg, qui en fait état lundi 1er juin, des responsables du ministère des Finances et de la Banque centrale ont indiqué au Kremlin que les dépenses militaires ont atteint un niveau "insoutenable" pour le pays et qu'elles risquent d'aggraver le déficit budgétaire.
En coulisses, ces figures du gouvernement plaident pour redresser les finances publiques avec de nouvelles économies, signe rare de désaccords au sommet de l'État russe depuis le début de l'invasion à grande échelle, en février 2022. Sauf que parmi les décideurs politiques, tout le monde n'est pas d'accord pour changer de cap.
Des positions divergentes, Poutine refuse encore de trancher
Déterminés à atteindre leurs objectifs en zone de conflit, des membres du gouvernement et des responsables du ministère de la Défense considèrent qu'il est "impossible" de réduire les crédits accordés à l'effort de guerre. Procéder à des coupes nuirait à une partie de l'économie, de nombreuses entreprises dépendant désormais des contrats d'armement, affirment-ils. Loin de vouloir diminuer la note, l'armée réclamerait même des financements supplémentaires pour combler un manque estimé à près de 3 000 milliards de roubles (35 milliards d'euros) cette année.
Conscient des contraintes budgétaires, Vladimir Poutine tente, pour l'heure, de préserver les dépenses militaires, mais aurait demandé au ministère des Finances d'évaluer la possibilité de coupes dans d'autres secteurs. Sans l'approbation du président, aucune décision majeure ne peut être prise.
Une cascade de soucis
La flambée des prix du pétrole, due à la guerre en Iran, ne suffira pas à résoudre les problèmes économiques du pays, martèlent des sources proches du pouvoir à Bloomberg. Pour que la situation s'améliore significativement, le prix du pétrole devrait se maintenir au-dessus de 100 dollars le baril (environ 85,90 euros) pendant au moins un an. Mais cette manne financière ne mettra pas un terme aux problèmes structurels qui affectent la croissance, l'inflation et le secteur bancaire.
Alors que les statistiques officielles montrent une contraction de l'économie au premier trimestre, une première depuis trois ans, Moscou ne prévoit plus qu'une progression du PIB de 0,4 % en 2026.
Quant au déficit budgétaire, sur les quatre premiers mois de l'année, il a grimpé à 5 900 milliards de roubles, soit 69,7 milliards d'euros, largement au-dessus des prévisions initiales. Le ministre des Finances, Anton Silouanov, rappelle que "les réserves ne sont pas infinies" et que "une faiblesse des finances publiques est intolérable dans le contexte des profondes transformations que connaît le monde". Confronté à un dilemme, le Kremlin va devoir faire des choix."
https://www.geo.fr/geopolitique/au-krem ... rre-232254
Avec tous ses problèmes, je ne vois pas comment la Russie pourrait attaquer l'Arménie alors que la guerre s'enlise en Ukraine...
A moins que V. Poutine veut ruiner son propre pays....