Victor a écrit : 22 novembre 2022 10:31
lotus95 a écrit : 22 novembre 2022 00:10
Pas du tout , je ne parle que de la provenance des ressources du système de retraites ... en réponse à votre question
Les pensions de retraite sont à 100% de la dépense publique tout simplement parce que la sécu est un organisme public.
C'est la définition même de la dépense publique.
Vous savez très bien qu'il y a tout un débat sur l'idée de faire "cotiser" les robots.
En effet une entreprise qui robotise un maximum son activité va réduire son nombre de salariés et va en conséquence moins cotiser.
D'où l'idée de faire cotiser les robots ou de baser le financement sur une autre base que les salaires, par exemple sur la valeur ajoutée ou le CA des entreprises.
De cette manière des entreprises par exemple dans la finance cotiseraient beaucoup plus, alors que des entreprises industrielles qui emploient beaucoup de main d'œuvre cotiseraient moins, ce qui faciliterait la réindustrialisation de la France.
Mais dans ce cas, toute votre élucubration sur la nature des pensions de retraite tomberait vraiment à l'eau car le financement ne serait plus basé sur les salaires.
Parce que si l'on pousse à peine votre idée, il n'y a plus aucune dépense publique car le financement des organismes publics est toujours basé sur des taxes, des impositions, des impôts qui viennent ponctionner dans leur immense majorité des particuliers privés et des entreprises privées.
Donc ce n'est pas la nature de la recette qui détermine la nature de la dépense, mais qui dépense. Si c'est un organisme public, c'est de la dépense publique, si ce sont des particuliers ou des entreprises privées, c'est de la dépense privée.
Tu oublies mon cher Victor l'origine des fonds de ces organismes, il s'agit d'une part de la rémunération des salariés ; tu oublies aussi le statut assurantiel de ces cotisations qui sont dédiées à couvrir des risques maladie-chômage-retraite et constituer des revenus différés ; tu oublies la gestion paritaire de ces organismes qui les distinguent d'organismes publics ... jouer sur les mots n'a pas grand intérêt
Je pense que tu accepterais très mal que ton assurance habitation ne couvre pas intégralement les frais d'un sinistre chez toi sous prétexte que les fonds ont été réservés à d'autres finalités sans que n'aies eu ton mot à dire.
Quel effet ont donc les allègements ou exonérations de cotisations par exemple ? ils constituent un manque à gagner pour les caisses de protection sociale, et grâce à loi Veil , ce manque à gagner était compensé à 100% par l'Etat jusqu'à ce que Macron remette en cause cette loi
Aujourd'hui, le gvt peut mettre en oeuvre une politique démagogique et clientéliste vis à vis des entreprises et ne pas compenser ses conséquences à 100% sur les caisses de protection sociale , ce qui engendre fatalement des trous ... dont on profite ensuite pour instaurer des réformes qui restreignent les droits individuels ; c'est vrai sur la maladie, le chômage , les retraites ... ça s'appelle la politique des caisses vides
Ce simple exemple démontre que les caisses de Sécu et le budget de l'Etat ne sont pas des vases communicants
Mais que le gouvernement cherche à tout étatiser pour se permettre de puiser et détourner des fonds de leurs objectifs initiaux ne fait pas de doute
Dans le fond, tu n'arrives pas à comprendre que les cotisations salariales ET patronales font partie de la rémunération des salariés , tu peux te référer aux définitions de l'Insee ou de l'UE si tu as des doutes
Le fait est qu'on a opté dans le passé pour un système de mutualisation des risques, louable dans ses objectifs initiaux , mais avec du recul couteux en terme de structure , infantilisant et trompeur en pratique pour les salariés , qui ont perdu de vue pour la plupart que ces cotisations faisaient partie de leur rémunération, et qui représente une porte ouverte sur les entourloupes et gabegies en tous genres
Par exemple, tout le monde considère le dépouillement des hôpitaux comme une fatalité , alors que ce sont précisément les fonds d'assurance maladie (rémunération des salariés) qui les financent
Si au lieu de cela , on avait laissé les salariés se débrouiller et gérer leurs risques individuellement , ils percevraient aujourd'hui la totalité de leur superbrut ; donc NON, ces fonds n'ont strictement rien à voir avec des impôts et taxes que l'Etat peut employer comme il l'entend
Dans le cas des robots , oui bien sûr qu'il aurait fallu créer des taxes intégralement reversées aux caisses de protection sociale, d'autant plus lorsque ces robots occasionnent des licenciements en masse supportés par la collectivité ; mais c'est difficilement gérable ... il faudrait capter les nuances entre progrès technologique vertueux et destructeur
et surtout, si la vocation des gouvernements privilégiait l'intérêt général plutôt que les intérêts d'une minorité de requins , ça se saurait
Mais dans l'absolu, tout dépend du modèle de société qu'on cherche à entretenir , le "chacun sa merde" ou le "tous pour un ..." , mais ça ne peut pas être un modèle à géométrie variable selon les intérêts , on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre ....
A travers ses réformes lâches qui s'attaquent aux plus faibles pour conforter les plus puissants , il est aujourd'hui très clair que ce gouvernement n'a qu'une vision étriquée qui fait la part belle aux desirata de Bruxelles et du patronat , sortir de ce système hypocrite faussement solidaire devient donc un vrai sujet.