Re: «Retraites: salariés du privé et indépendants vont-ils être les seuls à trinquer?»
Posté : 03 novembre 2019 17:06
c'est le cas par exemple des médecins ou avocats.lotus95 a écrit : 03 novembre 2019 17:04 j'aurais tendance à rejoindre la vision globale de Kelenner
C'est légitime de s'offusquer d'inégalités en matière de droits retraite, et on a beau jeu de chercher à diviser sur la question ;
en sachant que les avantages des régimes spéciaux ne sont pas liés à la pénibilité, mais à des situations de monopole ; bien entendu, il y a bien des métiers dans le privé dont la pénibilité permettrait de prétendre à des conditions plus favorables en matière de retraite.
Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue l'essentiel : dans cette réforme, il ne s'agit pas de rétablir un équilibre mais de faire plonger tout le monde vers le bas.
De plus, il faut voir le problème sous l'angle du financement (comme dit sur mon post précédent) :
dans le prix d'un billet de train par exemple, il y a financement du régime spécial ; si on aligne le régime Sncf sur le régime général, le prix du billet ne diminuera pas, ce qui revient à dire que les usagers continueront de financer un coût qui n'existe plus ou aura diminué fortement.
quel est donc le sens d'une division à ce sujet ? est ce que cela octroie des droits supplémentaires aux usagers ? non
Côté privé, on a 6 millions de chômeurs, une robotisation croissante, l'UE et ses délocalisations ou travail détaché ... qui plombent le système par la raréfaction de l'emploi engendrée
aujourd'hui, tout ce qu'on propose est de soigner les symptômes, pas les causes ; or on ne peut pas gérer le chantier retraites en faisant l'économie de celui de l'emploi dans un système par répartition ;
et aujourd'hui, que fait t-on sur le chantier de l'emploi ? on pousse les chômeurs vers la sortie des listes en les précipitant vers les minimas sociaux qui ne sont pas soumis à cotisations retraites ; on ne fait rien contre les délocalisations ; on adopte des mesures homéopathiques sur le recours aux contrats courts alors que l'Unedic perd 10 milliards par an sur ces contrats ; aucune réflexion n'a vraisemblablement été menée pour taxer les robots ....
en résumé, la perte des avantages des uns n'apportera rien aux autres ; ça ne veut pas dire que rien ne doit être fait, mais il faut voir le sujet sous un angle général en prenant en compte les tenants et les aboutissants, et viser un équilibrage plutôt qu'une régression générale.