oups a écrit : 05 mai 2020 13:05
Kelenner a écrit : 05 mai 2020 12:22
C'est pas toujours aussi simple. S'il décide d'ouvrir les écoles, il accepte implicitement le protocole (délirant) que le ministère met en place pour se dédouaner, et en cas de non-application il engage sa responsabilité, d'où leurs réticences. Alors il est probable qu'un tribunal décidera en dernier ressort que la responsabilité revient à l'Etat si les consignes sont irréalistes, mais je comprends qu'ils ne veuillent pas prendre ce risque.
Vous avez raison de parler de protocole .A CE JOUR et selon le conseil national des barreaux le prospectus du comite scientifique (auto proclamé) n'est pas opposable en droit .Le recueil de bonne pratiques de l'ami Delfraissy est d'ailleurs intitulé "recommandations " soulignent ils ..Les barreaux a cette occasion soulignetnt d'ailleurs qu'en droit et toujours a ce jour , dissimuler son visage sur la voie publique est toujours un delit

Les soignants , les caissieres , les routiers ........ont pris des risques mesurés .Ils n'ont pas fuient , pardon fait valoir leur droit de retrait
C'est pour cette raison que je ne crois pas vraiment à la responsabilité pénale des maires ou directeurs d'école (et encore faudrait-il prouver que la contamination a bien eu lieu en milieu scolaire), cependant, ça ne dédouane pas l'Etat d'assumer pleinement la responsabilité de sa décision.
Pour le reste, ça me fait penser à ce que d'autres ont déjà noté avant moi, et qui va devenir encore plus visible à partir du 11 mai, à savoir une double fracture à la fois sociale et générationnelle, qui est révélée au grand jour par la crise.
Car si on expose les choses crûment, ce qui s'est passé, c'est qu'on a imposé des sacrifices aux forces vives du pays et à leurs mômes (privés de scolarisation depuis deux mois avec tous les effets que ça peut engendrer, et qui risquent d'être très difficiles à évacuer dans de nombreux cas) via des pertes de revenus, voire des pertes d'emploi, des fermetures de commerces... et tout cela pour protéger uniquement une population âgée, qui elle n'aura subi aucune perte financière (quand ce n'est pas carrément le contraire) et qui en règle générale passe le confinement dans des conditions bien plus confortables que la moyenne. En gros, donc, les jeunes ont été sacrifiés pour les vieux -ce que seul Todd, à ma connaissance, a reconnu de façon aussi explicite, car on le comprend, le sujet dérange.
Mais il y a un deuxième clivage qui va apparaître de façon encore plus éclatante à partir du 11 mai, c'est celui entre les travailleurs des classes populaires puis moyennes, qui pour certains ont été "au feu" pendant toute l'épidémie; et ceux des "cadres" de mes couilles en pseudo-"télétravail" bidon, qui percevront leur salaire en restant bien au chaud dans leur canapé, mais sans se priver le moins du monde de donner des leçons aux masses de gueux sommées de faire le sale boulot à leur place -ce qui, certes, est déjà leur habitude. Aux aides-soignantes, préparateurs de colis Amazon, livreurs, caissières, magasiniers, ouvriers agricoles, chauffeurs routiers qui s'exposent depuis le départ quasiment sans protection pour des payes de misère vont venir s'ajouter les classes moyennes des enseignants, coiffeurs, petits employés et fonctionnaires, qui devront reprendre le chemin du boulot et les transports en commun. Contraste saisissant avec l'esplanade de la Défense désespérément vide, où le "courage" semble avoir définitivement déserté tous les braves golden boy en col blanc, et qui passeront le reste de l'été, en compagnie de leurs homologues retraités, confortablement le cul devant leur ordinateur.
Toutes proportions gardées on peut faire des parallèles historiques avec les vieux et gras exploiteurs coloniaux qui envoyaient les appelés du contingent mourir pour protéger leurs intérêts; aux généraux de la Grande Guerre qui décidaient paisiblement depuis leurs luxueux salons de la mort de millions de poilus; aux capitalistes parisiens du 19ème siècle qui exploitaient le travail de mineurs de fond condamnés à la mort précoce.
Il y a juste une chose qui m'inquiète fortement pour l'avenir, c'est qu'à force de pousser l'indécence toujours plus loin, ces gens ne finissent par provoquer une réaction d'une violence qui deviendra difficilement maîtrisable, et à côté de laquelle les Gilets Jaunes ne sembleront qu'un gentil avertissement.