capochef99 a écrit : 25 novembre 2020 18:10
Montrons le chemin du retour à tous les présents en France incapables de nous présenter un document de notre ambassade de leur pays les y autorisant !
Cela me fait penser à un "sans-papiers" ici dans ma ville qui expliquait les nombreuses tentatives qui furent les siennes de rejoindre l'Europe. Il y parvint finalement en pirogue (partie depuis la Gambie). Plusieurs jours de voyage jusqu'à l'Espagne. De nombreux morts en route. Des gens jetés par-dessus bord. Un enfant jeté à la mer car étant malade et ceci par peur qu'il contamine le reste des personnes. Une autre personne jetée à la mer car tentant de manger les autres (la folie ou la faim tiraillant tout le monde). La peur à l'approche des frontières Marocaines et l'utilisation de gris-gris dans l'espoir de passer inaperçus aux yeux des garde-côtes Marocains.
L'attente dans des camps en Espagne. Les déplacements dans différentes villes à la recherche d'un travail et finalement l'émigration jusqu'à Bordeaux dans l'espoir de trouver une solution à une situation paraissant inextricable.
Des récits comme ça il y en a quantité parmi les personnes au pays et j'en fréquente un certain nombre qui peuvent me les transmettre. J'en connais qui vivent dans des petits appartements entassés à plusieurs et qui tentent de survivre comme elles le peuvent. Ces gens-là ne méritaient-ils pas de vivre dans un minimum de confort comme nous ? Combien sont parties mais ont trouvé l'océan pour cimetière. Combien ont préféré se rendre jusqu'en Libye afin de traverser la mer plus calme que l'océan mais furent réduites en esclavage durant leur périple, torturées et utilisées à souhait. Combien, lorsqu'elles parvinrent à rallier l'Europe, errèrent de nombreux mois dans des camps de réfugiés où elles n'ont aucune perspective d'avenir. Combien réussirent à s'enfuir mais se retrouvent désormais SDF dans les villes de nos pays en luttant au quotidien pour leur survie.
Certains partent bien que ne souffrant pas particulièrement, il est vrai, dans leurs pays d'origine mais percevant l'Occident, à tort, comme un eldorado où l'argent tomberait du ciel (fascinés comme ils le sont par les récits mensongers de ceux qui y sont, fascinés par le bling-bling affiché par ceux qui y reviennent en vacances, fascinés par nos films, nos séries qui promeuvent un mode de vie qu'ils imaginent partagés par tous).
D'autres tentent l'aventure car provenant de pays en guerre et cherchant à fuir les violences. D'autres du fait de la pauvreté à laquelle ils semblent condamnés jusqu'à leur mort et qui estiment que leur vie ne valant rien, ils n'ont rien à perdre à la risquer pour tenter de l'améliorer.
Il y a beaucoup de cas divers et variés. Je ne vous demande pas d'aimer ces gens là, de les accueillir dans votre demeure ou d'agréer le fait qu'ils souhaitent s'installer dans votre pays, mais j'aimerais tellement que vous puissiez les percevoir autrement que comme des parasites venus vous voler vos richesses puisqu'en réalité ce sont tout simplement des êtres humains, comme vous comme moi, avec leur histoire, leurs souffrances et qui n'aspirent qu'à une chose (qu'on ne peut reprocher à l'être humain lorsque cela reste mesuré), c'est de vivre mieux.
Alors certes la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais n'est-il pas criminel, d'une certaine façon, de la rejeter une fois qu'elle parvient (au péril de sa vie et après bien des souffrances) à nous rejoindre sans chercher à trouver les moyens de faire en sorte que cette "misère" le soit un peu moins ?
Ne seriez-vous pas plus heureux et fier dans votre existence si vous saviez que les efforts que vous consentez de faire (en diminuant peut-être un peu notre train de vie) ont permis d'améliorer grandement l'existence de nombreuses personnes, d'hommes, femmes et enfants ?
Vous êtes un humain doté d'une âme, d'une sensibilité. Peut-être un père de famille chérissant ses enfants et étant chéri en retour, donc connaissant l'effet, sur sa propre personne, de l'amour porté à autrui. J'ai du mal à vous imaginer insensible aux perspectives qu'un tel effort collectif, fait de plus de partage, pourrait engendrer sur votre propre personne.