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Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 09:13
par mic43121
Once a écrit : 28 octobre 2026 08:32
mic43121 a écrit : 28 octobre 2026 08:02 Avant à 70 ans on était VIEUX ..Maintenant c'est des jeunes . :(
Ben... si les vieux laissent une planète pourrie aux jeunes, faudra pas s'en étonner, non ?

En fait, l'important c'est de rester jeune dans sa tête aussi longtemps que possible quand on vieillit.

Et un truc juste en passant : j'ai comme l'impression qu'une grande partie des jeunes sont devenus beaucoup plus mûrs - mais pessimistes et réalistes aussi- que ne l'étaient leurs aînés au même âge. Ce qui est bien le signe que les Trente Glorieuses, elles sont terminées depuis longtemps déjà et qu'on est en plein changement d'époque. Et que les jeunes n'héritent pas d'une époque optimiste et joyeuse comme c'était le cas dans les années 60.


Les vieux ne laisseront que des souvenirs :]
Bien sur qu'il faut rester jeune ..je ne me sent pas vieux Je fais tout le boulot qu'il y a a faire a la maison ..
Je ne demande rien a personne ....Je joue une fois par semaine ..je souffre (mon dos, et mon bras droit)
mais je me force avec un iIsalgi et 1/2 Doliprane .. :( Sans ça ne ne peut plus !
Pour ce qui est des jeunes moi j'ai de La chance ...ma filles est chez elle ...(super bien , je vous ai mit des photos) elle a un très bon boulot
ET mes 2 petites filles sont propriétaires de leurs maisons ..Comme quoi quand on bosse ...
MAIS je ne dit pas que c'est facile
.;acheter un terrain a bâtir et y construite une maison ,c'est carrément impossible maintenant.!(pour des ouvriers)
Il faut avoir 5000 par mois (a 2) pour qu'une banque te prête de l'argent ..Les terrains abattoir font rares les maires ont des normes a respecter !
:-/

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 09:49
par papibilou
Once a écrit : 28 octobre 2026 08:32
mic43121 a écrit : 28 octobre 2026 08:02 Avant à 70 ans on était VIEUX ..Maintenant c'est des jeunes . :(
Ben... si les vieux laissent une planète pourrie aux jeunes, faudra pas s'en étonner, non ?

En fait, l'important c'est de rester jeune dans sa tête aussi longtemps que possible quand on vieillit.

Et un truc juste en passant : j'ai comme l'impression qu'une grande partie des jeunes sont devenus beaucoup plus mûrs - mais pessimistes et réalistes aussi- que ne l'étaient leurs aînés au même âge. Ce qui est bien le signe que les Trente Glorieuses, elles sont terminées depuis longtemps déjà et qu'on est en plein changement d'époque. Et que les jeunes n'héritent pas d'une époque optimiste et joyeuse comme c'était le cas dans les années 60.
Les jeunes plus mûrs ? Plus réalistes ? Ben non. Pourquoi voudriez vous que la maturité soit avancée aujourd'hui ? Le cerveau n'est totalement construit que vers 25 ans. Donc n'imaginons pas que la nature tout à coup nous a fat évoluer vers plus de maturité à 18 ans.
Pessimistes ? Mais pourquoi croyez vous qu'il y a eu 68 ?
Les trente glorieuses sont effectivement terminées dans le sens ou la croissance forte est une histoire passée. Mais c'est aussi le cas de la démographie en berne, des finances qui n'ont rien de glorieuses, etc..

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 11:19
par lepicard
latresne a écrit : 28 octobre 2026 00:56
Mesoke a écrit : 25 octobre 2026 07:36

Vous avez connu la stabilité du travail, le plein emploi, le travail simple et peu technique, mais peu productif. De nos jours pour bosser dans presque n'importe quel secteur il faut une formation technique pour de la machinerie un minimum complexe, de l'informatique, des règles de sécurité, le tout pour bosser peut-être moins en temps, mais plus intensément. Et sans aucune garantie d'emploi, sans même de garantie que dans deux ans le boulot pour lequel on s'est formé existera encore ou s'il sera remplacé par des IA, en sachant qu'on va devoir changer 10 ou 15 fois d'entreprise dans sa vie, avec l'incertitude de revenus qui va avec, se reconvertir plusieurs fois dans des secteurs d'activité radicalement différents.

Forcément si tout ce que tu comptes c'est le nombre d'heures de présence au boulot tu vas pouvoir en déduire qu'à votre époque vous étiez des gros balèzes qui travaillaient beaucoup et ne se plaignaient pas. Forcément si tu occultes les trois quarts des problèmes tu trouves la conclusion que tu veux. Ca s'appelle de la cueillette de cerise, et c'est de la grosse arnaque rhétorique.

"de gros balèzes " ,certainement pas ,les travailleurs bossaient beaucoup et n'avaient pas les moyens de "festoyer".Par contre cette génération mourait jeune ,beaucoup plus que celle d'aujourd'hui si l'on compare et c'est trés bien comme ça.Les français de cette époque n'avaient pas de voiture ou rarement ,ils se déplaçaient pour travailler en vélo ,en bus ou en tranway.Ces transports allongeaient les journées .Si je compare ma jeunesse avec celle de mes enfants ou petits enfants "y a pas photo".Vous croyez que les jeunes d'aujourd'hui bouffent beaucoup de topinanbourg,de rutabagas ? Ils voudraient commencer par la retraite avant de se retrousser les manches.Suis pas inquiet pour eux ,l'homme trouve toujours une solution.Seule ombre au tableau peut être, l'IA.Coté positif ,on vit de plus en plus vieux .Question subsidiaire : est ce que le travail d'été pour les étudiants existe t'il toujours ? Si oui ,dans quelle proportion ?
si l'IA leur dit qu'il va falloir bosser + longtemps , et d'avantage ,,, seront ils disposés à le croire ????

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 12:11
par scorpion3917
Kelenner a écrit : 25 octobre 2026 20:13
jeandu53 a écrit : 25 octobre 2026 15:31 La journée d'hier a semblé plutôt calme. Mais on notera 53 policiers blessés :

Mobilisation du 24 octobre : 1 314 interpellations dans toute la France, 53 membres des forces de l’ordre blessés

Il n'y a pas eu 53 manifestants blessés, sinon, ça ferait la une des médias.

Nous vivons donc dans un monde fait de manifestations violentes où, systématiquement, ce sont les flics qui payent le plus lourd tribut.

Mais un flic blessé, ça paraît normal, c'est entré dans les mœurs, on s'habitue aux violences contre les flics. Par contre, un manifestant blessé, ça fait la une des médias.
Ouais alors, « blessé « , ça veut tout et rien dire. Un flic qui glisse tout seul en lançant une grenade il sera comptabilisé comme « blessé «  et il se prendra une semaine d’ITT, mais en vrai il n’a rien du tout.
Évidemment.. on ne précise jamais les blessures....

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 12:14
par scorpion3917
Kelenner a écrit : 26 octobre 2026 09:54
papibilou a écrit : 25 octobre 2026 21:00
Ces salauds de policiers ce sont des tricheurs en plus! :ange:
Je n’ai jamais dit qu’ils trichaient. Je rappelle juste que derrière le terme « blessé «  on peut mettre à peu près n’importe quoi. Tu peux être certain que s’il y avait des policiers mutilés, éborgnés ou grièvement blessés on ne parlerait que de ça. Comme ce n’est pas le cas, c’est qu’il n’y a aucun blessé sérieux à déplorer, et c’est tant mieux.
Vous avez vu comme ils sont équipés ?

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 12:17
par scorpion3917
Encore une taxe supplémentaire de 0,8% sur nos cotisations assurances voitures et habitations pour ces pauvres assureurs au bord de la faillite :mdr3:

Tu vas payer un truc que t'as pas fait !!!

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 12:33
par papibilou
Dernière évaluation des dégâts et pillages: plus d'1 milliard. Au point ou nous en sommes, ....

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 13:18
par Mesoke
Plus d'un milliard pour l'état et l'argent public ou pour des assureurs privés ?

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 28 octobre 2026 16:37
par papibilou
Mesoke a écrit : 28 octobre 2026 13:18 Plus d'un milliard pour l'état et l'argent public ou pour des assureurs privés ?
https://fr.finance.yahoo.com/actualites ... 01134.html

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 29 octobre 2026 15:03
par le chimple
Mesoke a écrit : 28 octobre 2026 13:18 Plus d'un milliard pour l'état et l'argent public ou pour des assureurs privés ?
Et derrière les assureurs , il y a qui ??? :twisted:
Nous !
Je remercie la gauche de refuser les lois répressives sur les casseurs qui vont augmenter les assurances de 0.8 % !
Et si par miracle ces lois passent à l'assemblée , il y aura encore le Conseil Constitutionnel et ça , c'est une autre histoire !
Et oui , comment faire payer de pauvres mères seules de ces sauvages ?
Mais au fait , ces sauvages ont bien un père qui malgré le fait qu'il ait quitté le foyer , est toujours responsable , non ??

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 29 octobre 2026 18:45
par lepicard
le chimple a écrit : 29 octobre 2026 15:03
Mesoke a écrit : 28 octobre 2026 13:18 Plus d'un milliard pour l'état et l'argent public ou pour des assureurs privés ?
Et derrière les assureurs , il y a qui ??? :twisted:
Nous !
Je remercie la gauche de refuser les lois répressives sur les casseurs qui vont augmenter les assurances de 0.8 % !
Et si par miracle ces lois passent à l'assemblée , il y aura encore le Conseil Constitutionnel et ça , c'est une autre histoire !
Et oui , comment faire payer de pauvres mères seules de ces sauvages ?
Mais au fait , ces sauvages ont bien un père qui malgré le fait qu'il ait quitté le foyer , est toujours responsable , non ??
hélas , il va falloir se lever de bonne heure pour mettre la main dessus

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 29 octobre 2026 18:59
par mic43121
Mesoke a écrit : 25 octobre 2026 19:50 Pour porter un sac de 50kg il faut juste des muscles. Pour conduire un Fenwick il faut une formation, mais ça permet de transporter vachement plus vite plus de choses à la fois avec moins de personnel.

Le travail a évolué, la productivité par ouvrier a bondi, la pénibilité a diminué, la classe ouvrière s'est rapprochée de la classe moyenne.

Surtout un fenwick ..Il faut une formation d'au moins une heure ::d
:mdr3:

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 30 octobre 2026 14:39
par lepicard
mic43121 a écrit : 29 octobre 2026 18:59
Mesoke a écrit : 25 octobre 2026 19:50 Pour porter un sac de 50kg il faut juste des muscles. Pour conduire un Fenwick il faut une formation, mais ça permet de transporter vachement plus vite plus de choses à la fois avec moins de personnel.

Le travail a évolué, la productivité par ouvrier a bondi, la pénibilité a diminué, la classe ouvrière s'est rapprochée de la classe moyenne.

Surtout un fenwick ..Il faut une formation d'au moins une heure ::d
:mdr3:
:siffle: :siffle: :siffle: :siffle: :siffle: :siffle: :siffle: :XD:

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 31 octobre 2026 13:56
par Kabé
Cette lettre ouverte de Jonathan Little me semble éminemment pertinente, mais on ne l'a pas encore évoqué/cité ici... :
La lettre ouverte de l’écrivain Jonathan Littell à Emmanuel Macron : « Taper jusqu’à ce que le peuple se taise, voilà votre réponse, tout au long de vos deux mandats »

Scandalisé par la répression policière qui s’exerce lors des manifestations et effrayé à l’idée d’un basculement politique de la France, l’auteur franco-américain des « Bienveillantes », prix Goncourt en 2006, demande, dans une tribune au « Monde », des explications au président de la République.

Samedi 24 octobre, mon fils de 25 ans, exerçant son droit constitutionnel à la libre expression et à la libre assemblée lors de la manifestation autorisée par la Préfecture de police de Paris, a été blessé à la main par un coup de matraque d’un fonctionnaire de la police. Les cortèges s’étaient déroulés de manière pacifique, bon enfant même ; lorsque les forces de l’ordre les ont bloqués au niveau de la porte de Vincennes, les manifestants ont obtempéré et sont restés stationnaires pendant plus d’une heure en chantant joyeusement des slogans et brandissant des pancartes. Mon fils et ses amis étaient remontés vers la tête de la manifestation, et ont donc été des témoins directs du déroulement des faits.

Vers 17 h 45, sans aucune provocation, sans qu’aucune action violente ait eu lieu, les forces de police ont soudainement tiré une série de projectiles lacrymogènes dans la foule ; et c’est seulement à la suite de ces gazages qu’une partie des jeunes, qui peut-être en effet n’attendaient qu’un prétexte, ont attaqué en réaction les policiers, déclenchant mécaniquement des charges d’une violence inouïe. C’est à ce moment que mon fils s’est rendu compte que tous les cortèges de tête avaient été discrètement nassés dans l’heure qui avait précédé les premiers jets de gaz par la police, et que ni lui ni les milliers d’autres manifestants non violents n’avaient moyen d’échapper au déferlement de brutalité qui s’en est suivi. Alors qu’il n’avait à aucun moment entrepris la moindre action violente ou illégale, mon fils a été matraqué par-derrière, alors qu’il tentait de fuir.
Monsieur le président, j’ai pris bonne note des affirmations de votre ministre de l’intérieur [Laurent Nuñez], qui a déclaré le soir même : « Comme nous l’avions anticipé, il y a eu plusieurs constitutions de groupes à risques (…) militants de l’extrême gauche radicale, de l’ultragauche (…) qui sont intervenus selon un schéma assez classique, c’est-à-dire que pendant les cortèges ils se sont détachés et ont cherché à commettre des exactions. » Cette déclaration malheureusement ne correspond pas à la réalité vécue par mon fils et les autres manifestants pacifiquement réunis dans les cortèges de Paris, pour qui les premiers actes de violence, non provoqués, sont venus de la part de la police.

Le peuple français vous adresse, depuis un mois déjà, des demandes parfaitement légitimes, pour une éducation correcte dans des conditions dignes, pour des moyens de transport, de logement et de vie abordables, pour une répartition de la richesse nationale qui ne profite pas qu’à une poignée d’hommes ; et vous, en cette fin de mandat crépusculaire, ayant perdu toute crédibilité et tout levier d’action effective sur une situation sociale des plus difficiles, vous restez obstinément sourd à ces demandes, vous n’avez aucune réponse à leur apporter si ce n’est la répression, les coups de gourdin et les grenades de vos policiers.

Les propositions aux lycéens mises sur la table lundi 26 octobre par votre gouvernement, trop peu, trop tard, ne changent rien au fond de l’affaire. Je voudrais donc, monsieur le président, vous adresser quelques questions.
Une longue histoire en France

Tout d’abord, pourquoi la police française utilise-t-elle, lors de grands mouvements sociaux comme les manifestations des lycéens, puis les manifestations plus larges qui ont lieu en ce moment, des tactiques de provocation indignes d’une démocratie, en lançant des actions violentes qui ont visiblement pour but de provoquer en retour la violence d’une partie des manifestants, d’office classés comme radicaux, alors que bon nombre d’entre eux ont justement été radicalisés par cette violence injustifiée des forces de police ? C’est ce qu’on appelle des provocations policières ; elles ont aussi une longue histoire, ici en France, et vous devez la connaître.

Pour ma part, j’en comprends parfaitement les mécanismes, et il se trouve que je viens de publier un roman qui les décrit [L’Héritage, Gallimard, 464 pages, 23 euros] ; certes, je songeais à un régime autoritaire fictif, et non pas à la France ; peut-être aurais-je dû. Mais vous, comment pouvez-vous tolérer de telles actions ? N’êtes-vous pas au courant ? Laissez-vous vos services vous cacher la vérité ? Ou bien ces provocations ont-elles lieu sous vos ordres, et si oui, dans quel but ?

Deuxième question, pourquoi la police française, si brutale lorsqu’il s’agit de lycéens ou de citoyens pacifiques, tolère-t-elle sans ciller et sans réagir les démonstrations de force de milices d’extrême droite et leurs actes d’une très grande violence contre des manifestants ? A Montpellier, le 24 octobre, des nervis d’ultradroite, se regroupant à la suite d’appels sur les réseaux sociaux, ont non seulement été filmés en train d’agresser des manifestants sans que le cordon de police situé un peu en amont intervienne, mais, lorsque les policiers ont enfin chargé, ils se sont directement rués sur les manifestants, dont certains, déjà blessés, ont été bastonnés au sol, laissant fuir les militants venus semer le chaos.

A Nice, une autre milice d’ultradroite munie de gazeuses et de matraques a pu traverser une ville quadrillée par la police en scandant des chants nationalistes, puis ses membres ont été filmés en train de discuter tranquillement avec les forces de l’ordre avant de lancer leurs assauts contre les manifestants. Des scènes semblables se sont déroulées à Rouen et ailleurs. Le 19 octobre, déjà, une manifestation néonazie a eu lieu à Lyon en plein couvre-feu, encore une fois sans la moindre intervention de la police.

Tout cela est filmé, monsieur le président, documenté. Pourtant, vous et vos officiels vous obstinez à ne parler que de violence d’extrême gauche. Pourquoi cela ? Je constate que, devant le tollé provoqué par ces images, la police de Nice a fini par ouvrir une enquête et arrêter onze de ces militants (onze, sur plus d’un millier de personnes gardées à vue le 24 octobre), et que votre ministre de l’intérieur s’est senti obligé de nier que la police française protège les militants d’ultradroite en marge des manifestations. Comment peut-on le croire ? Ou bien est-il de bonne foi lorsqu’il affirme cela ? Ces provocations, cette tolérance pour les agissements de l’ultradroite seraient-elles alors des initiatives locales, menées dans son dos par des échelons inférieurs ayant échappé à son contrôle ? C’est une question grave, monsieur le président, et vous nous devez la vérité.

La violence policière, en France, c’est une vieille histoire. Certains de nos aînés se souviennent encore dans leur chair du déchaînement policier de mai 1968 ; d’autres auront au moins vu les images. Et ce n’est pas qu’une histoire de droite : un ami me rappelle que lorsque les forces de l’ordre, sous François Mitterrand, réprimaient avec leur brutalité coutumière une manifestation de droite, un des caciques socialistes ricanait : la droite a formé la police à la violence pendant des années, qu’ils ne viennent pas se plaindre maintenant ! Et depuis, même les gouvernements qui comprenaient à quel point cet usage systématique de la violence est inacceptable et profondément antirépublicain n’ont jamais eu le courage d’affronter frontalement à ce sujet la police et ses tout-puissants syndicats.
Une ultradroite bien réelle

Quant à vous, depuis au moins l’épisode des « gilets jaunes » qui a tant marqué le début de votre présidence, et auquel, comme aujourd’hui, vous n’avez été capable d’apporter aucune réponse qui ne fût sécuritaire, vos ministres de l’intérieur successifs, issus de la gauche comme de la droite, n’ont fait qu’encourager cette dérive violente et ces méthodes provocatrices. Ce à quoi nous avons tous assisté en direct ces dernières semaines – des personnes mineures, dans un pays où la fessée est interdite, bastonnées par les forces de l’ordre, leurs yeux et leurs mains parfois arrachés par des armes qui s’apparentent à des armes de guerre ; des scènes de chaos et de brutalité dont tout porte à croire qu’elles ont été au moins en partie provoquées par des actions policières – a évidemment ses racines dans cette époque.

Et aujourd’hui comme hier, votre réponse reste la même : la recherche de boucs émissaires au sein d’une « ultragauche » en grande partie fantasmée (alors que vous restez silencieux au sujet d’une ultradroite bien réelle, organisée et prête à en découdre, comme on l’a vu), le mutisme et la violence. Taper jusqu’à ce que le peuple se taise, voilà votre réponse, tout au long de vos deux mandats, à des demandes sociales pourtant plus que justifiées.

Vous rendez-vous compte, monsieur le président, avec quel effarement sont perçues les méthodes policières françaises depuis vos voisins européens, l’Espagne, où j’habite, l’Allemagne, les Pays-Bas, et même le Royaume-Uni ? Il y a longtemps qu’elles ont fait perdre à la France sa réputation de phare de la démocratie, et tourné en dérision le « Liberté, Egalité, Fraternité » qui forme la devise de notre République. « Liberté, égalité, brutalité » conviendrait bien mieux.

Un dernier point, le plus important. Je ne vais pas m’étendre sur le désastre politique que vous léguez à la France, d’autres l’ont fait avant moi ; sur le fait que vos deux mandats nous mènent droit à une « belle élection » dans laquelle, au second tour, la grande majorité des électeurs français, centristes par nature, que ce soit de droite ou de gauche, n’auront le choix qu’entre un radicalisme de droite ou un radicalisme de gauche. Il semble plus que probable que, dans ce cas de figure, le Rassemblement national gagnera l’élection et que Marine Le Pen prendra votre place à l’Elysée.
Au-delà du désaveu cinglant que cela représentera de vos dix ans au pouvoir, avez-vous songé au fait que vous léguerez ainsi à un régime d’extrême droite à tendance autoritaire une police, façonnée par vous et vos ministres successifs, brutalisée et brutale, une police qui n’hésitera pas, cela est clair pour tous, à se mettre sans états d’âme au service d’une éventuelle répression encore plus féroce que l’actuelle ?

La police française, sous le gouvernement démocratique et soi-disant centriste qui est le vôtre, a déjà des comportements plus que problématiques, et parfois dignes des régimes dits « illibéraux » ; comment donc se comporterait-elle sous les ordres d’un parti politique héritier du régime collaborationniste de Vichy et des tortionnaires de l’Algérie française ? Comment se comporterait-elle sous les ordres d’un gouvernement raciste prêt à entrer en guerre contre toute une partie de sa population ? Vous êtes-vous jamais posé cette question, monsieur le président, vous qui avez, au cours des dix dernières années, approuvé les pires dérives de cette fameuse doctrine de maintien de l’ordre, sans jamais y mettre le moindre frein ?

Monsieur le président, pouvez-vous, depuis votre isolement, me répondre ?

Jonathan Littell (Ecrivain), Le Monde du 28 octobre 2026

https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... _3232.html

Re: Manifestation et casse du 17 octobre: sujet général

Posté : 31 octobre 2026 15:25
par Yaroslav
Kabé a écrit : 31 octobre 2026 13:56 Cette lettre ouverte de Jonathan Little me semble éminemment pertinente, mais on ne l'a pas encore évoqué/cité ici... :
La lettre ouverte de l’écrivain Jonathan Littell à Emmanuel Macron : « Taper jusqu’à ce que le peuple se taise, voilà votre réponse, tout au long de vos deux mandats »

Scandalisé par la répression policière qui s’exerce lors des manifestations et effrayé à l’idée d’un basculement politique de la France, l’auteur franco-américain des « Bienveillantes », prix Goncourt en 2006, demande, dans une tribune au « Monde », des explications au président de la République.

Samedi 24 octobre, mon fils de 25 ans, exerçant son droit constitutionnel à la libre expression et à la libre assemblée lors de la manifestation autorisée par la Préfecture de police de Paris, a été blessé à la main par un coup de matraque d’un fonctionnaire de la police. Les cortèges s’étaient déroulés de manière pacifique, bon enfant même ; lorsque les forces de l’ordre les ont bloqués au niveau de la porte de Vincennes, les manifestants ont obtempéré et sont restés stationnaires pendant plus d’une heure en chantant joyeusement des slogans et brandissant des pancartes. Mon fils et ses amis étaient remontés vers la tête de la manifestation, et ont donc été des témoins directs du déroulement des faits.

Vers 17 h 45, sans aucune provocation, sans qu’aucune action violente ait eu lieu, les forces de police ont soudainement tiré une série de projectiles lacrymogènes dans la foule ; et c’est seulement à la suite de ces gazages qu’une partie des jeunes, qui peut-être en effet n’attendaient qu’un prétexte, ont attaqué en réaction les policiers, déclenchant mécaniquement des charges d’une violence inouïe. C’est à ce moment que mon fils s’est rendu compte que tous les cortèges de tête avaient été discrètement nassés dans l’heure qui avait précédé les premiers jets de gaz par la police, et que ni lui ni les milliers d’autres manifestants non violents n’avaient moyen d’échapper au déferlement de brutalité qui s’en est suivi. Alors qu’il n’avait à aucun moment entrepris la moindre action violente ou illégale, mon fils a été matraqué par-derrière, alors qu’il tentait de fuir.
Monsieur le président, j’ai pris bonne note des affirmations de votre ministre de l’intérieur [Laurent Nuñez], qui a déclaré le soir même : « Comme nous l’avions anticipé, il y a eu plusieurs constitutions de groupes à risques (…) militants de l’extrême gauche radicale, de l’ultragauche (…) qui sont intervenus selon un schéma assez classique, c’est-à-dire que pendant les cortèges ils se sont détachés et ont cherché à commettre des exactions. » Cette déclaration malheureusement ne correspond pas à la réalité vécue par mon fils et les autres manifestants pacifiquement réunis dans les cortèges de Paris, pour qui les premiers actes de violence, non provoqués, sont venus de la part de la police.

Le peuple français vous adresse, depuis un mois déjà, des demandes parfaitement légitimes, pour une éducation correcte dans des conditions dignes, pour des moyens de transport, de logement et de vie abordables, pour une répartition de la richesse nationale qui ne profite pas qu’à une poignée d’hommes ; et vous, en cette fin de mandat crépusculaire, ayant perdu toute crédibilité et tout levier d’action effective sur une situation sociale des plus difficiles, vous restez obstinément sourd à ces demandes, vous n’avez aucune réponse à leur apporter si ce n’est la répression, les coups de gourdin et les grenades de vos policiers.

Les propositions aux lycéens mises sur la table lundi 26 octobre par votre gouvernement, trop peu, trop tard, ne changent rien au fond de l’affaire. Je voudrais donc, monsieur le président, vous adresser quelques questions.
Une longue histoire en France

Tout d’abord, pourquoi la police française utilise-t-elle, lors de grands mouvements sociaux comme les manifestations des lycéens, puis les manifestations plus larges qui ont lieu en ce moment, des tactiques de provocation indignes d’une démocratie, en lançant des actions violentes qui ont visiblement pour but de provoquer en retour la violence d’une partie des manifestants, d’office classés comme radicaux, alors que bon nombre d’entre eux ont justement été radicalisés par cette violence injustifiée des forces de police ? C’est ce qu’on appelle des provocations policières ; elles ont aussi une longue histoire, ici en France, et vous devez la connaître.

Pour ma part, j’en comprends parfaitement les mécanismes, et il se trouve que je viens de publier un roman qui les décrit [L’Héritage, Gallimard, 464 pages, 23 euros] ; certes, je songeais à un régime autoritaire fictif, et non pas à la France ; peut-être aurais-je dû. Mais vous, comment pouvez-vous tolérer de telles actions ? N’êtes-vous pas au courant ? Laissez-vous vos services vous cacher la vérité ? Ou bien ces provocations ont-elles lieu sous vos ordres, et si oui, dans quel but ?

Deuxième question, pourquoi la police française, si brutale lorsqu’il s’agit de lycéens ou de citoyens pacifiques, tolère-t-elle sans ciller et sans réagir les démonstrations de force de milices d’extrême droite et leurs actes d’une très grande violence contre des manifestants ? A Montpellier, le 24 octobre, des nervis d’ultradroite, se regroupant à la suite d’appels sur les réseaux sociaux, ont non seulement été filmés en train d’agresser des manifestants sans que le cordon de police situé un peu en amont intervienne, mais, lorsque les policiers ont enfin chargé, ils se sont directement rués sur les manifestants, dont certains, déjà blessés, ont été bastonnés au sol, laissant fuir les militants venus semer le chaos.

A Nice, une autre milice d’ultradroite munie de gazeuses et de matraques a pu traverser une ville quadrillée par la police en scandant des chants nationalistes, puis ses membres ont été filmés en train de discuter tranquillement avec les forces de l’ordre avant de lancer leurs assauts contre les manifestants. Des scènes semblables se sont déroulées à Rouen et ailleurs. Le 19 octobre, déjà, une manifestation néonazie a eu lieu à Lyon en plein couvre-feu, encore une fois sans la moindre intervention de la police.

Tout cela est filmé, monsieur le président, documenté. Pourtant, vous et vos officiels vous obstinez à ne parler que de violence d’extrême gauche. Pourquoi cela ? Je constate que, devant le tollé provoqué par ces images, la police de Nice a fini par ouvrir une enquête et arrêter onze de ces militants (onze, sur plus d’un millier de personnes gardées à vue le 24 octobre), et que votre ministre de l’intérieur s’est senti obligé de nier que la police française protège les militants d’ultradroite en marge des manifestations. Comment peut-on le croire ? Ou bien est-il de bonne foi lorsqu’il affirme cela ? Ces provocations, cette tolérance pour les agissements de l’ultradroite seraient-elles alors des initiatives locales, menées dans son dos par des échelons inférieurs ayant échappé à son contrôle ? C’est une question grave, monsieur le président, et vous nous devez la vérité.

La violence policière, en France, c’est une vieille histoire. Certains de nos aînés se souviennent encore dans leur chair du déchaînement policier de mai 1968 ; d’autres auront au moins vu les images. Et ce n’est pas qu’une histoire de droite : un ami me rappelle que lorsque les forces de l’ordre, sous François Mitterrand, réprimaient avec leur brutalité coutumière une manifestation de droite, un des caciques socialistes ricanait : la droite a formé la police à la violence pendant des années, qu’ils ne viennent pas se plaindre maintenant ! Et depuis, même les gouvernements qui comprenaient à quel point cet usage systématique de la violence est inacceptable et profondément antirépublicain n’ont jamais eu le courage d’affronter frontalement à ce sujet la police et ses tout-puissants syndicats.
Une ultradroite bien réelle

Quant à vous, depuis au moins l’épisode des « gilets jaunes » qui a tant marqué le début de votre présidence, et auquel, comme aujourd’hui, vous n’avez été capable d’apporter aucune réponse qui ne fût sécuritaire, vos ministres de l’intérieur successifs, issus de la gauche comme de la droite, n’ont fait qu’encourager cette dérive violente et ces méthodes provocatrices. Ce à quoi nous avons tous assisté en direct ces dernières semaines – des personnes mineures, dans un pays où la fessée est interdite, bastonnées par les forces de l’ordre, leurs yeux et leurs mains parfois arrachés par des armes qui s’apparentent à des armes de guerre ; des scènes de chaos et de brutalité dont tout porte à croire qu’elles ont été au moins en partie provoquées par des actions policières – a évidemment ses racines dans cette époque.

Et aujourd’hui comme hier, votre réponse reste la même : la recherche de boucs émissaires au sein d’une « ultragauche » en grande partie fantasmée (alors que vous restez silencieux au sujet d’une ultradroite bien réelle, organisée et prête à en découdre, comme on l’a vu), le mutisme et la violence. Taper jusqu’à ce que le peuple se taise, voilà votre réponse, tout au long de vos deux mandats, à des demandes sociales pourtant plus que justifiées.

Vous rendez-vous compte, monsieur le président, avec quel effarement sont perçues les méthodes policières françaises depuis vos voisins européens, l’Espagne, où j’habite, l’Allemagne, les Pays-Bas, et même le Royaume-Uni ? Il y a longtemps qu’elles ont fait perdre à la France sa réputation de phare de la démocratie, et tourné en dérision le « Liberté, Egalité, Fraternité » qui forme la devise de notre République. « Liberté, égalité, brutalité » conviendrait bien mieux.

Un dernier point, le plus important. Je ne vais pas m’étendre sur le désastre politique que vous léguez à la France, d’autres l’ont fait avant moi ; sur le fait que vos deux mandats nous mènent droit à une « belle élection » dans laquelle, au second tour, la grande majorité des électeurs français, centristes par nature, que ce soit de droite ou de gauche, n’auront le choix qu’entre un radicalisme de droite ou un radicalisme de gauche. Il semble plus que probable que, dans ce cas de figure, le Rassemblement national gagnera l’élection et que Marine Le Pen prendra votre place à l’Elysée.
Au-delà du désaveu cinglant que cela représentera de vos dix ans au pouvoir, avez-vous songé au fait que vous léguerez ainsi à un régime d’extrême droite à tendance autoritaire une police, façonnée par vous et vos ministres successifs, brutalisée et brutale, une police qui n’hésitera pas, cela est clair pour tous, à se mettre sans états d’âme au service d’une éventuelle répression encore plus féroce que l’actuelle ?

La police française, sous le gouvernement démocratique et soi-disant centriste qui est le vôtre, a déjà des comportements plus que problématiques, et parfois dignes des régimes dits « illibéraux » ; comment donc se comporterait-elle sous les ordres d’un parti politique héritier du régime collaborationniste de Vichy et des tortionnaires de l’Algérie française ? Comment se comporterait-elle sous les ordres d’un gouvernement raciste prêt à entrer en guerre contre toute une partie de sa population ? Vous êtes-vous jamais posé cette question, monsieur le président, vous qui avez, au cours des dix dernières années, approuvé les pires dérives de cette fameuse doctrine de maintien de l’ordre, sans jamais y mettre le moindre frein ?

Monsieur le président, pouvez-vous, depuis votre isolement, me répondre ?

Jonathan Littell (Ecrivain), Le Monde du 28 octobre 2026

https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... _3232.html
Sans surprise, je n'y trouve strictement aucune pertinence, mais au contraire un aveuglement total.
Je note par exemple que le mot "commerçants" n'y est pas mentionné une seule fois. Rien à foutre. Les pillages, ça n'existe pas...
Par contre, s'inventer un mode où les policiers sur ordre de Macron déborderaient de violences gratuites, ça oui c'est très prégnant dans le texte...