
... il est né le p'tit Bolloré jouez au bois résonnez musettes...
La Société des journalistes de « Paris Match » proteste contre la dernière « une » du magazine
Avec en titre « Un Noël d’espérances », la « une » du numéro 3894 est consacrée à une crèche de Noël dans un foyer parisien appartenant à Vincent Bolloré, principal actionnaire de l’hebdomadaire.
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La Société des journalistes (SDJ) de Paris Match a dit vendredi 22 décembre son désaccord avec le choix de la « une » du dernier numéro, consacrée à une crèche de Noël dans un foyer parisien appartenant au principal actionnaire de l’hebdomadaire, Vincent Bolloré.
La SDJ « s’inquiète vivement de l’évolution de la ligne éditoriale du magazine et demande à la direction de Lagardère News des clarifications », a-t-elle écrit sur X.
Avec en titre « Un Noël d’espérances », la « une » montre cette crèche illuminée et ses santons, au foyer Jean-Bosco, qui accueille des étudiants dans le 16e arrondissement de la capitale. Cette photo n’est « pas tirée d’un reportage dans le magazine » et « nous constatons que des sujets comme la reconstruction de Notre-Dame ou Miss France, par exemple, développés à l’intérieur du magazine, n’ont pas eu les honneurs de notre couverture », déplore la Société des journalistes. Un article de cette édition est toutefois consacré à la tradition des crèches, un autre à « la saga des santons ».
«
En rupture avec l’identité de notre magazine »
La SDJ s’interroge « sur ces nouvelles signatures extérieures au journal, connues pour leurs prises de position en tant que catholiques traditionalistes » et dont les articles « relèvent plus de l’exposé religieux que du reportage ». « Nous nous inquiétons de ce qui nous semble être une nouvelle ligne éditoriale », conclut l’association, en demandant des clarifications « sur cette évolution, en rupture avec l’identité de notre magazine ».
Interrogée par l’Agence France-Presse (AFP), la direction de Lagardère News n’a pas souhaité faire de commentaire. Lagardère, qui possède Paris Match, Le JDD et Europe 1, est depuis le 21 novembre sous le plein contrôle de Vivendi, grand groupe spécialiste des médias contrôlé par la famille du milliardaire Vincent Bolloré, aux opinions réputées ultraconservatrices et lui-même proche des milieux catholiques traditionalistes.
Les trois principales rédactions du groupe Lagardère connaissent régulièrement des remous depuis cette prise de contrôle progressive. A l’été 2022, l’ancien rédacteur en chef politique et économie de Paris Match Bruno Jeudy avait été écarté de ce poste après la publication d’une « une » contestée par la SDJ, dédiée au cardinal ultraconservateur Robert Sarah. Une motion de défiance avait été votée contre la direction.
Il a été remplacé par Laurence Ferrari, également présentatrice sur CNews, propriété de Vivendi. En juin, une membre de la SDJ de Paris Match, laquelle s’était inquiétée d’une ingérence de M. Bolloré dans les choix éditoriaux du magazine, avait été licenciée.
https://www.lemonde.fr/actualite-medias ... _3236.html