Bertrand a écrit : 09 mai 2020 06:35
Allons allons Jimmy. En tant qu'homme de foi vous ne pouvez pas dire "arbitraire".
Le bien et le mal sont certes des constructions humaines mais elles ne sont pas arbitraires mais au contraire le fruit d'une lente et longue réflexion de l'humanité. Humanité qui évolue sous l’œil bienveillant de Dieu je pense.
On est parti doucement : le meurtre, le viol, le vol c'est pas bien.
Pour en arriver à des lois complexes comme le Trafic d'influence ou la mise en danger d'autrui.
Le bien et le mal tiennent compte de la réalité de la vie, n'ont pas été construit individuellement mais collectivement et c'est une raison valable pour tous. Ce n'est donc pas arbitraire.
Je dis "arbitraire" quand on analyse les différentes conceptions de la moralité qui ont lieu dans l'espace + que celle particulière qui s'est développée au sein d'un même endroit dans le temps.
Ce que j'entends signifier c'est que si vous regardez les différentes sociétés telles qu'elles sont et que vous comparez les morales qui dominent globalement. Vous pourrez constater qu'il existe de nombreuses divergences et qu'à part un nombre très restreint de points (inceste, vol, meurtre essentiellement) il n'y aura pas de consensus. Et si vous vous ne vous arrêtez pas aux conceptions dominantes dans ces endroits et que vous allez voir les morales individuelles de chaque individu, vous serez susceptible de retrouver dans les définitions du bien et du mal, pêle-mêle, absolument tous les actes possibles (chez certains le meurtre sera valorisé comme étant un signe de puissance donc une bonne chose, chez d'autres voler le puissant constituera une certaine forme de justice visant à réparer les inégalités de la vie etc....)
Comme je pense que vérité et quantité ne sont pas consubstantiels, rien ne permet d'affirmer, selon moi, que parce qu'une conception de la morale est dominante (quantitativement) alors elle est vraie. Pourquoi la morale du meurtrier, qui voit dans son acte une certaine forme de "vérité", serait-elle moins légitime que celle de l'humaniste ? Voilà où se situe l'arbitraire. Ce sont les puissants, ceux qui possèdent le pouvoir, la domination qui décideront d'accorder "officiellement" une légitimité à telle ou telle conception de la morale.
De la même façon que ce sont les puissants qui définissent des règles de justice dans le monde, qui ont créé la convention de Genève, le tribunal de la Haye et qui décident qui se retrouve concerné par ces institutions ou traités.
En fait, à partir du moment où une autorité supra-humaine ne vient pas sanctionner (au sens confirmer) la "loi", alors rien n'est légitime en soi car la morale d'un individu n'est supérieure à celle d'un autre que selon son point de vue. Pour illustrer concrètement, comment démontreriez-vous à quelqu'un que sa morale est inférieure à la vôtre s'il vous dit, par-exemple, que la torture est une nécessité ?
Ps: Je précise que je ne suis pas relativiste, puisque religieux, mais que je vois dans le relativisme le nécessaire aboutissement de la négation du Divin