Guerre en Ukraine: pourquoi l'attaque de l'Iran est une excellente affaire pour la Russie
En attaquant l'Iran, Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont provoqué une flambée des prix du pétrole, qui pourrait s'éterniser et s'aggraver. Un sale coup pour l'Ukraine : les hydrocarbures paient en grande partie la guerre que lui mène la Russie.
omme l'explique le Nouvel Obs, Donald Trump n'a pas intérêt, à quelques encablures des élections de mi-mandat, à voir le prix de l'essence trop grimper aux États-Unis. Pourtant, l'attaque de l'Iran qu'il mène aux côtés d'Israël a une première conséquence attendue : le renchérissement du prix du pétrole sur les marchés mondiaux. Au point, détaille Bloomberg, de faire risquer une nouvelle crise inflationniste au monde.
Quelqu'un, quelque part, se frotte pourtant les mains : la Russie de Vladimir Poutine, explique Euromaidan, pourrait sortir grande gagnante de ce chamboulement géopolitique, de la fermeture du détroit d'Ormuz et de la possible nouvelle "guerre des tankers" qui pourrait advenir et que décrit le Financial Times.
Un sale coup pour l'Ukraine, une aubaine pour la Russie
Vladimir Zelensdy a apporté son soutien à ces attaques de l'Iran, qui après tout est un partenaire militaire de la Russie à qui elle a vendu les plans des drones Shahed qu'elle lance quotidiennement sur le pays – et que Téhéran utilise abondamment sur ses voisins depuis quelques jours.
Ainsi que l'explique 20 Minutes, le président ukrainien profite de l'expérience de Kiev en matière de défense contre ces drones kamikazes pour essayer d'obtenir un échange avec les pays du Golfe ; du savoir et des drones intercepteurs, comme le Sting par exemple, contre de très convoitées munitions pour les batteries Patriot.
Pourtant, pour l'Ukraine, cette nouvelle guerre au Moyen-Orient est une très mauvaise affaire. Les opérations menées conjointement par Washington et Tel-Aviv, écrit Euromaidan, "ont fait ce que quatre ans de planning budgétaire russe n'ont pas réussi à faire : faire grimper les prix du pétrole russe au niveau où Moscou en a besoin pour financer sa guerre en Ukraine".
Le brut de l'Oural au niveau espéré par Moscou
On le sait, l'économie russe dépend en grande partie de la vente par le pays de ses hydrocarbures, qu'elle possède à profusion. On le sait également, si l'économie russe semble mieux résister que prévu, elle est en surchauffe depuis le début de la guerre en Ukraine, portée par des dépenses militaires délirantes mais plombée par une inflation galopante et un déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser, et d'entamer son vaste trésor national.
Or, les sanctions occidentales et les attaques ukrainiennes sur les installations pétrolières russes ont mis le brut de l'Oural sous pression, réduisant encore les marges de manœuvre financières de Moscou. Ce que renverse l'actuelle flambée des prix du pétrole, ainsi que l'explique Euromaidan.
"Puis les bombes sont tombées sur Téhéran, écrit le site. Le Brent a pris 13 % pour s'échanger à 82 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis 2025. L'Oural a suivi, atteignant 59,80 dollars le baril, son plus haut niveau depuis 2024 et précisément là où le prévoit le budget russe."
Avant les frappes, écrit Euromaidan, le déficit russe était abyssal : il s'est élevé à 73 milliards de dollars en 2025, autant qu'en 1996 et deux fois la cible initiale. Après les frappes, et avant la guerre peut-être longue qui se joue désormais dans le Golfe, avec les attaques iraniennes des installations pétrolières de ses voisins, ce pourrait être une tout autre histoire.
Le Brent pourrait ainsi atteindre rapidement les 100 dollars, et l'Oural, mécaniquement, suivra. En outre, la Chine et l'Inde, qui achètent actuellement 99 % du brut iranien, pourraient de nouveau devoir se tourner vers la Russie, qu'elles commençaient à bouder, craignant des sanctions secondaires américaines. Malgré les sanctions, la manne pétrolière russe retrouverait ainsi quelques couleurs – ou du moins une, le noir du pétrole qui finance sa guerre en Ukraine.
Ainsi que l'explique 20 Minutes, le président ukrainien profite de l'expérience de Kiev en matière de défense contre ces drones kamikazes pour essayer d'obtenir un échange avec les pays du Golfe ; du savoir et des drones intercepteurs, comme le Sting par exemple, contre de très convoitées munitions pour les batteries Patriot.
Pourtant, pour l'Ukraine, cette nouvelle guerre au Moyen-Orient est une très mauvaise affaire. Les opérations menées conjointement par Washington et Tel-Aviv, écrit Euromaidan, "ont fait ce que quatre ans de planning budgétaire russe n'ont pas réussi à faire : faire grimper les prix du pétrole russe au niveau où Moscou en a besoin pour financer sa guerre en Ukraine".
Le brut de l'Oural au niveau espéré par Moscou
On le sait, l'économie russe dépend en grande partie de la vente par le pays de ses hydrocarbures, qu'elle possède à profusion. On le sait également, si l'économie russe semble mieux résister que prévu, elle est en surchauffe depuis le début de la guerre en Ukraine, portée par des dépenses militaires délirantes mais plombée par une inflation galopante et un déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser, et d'entamer son vaste trésor national.
Or, les sanctions occidentales et les attaques ukrainiennes sur les installations pétrolières russes ont mis le brut de l'Oural sous pression, réduisant encore les marges de manœuvre financières de Moscou. Ce que renverse l'actuelle flambée des prix du pétrole, ainsi que l'explique Euromaidan.
"Puis les bombes sont tombées sur Téhéran, écrit le site. Le Brent a pris 13 % pour s'échanger à 82 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis 2025. L'Oural a suivi, atteignant 59,80 dollars le baril, son plus haut niveau depuis 2024 et précisément là où le prévoit le budget russe."
Avant les frappes, écrit Euromaidan, le déficit russe était abyssal : il s'est élevé à 73 milliards de dollars en 2025, autant qu'en 1996 et deux fois la cible initiale. Après les frappes, et avant la guerre peut-être longue qui se joue désormais dans le Golfe, avec les attaques iraniennes des installations pétrolières de ses voisins, ce pourrait être une tout autre histoire.
Le Brent pourrait ainsi atteindre rapidement les 100 dollars, et l'Oural, mécaniquement, suivra. En outre, la Chine et l'Inde, qui achètent actuellement 99 % du brut iranien, pourraient de nouveau devoir se tourner vers la Russie, qu'elles commençaient à bouder, craignant des sanctions secondaires américaines. Malgré les sanctions, la manne pétrolière russe retrouverait ainsi quelques couleurs – ou du moins une, le noir du pétrole qui finance sa guerre en Ukraine.".
https://www.geo.fr/geopolitique/guerre- ... sie-231136
Cela fait le deuxième article que je post reliant la guerre en Iran à celle ayant lieu en Ukraine.
Sans vouloir faire dans l'hystérisation, j'espère que les dirigeants américains et israéliens n'ont pas attaqué l'Iran pour affaiblir l'Ukraine et faire les affaires de V. Poutine.
Surtout que l'on ne sait rien des projets des USA sur l'après-régime des Mollah. En ont-ils seulement un ? J'en doute fort, tellement les discours de D. Trump et de ses proches sont en contradiction les uns, les autres.