La comparaison avec l'oeuf et la poule ne tient pas.
On ne connait pas la date de naissance de la 1 ère poule, même avec une marge d'erreur.
Alors que le racisme est daté, lui.
Mais bon, il est évident qu'ensuite, c'est bien ainsi que les choses se passent. Le racisme entretient le colonialisme et le colonialisme entretient le racisme.
Il y a bien un lien étroit entre les deux.
Avec l'oeuf, on fait une omelette et avec la poule, une poule au pot?
Non, je ne crois pas que LO, ni le NPA ne s'adressent aux travailleurs en faisant une analyse historique du racisme...
Mais je suis certain qu'ils ont beaucoup d'intérêt pour l'Histoire, je l'ai vérifié moi-même.
C'est appuyé sur cette analyse historique, qu'ils combattent la division raciste des travailleurs et qu'ils continuent leur anticolonialisme avec la dénonciation de la Françafrique.
Alors quelques nombreuses petites remarques.
1) Oui, le racisme monte à cause du chômage. C'est à dire qu'il y a une concurrence pour l'emploi ET le logement (qui joue aussi un grand rôle), entretenue par la pénurie savamment orchestrée par le patronat (qui préfère la main d'oeuvre la moins coûteuse).
Quel choix font de nombreux salariés? Celui de la préférence nationale, associée à une couleur de peau, et des traditions "identitaires" qui permettent de se reconnaître entre soi. Le Français Arabe ou Noir apparaît alors comme un étranger.
Car curieusement il n'y a pas de violence et de haine contre les travailleurs détachés d'origine étrangère mais européenne.
Et on n'hésite plus à exprimer son racisme. De latent, il passe à assumé, à cause du nombre qui crée un sentiment de légitimité.
2) On a donc (comme dans les années 30, et jamais auparavant, comme c'est curieux!) massivement recours à une idéologie apparue (chez les Allemands comme ailleurs) AVEC le colonialisme, toute prête, disponible pour désigner des boucs-émissaires et affaiblir le "concurrent" qu'il soit Français ou non.
3) Je me félicite de ce que Victor admette (tantôt par la bande, car il l'appelle angoisse) l'existence du racisme en France, tantôt provoqué (CREE) par l'anti-racisme.
Que propose-t-il?
Ce serait très intéressant de le savoir. Il ne sait que constater, fort benoîtement.
En effet il reprend l'idée que la cause de l'immigration...c'est la recherche de la protection sociale "payée" par les travailleurs "Français" et non la recherche d'un emploi.
Victor a écrit :Le problème actuel, c'est que les français se sentent menacés, et ils le sont !
Par la mondialisation économique => délocalisation, perte d'emploi.
Par l'immigration non contrôlée, => concurrence des nouveaux travailleur immigrés sur les postes non qualifiés. Immigration de peuplement et non de travail venue chercher les aides socialeset créant des ghettos et zones de non droit et de trafic.
Par l'insécurité (vol, violence, trafic, zone de non droit)
D'où vient l'idée que les Arabes et les Noirs ne sont pas portés vers le travail et préfèrent se prélasser?
Et j'aurais tort de parler DU Passé alors que le Passé parle à travers Victor?
On comprend mieux pourquoi il veut faire passer la poussière sous le tapis.
4) On ne peut pas me reprocher de faire de l'anti-racisme-qui-fait-monter-le-racisme.
Victor ne sait plus ce qu'il pense! Il dit tout et son contraire, comme si le patronat, avec sa politique d'emploi ne faisait pas partie du problème. QUI a voulu la mondialisation?
Qu'est-ce qui fait monter le racisme? L'anti-racisme ou le chômage? Il faudrait savoir!
J'ai dit, moi, ce que je proposais dans le sujet sur le clip diffusé à la télé.
Créer de l'emploi, faciliter l'accès au logement (pour faire cesser la pénurie, qui est ce que le feu est à l'essence) pour tous, à égalité de droits, pour que TOUS les salariés coûtent le même prix aux employeurs. Pour cela, il faut donner des papiers aux immigrés aussi.
C'est ce qui explique que nous ne sommes pas très populaires. Avec d'autres raisons... historiques.
5) Non les protagonistes du colonialisme ne sont pas dans les cimetières.
Anne 32 en est la preuve. La mémoire du communautarisme (avec son racisme) pied-noir se transmet par les parents et des associations à leurs enfants qui n'ont jamais connu l'Algérie Française.
Et elle ne se gêne pas (Anne 32) pour remettre en question la légitimité de l'indépendance dès qu'elle en a l'occasion.
Pourtant cette question est bien réglée de façon définitive.
Il y a aussi des anciens combattants, partagés sur leur jugement du rôle de l'Armée.
Il reste aussi des anciens combattants Arabes ou Noirs de la 2 ème Guerre Mondiale, retournés dans leur pays natal, devenu "indépendant" et à qui la France n'a jamais versé les mêmes pensions (pourtant bien méritées) qu'aux soldats blancs de métropole.
6) Non, le contexte de Jules Ferry n'est pas révolu. L'influence de l'enseignement colonialiste pèse sur plusieurs générations qui ont éduqué et éduquent leurs enfants.
Et d'ailleurs, on a assisté récemment à une tentative d'introduire un "bilan globalement positif du colonialisme" dans les programmes scolaires.