Désinformation
En 2014, pendant la guerre du Donbass, Russia Today reprend un reportage de Pierviy Kanal (la chaîne publique russe) selon laquelle l'armée ukrainienne aurait crucifié un bébé de 3 ans à Sloviansk. Russia Today précise même que « des escadrons de la mort exécutent les hommes de moins de 35 ans, crucifient des bébés et forcent leurs mères à regarder »46. L'information sera démentie plus tard, supprimée par RT de son site, et causera un scandale à l'international, montrant Russia Today comme diffuseur de propagande de guerre47.
Lors de l'épidémie du virus Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014, Russia Today insinue que le centre médical militaire américain Fort Detrick aurait propagé le virus Ebola, dans une conspiration destinée à faire profiter l'industrie pharmaceutique. L'article sera rectifié 3 ans plus tard,Russia Today admettant en novembre 2017 que l'information était erronée48.
En 2016, Graham Phillips, Britannique correspondant de Russia Today dans la guerre du Donbass, invective un Ukrainien prisonnier de guerre handicapé, amputé des deux bras, et otage des séparatistes pro-russes, le traitant de « zombie au cerveau lavé » et d'« homme pas très intelligent ». Une organisation humanitaire locale qualifiera cette intervention de forme de « torture »49. L'ambassadrice britannique Judith Gough réagira en se déclarant « outrée » par le comportement du journaliste de Russia Today50. Par ailleurs, Graham Phillips a été interdit d'entrée sur le territoire ukrainien pour son soutien affiché aux séparatistes pro-russes51.
En 2016, Wilheml Unge, un porte-parole des services de renseignement suédois, reproche à RT et Sputnik de diffuser de la « propagande et de la désinformation »6.
Selon un expert[Lequel ?] de la communication travaillant pour la Commission européenne : « L'État russe a mis en place un système de désinformation planifié et organisé qui vise à délégitimer l’Union européenne et propager l’idée de pays occidentaux en proie au chaos […] Les journalistes russes employés dans les chaînes de télévision publiques que nous avons auditionnées ont une conception différente de l’information : ils disent que leur pays est engagé dans une nouvelle guerre froide et que leur travail n’est pas de chercher les faits. » Pour contrer le message des médias russes en Europe, l’Union européenne a créé une équipe de onze spécialistes de la communication qui ont pour charge de mettre en avant les succès de l’UE dans les pays d'Europe de l'Est (Ukraine, Georgie, Moldavie) et qui exposera la désinformation avec un réseau de bénévoles.Cependant, selon le journal La Croix, cette organisation apparaît « sans commune mesure » face à RT qui dispose d'un budget de 275 millions d’euros annuel52.
Selon Les Décodeurs du journal Le Monde, RT était, en 2017, la 13e plus grande source émettrice ou propagatrice de désinformation en français sur Internet, et la première source de désinformation parmi les médias traditionnels53.
Lors de la campagne présidentielle américaine de 2016,RT aurait financé une campagne de tweets sponsorisés pour un montant de 274 000 dollars. Elle est accusée d'avoir voulu interférer par ce biais dans la campagne électorale en faveur de Donald Trump54.
En janvier 2019, en plein mouvement des gilets jaunes, une vidéo de RT fait le buzz sur les réseaux sociaux[style à revoir] : il s'agit d'un interview d'un homme présenté comme l'un des organisateurs du contre-mouvement des Foulards Rouges (pro-Macron), tenant un discours pro-européen extrêmement agressif et réclamant notamment que l'Europe contraigne par la force le peuple français. La vidéo, très partagée et commentée, est notamment reprise par le président du parti « Les Patriotes » Florian Philippot, ou encore par Aude Lancelin, directrice de publication de Le Média. Cependant, les journalistes de Libération ne tardent pas à démasquer l'interviewé, qui s'avère être un simple « troll », membre du sulfureux « forum 18-25 » sur le site Jeuxvideo.com55.
Liens avec l'extrême droite française et la complosphère
Avec Sputnik, RT a rapidement trouvé sa place auprès des réseaux sociaux conspirationnistes7 aux côtés des sites d'information alternatifs d'extrême droite comme Égalité et Réconciliation ou Fdesouche56,57.
Selon Rudy Reichstadt, de Conspiracy Watch : « En 2005,RT était sponsor de la conférence Axis for Peace, à l'initiative de Thierry Meyssan, qui avait invité à Bruxelles des conspirationnistes comme Dieudonné ou encore Jacques Cheminade »58.
Pour la spécialiste de la Russie Anne Nivat, analysant les médias pro-russes Sputnik et Russia Today :« Les Russes veulent incarner l'alternative dans chaque pays où ils s'implantent et en France, l'alternative selon eux c'est de relayer les thèses de la droite dure. »59
Antisémitisme
En mai 2014, le centre Simon-Wiesenthal a demandé des excuses publiques à RT pour la diffusion d’une vidéo qui constituait à ses yeux « huit minutes de pure haine anti-juive », l'épisode « Israël vs Palestine » du show satirique australien Juice Rap News (en) dans lequel apparaît le politologue Norman Finkelstein pour critiquer les actions d'Israël envers la Palestine60,61,62,63,64.
En mars 2014, la chaîne prétend que le crash du vol 370 de Malaysia Airlines aurait bénéficié à Jacob Rothschild, soulignant que « les Rothschild sont une dynastie de financiers internationaux et de banquiers d'origine judéo-allemande, et l'une des lignées les plus influentes de banquiers et de financiers »65,66.
Le 13 octobre 2015, Russia Today diffuse un reportage titré Obvi-Illuminati prétendant que Hillary Clinton serait « la candidate des Illuminati », car une des entreprises contractantes de la campagne de la candidate démocrate, The Groundwork, a un logo en forme de triangle, qui est « le logo Illuminati ». Le reportage avance également que cette entreprise a « des financiers qui parlent hébreu »67.