coincetabulle a écrit : 13 mars 2022 14:33
CrazyMan a écrit : 13 mars 2022 14:12
Je ne comprends pas vraiment pourquoi certains dénigrent les retraités au profit des actifs, cela me semble assez hors de propos.
Aujourd'hui, les démocraties doivent se plier à l'impératif de la dette. Sans même s'interroger à qui cette dette profite, ni même sur les mécanismes permettant à l'Etat de se financer, c'est pratique me direz vous. Pratique pour trancher dans les acquis sociaux, dans les retraites, etc...
pourtant c'est un point essentiel.
leur retraite à été calculé et calibré en fonction du revenu moyen au moment de leur activité. sauf que la situation économique n'a plus aucun rapport avec ce qui était projeté.
on se retrouve aujourd'hui à devoir financer des retraites basées sur un revenus du travail en net recule par rapport aux prévisions.
la système étant financé par l'économie actuelle, il serait logique que ces dernières soient réévaluées à la baisse (pour les plus élevées). hors les actifs se retrouvent à devoir financer des régimes de retraites supérieur à leur propre niveau de vie en ayant la certitude que le leur sera moindre.
je pense qu'on ne va pas aller très loin comme ça ....
dans ces conditions, le choc générationnel est inévitable
Et donc ? Ce sont les retraités actuels qui sont responsables de cela ?
Globalement les pensions diminuent et l'âge de départ à la retraire recul.
Ce n'est pas sur les retraités qu'il faut taper, il est parfaitement normal qu'un retraité puisse vivre correctement.
Depuis les années 2010, la durée de la retraite diminue et il y a une baisse des taux de remplacement (la part de son salaire que l'on conserve lorsque l'on part à la retraite). Depuis 2018, il y a une baisse du montant moyen de la retraite.
En fait, les arguments concernant l'allongement de l'espérance de vie sont assez biaisés. Bien sûr nous vivons plus longtemps mais d'abord il serait plus pertinent de pointer du doigt l'espérance de vie en bonne santé plutôt que l'espérance de vie. Ensuite, les multiples réformes effectuées depuis maintenant quelques dizaines d'années ont déjà mangé les gains d'espérance. La retraite à 64 ans se traduirait concrètement par une diminution de la durée des retraites et ne serait pas, comme on l'entend souvent, un simple réajustement sur l'augmentation de l'espérance de vie.
En suivant les politiques proposées par Macron, on attaquerait très clairement une phase de régression sociale.
D'autant plus que repousser l'âge du départ à la retraite va mécaniquement augmenter le chômage, le nombre d'allocataires au RSA, etc... Les populations les plus âgés parmi les actifs sont très touchées par le chômage de longue durée. Finalement, ce que l'on nous vend comme étant une coupe dans les budgets revient souvent à provoquer des effets de déversement vers l'UNEDIC, l'AH ou le RSA.
En ce qui concerne les risques financiers, il faut aller lire le rapport annuel du COR (Conseil d'Orientation des Retraites). Le rapport explique qu'il n'y a pas de dangers financiers sur le système et aucun danger de faillite. En revanche, il explique que si nous ne faisons pas de réformes progressistes les retraites vont se casser la figure.
https://www.cor-retraites.fr/node/562
Et c'est pour cela que j'ai ouvert le sujet vers la thématique de la dette et de la discipline budgétaire dans mon précédent message. Selon moi, la vraie raison des réformes des retraites ne concerne pas intrinsèquement notre système de retraire mais plutôt une forme de discipline budgétaire.
Je cite le rapport : "Malgré le contexte de la crise sanitaire et le vieillissement progressif de la population française, les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le PIB resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l’horizon de la projection, c’est-à-dire 2070. C’était un résultat qui prévalait avant la crise sanitaire que nous traversons depuis début 2020. C’est un résultat qui demeure valable après crise.
Bien évidemment, ce résultat récurrent des rapports du COR peut sembler étonnant au regard du vieillissement démographique attendu qui viendra inéluctablement peser sur les dépenses de retraite futures, en alourdissant le nombre de retraités relativement au nombre de cotisants.
Si les ratios de dépenses de retraite dans le PIB diminuent en 2070 par rapport aux niveaux actuels, quel que soit le scénario économique envisagé, c’est que les évolutions démographiques défavorables seront contrebalancées par la baisse à venir de la pension moyenne rapportée aux
revenus d’activité, à législation inchangée : la pension continuerait de croître en euros constants, mais moins vite que les revenus, du fait des mécanismes d’indexation du système de retraite sur les prix (quand les revenus d’activité bénéficient en sus des gains de productivité)."